Les cinq clés de la réussite de Simon Delestre

Hermès Ryan des Hayettes a offert de nombreux succès au Lorrain cette année, dont une médaille de bronze individuelle aux derniers championnats d'Europe.
Crédit : Sportfot

Jeudi 03 mars - 11h23 | Johanna Zilberstein

Les cinq clés de la réussite de Simon Delestre

À bientôt trente-cinq ans, Simon Delestre est devenu hier le troisième cavalier tricolore à trôner sur la hiérarchie mondiale du saut d’obstacles. Une place de numéro un attendue depuis plusieurs semaines déjà, car elle ne doit rien au hasard. Revue des cinq clés qui ont permis au Lorrain de devenir le meilleur cavalier du monde.

 - Les cinq clés de la réussite de Simon Delestre

Parmi ses nombreuses performances en Grand Prix, Qlassic Bois Margot a notamment terminé troisième du Grand Prix CSI 5* de Londres, l’été dernier.
Crédit : Stefano Grasso/LGCT

1. La régularité
Le monde entier l’aura remarqué, Simon Delestre fait preuve d’une exceptionnelle régularité depuis plusieurs mois. En l’espace d’un an, le Lorrain a grimpé de trente places au classement mondial, grapillant quelques places – et donc des points – chaque mois. Une belle dynamique entamée dès février dernier, lorsqu’il prend la troisième place du Grand Prix CSI 5* de Hong Kong avec Hermès Ryan des Hayettes. Trois mois plus tard, le Lorrain et son alezan s’adjugent la troisième place du mythique Grand Prix d’Aix-la-Chapelle, prémice d’une médaille de bronze individuellement décrochée sur ce même terrain lors des championnats d’Europe. Une semaine plus tôt, c’est avec Qlassic Bois Margot qu’il s’est illustré, prenant la deuxième place du Grand Prix CSI 5* de Valkenswaard. Deux mois plus tard, il conquiert également les terrains indoor, prenant la deuxième place du Grand Prix Coupe du monde d’Oslo avec Qlassic, puis s’offre le Grand Prix Coupe du monde de Vérone avec Hermès Ryan. Décembre vient clore sa fabuleuse année en beauté, lorsque le pilote termine deuxième du Grand Prix CSI 5* de Paris avec le petit alezan, avant de prendre la deuxième place dans la finale du Top Ten, toujours avec Ryan, puis la deuxième place du Grand Prix CSI 5* de Genève avec Qlassic. Démarrant 2016 sur la même dynamique, le Lorrain et son étalon noir ont également terminé deuxièmes du Grand Prix Coupe du monde de Bordeaux.
 
2. La patience
Naturellement talentueux, Simon Delestre sait aussi prendre le temps de former ses montures. Aucun de la quinzaine de cracks qu’il a monté en Grands Prix 5* n’est arrivé dans ses écuries prêt pour ce niveau. ’’Je suis à la recherche permanente de jeunes chevaux que je fais ensuite évoluer vers le haut niveau’’, explique-t-il. ’’Les chevaux qui ont déjà neuf ou dix ans sont rarement mon créneau : j’ai besoin de deux à trois ans pour forger ma complicité avec un cheval et, s’il a dix ans au départ, il ne sera pas prêt avant treize ans et il ne restera plus beaucoup de belles années devant nous, d’autant plus qu’il s’agit pour la plupart de chevaux que je compte revendre. Quand j’ai vu Qlassic Bois Margot par exemple, il n’avait que sept ans, mais j’ai tout de suite pensé que c’était un cheval qui avait tout en lui pour le grand sport.’’

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À seulement onze ans, Chesall (ici au CSI 5* de Knokke) a déjà bien contribué à la place de numéro un mondial de Simon Delestre.
Crédit : Scoopdyga

3. Le travail
’’Je veux toujours être sûr que tout a été fait à 200% et ne rien laisser au hasard.’’ Voilà la maxime qui anime le quotidien du nouveau numéro un mondial. Debout à six heures tous les matins, Simon Delestre n’a pas peur de faire des sacrifices pour se donner les moyens de réussir. Pour ce cavalier qui a la compétition dans le sang – il a couru ses premiers championnats de France à sept ans et a remporté sa première médaille nationale à douze – le travail est le maître-mot. ’’Pour réussir dans ce métier, il faut sans cesse se remettre en question, encaisser toute les déceptions et avoir le courage de tout sacrifier pour quelques courts moments de bonheur intense.’’

4. L’entourage
Si un cavalier a un entourage entièrement acquis à sa cause, c’est bien Simon Delestre. D’abord ses parents, Marcel et Magali, cavaliers eux aussi, et qui ont su apprendre le métier à leur fils. ’’Il m’a tout apporté. Il m’a formé, installé et appris à travailler’’, explique Simon Delestre à propos de son père, Marcel, qui l’a également accompagné en tant que sélectionneur national des Juniors et Jeunes Cavaliers, un poste qu’il a occupé pendant dix ans. Puis sa compagne, Magali, qui gère l’organisation de son écurie au quotidien, afin qu’il se consacre uniquement à l’équitation. Enfin, ses propriétaires, fidèles depuis plusieurs années avec lesquels il a construit une véritable relation de confiance. ’’J’ai appris à fonder une solide équipe’’, explique le Lorrain. ‘’Désormais, tous mes propriétaires, Philippe Berthol, Laetitia et Rodolphe Bonnet, Benoît Zimmerman, Gilles Doyen et les autres, sont des amis, des gens adorables et fiables.’’
 
5. Un piquet de chevaux exceptionnel
Sa place de numéro mondial, Simon Delestre la doit aussi à ses trois chevaux d’exception : Hermès Ryan des Hayettes, Qlassic Bois Margot et Chesall*Zimmequest. ’’Ils m’ont permis, à parts pratiquement égales, de marquer 98% de mes points’’, explique-t-il. ’’Sans l’un des trois, ce résultat n’aurait pas pu être possible. Cela s’est joué à tellement peu de points que chaque performance avait ici son importance. Ce rang de numéro un mondial consacre avant tout la régularité de mes chevaux.’’ Sur les deux mille huit cent soixante-dix-huit points engrangés au classement mondial, Hermès Ryan des Hayettes en a apporté mille, Qlassic Bois Margot mille et Chesall*Zimequest, sept cent soixante-dix.
En plus de leurs bonnes performances en Grands Prix tout au long de l’année, Qlassic Bois Margot et Hermès Ryan des Hayettes ont tous deux de l’expérience en championnats. Le premier a ainsi été sacré vice-champion du monde par équipes aux Jeux équestres mondiaux de Normandie en 2014 tandis que le second a été médaille de bronze en individuel aux championnats d’Europe d’Aix-la-Chapelle. Chesall*Zimequest, dernier arrivé des trois dans le piquet du Lorrain, a quant à lui, du haut de ses onze ans, encore tout le temps de faire ses preuves sur les grandes échéances à venir.

Retrouvez un portrait détaillé et richement illustré de Simon Delestre dans le numéro de juillet-août 2015 de Grand Prix Magazine (disponible ici).

Revivez la troisième place de Simon Delestre et Hermès Ryan des Hayettes dans le Grand Prix CSI 5* d'Aix-la-Chapelle :

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