Incroyables Christian Ahlmann et Codex One à Stuttgart

Christian Ahlmann et Codex One se sont imposés avec facilité dans le très difficile Grand Prix Coupe du monde de Stuttgart.
Crédit : Crédit Scoopdyga

Dimanche 22 novembre - 18h09 | Marie de Pellegars-Malhortie

Incroyables Christian Ahlmann et Codex One à Stuttgart

Temps fort de ce week-end sur la planète hippique, le Grand Prix Coupe du monde de Stuttgart qui s’est tenu cet après-midi. Nombre de cavaliers se sont cassés les dents sur le difficile parcours présenté aujourd’hui. Alors que certaines des têtes d’affiches allemandes ont échoué, Christian Ahlmann a sauvé l’honneur et, porté par le bondissant Codex One, a réussi à s’imposer grâce à un barrage d’anthologie signant une nouvelle victoire allemande dans ce Grand Prix.    

Les trois premiers parcours, souvent maître étalon de la difficulté d’une épreuve, offrant au public les sans-faute majestueux du jeune Suédois Douglas Lidelöw sur son Casello et de l’Irlandais très en forme Cameron Hanley alors associé à Z Accodate DDL, ont ainsi laissé croire que cette cinquième étape du circuit Coupe du monde allait voir de nombreux barragistes. Rien de tout cela ne s’est pourtant produit. Si l’Allemand Patrick Stühlmeyer, parti en numéro onze, trouve la clé du parcours avec son impressionnant Lacan, il faudra ensuite attendre le dossard vingt-quatre, Christian Ahlmann et Codex One, pour entendre la ferveur du public. C’est seulement treize départs plus tard que le dernier barragiste se fait connaître. Il s’est agi du Bleu Patrice Delaveau qui, avec son Lacrimoso 3*HDC, a déroulé l’un des plus beaux parcours de cette première manche. Son fils de Landjunge a survolé les difficultés. 
 

Déconvenue allemande, malchance tricolore

Si ces cinq talents n’ont pas effleuré une barre, cela n’a pas été le cas de tous, loin de là. Les Allemands, pourtant si forts à domicile habituellement, ont vécu une véritable déconfiture à commencer par l’un des meilleurs cavaliers du monde toutes disciplines confondues, Michael Jung. Le champion, associé à Sportsmann S, faute lourdement sur le deuxième plan de l’oxer placé en quatrième position. Après avoir sauté sans encombre le vertical cinq, le complétiste choisit d’abandonner. Il est imité quelques chevaux plus tard par l’un des couples phares de la Mannschaft, Meredith Michaels-Beerbaum et Fibonacci. Le fils de For Feeling pousse à terre le vertical numéro trois puis le premier plan de l’oxer placé à l’entrée du triple sept. L’amazone prend la décision d’en rester là pour économiser son crack. Vient alors le tour d’Hans Dieter-Dreher. Le local réalise un incroyable début de parcours où son Embassy s’envole sur chaque saut. Malheureusement, beaucoup d’efforts ont déjà été fournis et le magnifique bai brun baisse quelque peu de pied poussant à terre le huit, l’oxer dix puis les deux éléments du double de palanques jaunes placé en numéro douze, véritable juge de paix du parcours. Après une volte le couple franchi le dernier et totalise finalement vingt-trois points. Le public pense alors pouvoir compter sur le talent de Marcus Ehning mais, loi du sport oblige, ce n’est pas son jour non plus. Singular LS La Silla débute correctement mais manque de couverture sur la spa puis sur la sortie du triple. C’est à nouveau l’abandon. Marco Kutscher et Van Gogh sauvent les meubles et ne commettent qu’une erreur sur l’entrée du double douze, tout comme Ludger Beerbaum et Chiara. Les deux compatriotes avaient alors opté pour quatre foulées entre l’oxer onze et la combinaison avalant donc l’entrée. Cette même ligne piège également Daniel Deusser et Clintop qui renversent l’oxer et la première palanque. 

 
Côté tricolore, mis à part Patrice Delaveau qui s’est qualifié avec brio pour le barrage, ses trois compatriotes présents en terres allemandes ont, quant à eux, cruellement manqué de chance. Premier du clan bleu à s’élancer sur ce difficile parcours, Cédric Angot a fait une démonstration de son talent en n’effleurant pas une barre sur son pourtant inexpérimenté à ce niveau Saxo de la Cour. Malheureusement les complices se sont pas parvenus à rentrer dans les soixante-treize secondes accordées et ont ainsi vu leur score s’alourdir d’un point. Pour une première à ce niveau ils terminent néanmoins très bons huitièmes. De bonne augure pour la suite. Pénélope Leprevost a ensuite présenté son Vagabond de la Pomme. Le fils de Vigo d’Arsouilles n’a pu éviter la palanque d’entrée de double. Kevin Staut et Rêveur de Hurtebise*HDC se sont eux laissés piéger par la première combinaison en mettant à terre la sortie du triple. Les deux Français fininssent néanmoins dixième et treizième. 
 

Un barrage haletant

L’arène allemande a ensuite laissé place à un barrage composé de grandes galopades comme de virages très serrés. Le jeune Suédois Douglas Lindelöw a d’emblée mis la pression sur ses adversaires en sollicitant son Casello. Le rythme est soutenu, les virages serrés et la  ligne d’arrivée franchie avec un score vierge et un chronomètre de référence arrêté sur 51’02. Vient ensuite le tour du cavalier du trèfle, Cameron Hanley. L’Irlandais s’élance à l’assaut de la victoire mais Z Accodate DDL et lui, s’ils ne touchent pas une barre, arrivent avec plus d’une seconde de retard. Douglas souffle mais il le sait, rien n’est joué. L’Allemand Patrick Stühlmeyer et Lacan font trembler le vainqueur fictif mais le cavalier ne prend pas de risque sur le dernier et perd ainsi une précieuse seconde. Le couple s’intercale entre ses deux concurrents. Son compatriote Christian Ahlmann entre alors en piste bien décidé à en découdre et à ramener la coupe en Allemagne après une victoire britannique l’an passé. Le génie s’exécute, lance son Codex One à vive allure mais opère surtout des virages incroyables avec fluidité. Le chronomètre est sans appel, 49’78 et donc la tête du provisoire. Patrice Delaveau peut encore le devancer car il a cette réputation d’être rapide. Lacrimoso 3*HDC débute bien son barrage mais une incompréhension sur le mur placé en troisième position fait s’envoler toutes les chances de victoire. Dernier à s’élancer et alors seul à quatre points, le Normands sait qu’il n’a plus rien à jouer et choisit de s’arrêter.
 
Christian Ahlmann est sacré devant son public heureux de porter aux sommets l’un des leurs après les déconvenues des autres Allemands.
 
Les résultats ici.
 

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