‘‘Je m’ennuierais si je montais à cheval tous les jours’’, Fabrice Dumartin

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Dimanche 01 novembre - 10h36 | Marion Mauger

‘‘Je m’ennuierais si je montais à cheval tous les jours’’, Fabrice Dumartin

Après une fin de saison particulièrement brillante, Fabrice Dumartin, qui n’avait plus foulé la piste d’un CSI 5* depuis 2009, signe son grand retour au plus haut niveau, ce week-end. D’une belle régularité avec Cannavaro, Fabrice Dumartin a dressé avec GrandPrix-Replay un premier bilan de sa saison.

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"Cannavaro est le meilleur cheval de ma carrière"
Crédit : Johanna Zilberstein

GrandPrix-Replay: Vous signez ce week-end votre retour en CSI 5* après une belle fin de saison. Comment avez-vous abordez cette compétition et comment se passe-t-elle ?
Fabrice Dumartin : Tout se passe super bien! Cannavaro, qui a eu une semaine de repos après le CSI 3*-W d’El Jadida, est en pleine forme. Vendredi, nous avons terminé dixièmes de l’épreuve d’ouverture et hier matin, nous avons concédé une faute sur la deuxième phase : j’ai trouvé une place un peu près et Cannavaro a fait une faute de postérieurs, c’est le jeu  (ce matin, le couple, sans-faute, a pris la huitième place de l’épreuve à 1,50m, ndlr) !
 
GPR: Vous venez de terminer de la tournée marocaine du Morocco Royal Tour, où vous avez été très performance. Pouvez-vous revenir sur ces trois semaines ?
F. D. : Le Morocco Royal Tout s’est très très bien déroulé. À Tétouan, nous avons terminés quatrièmes du Grand Prix, à Rabat huitièmes (ils sont sans-faute les deux semaines, ndlr).  À El Jadida, Cannavaro a fait une très petite faute en fin de parcours parce qu’il a eu peur du public. Mais sans cet écart, c’est sûr qu’il était sans-faute. Faire le CSI 3*-W d’El Jadida, qui est en indoor, était parfait car la piste ressemble énormément à celle de Lyon. C’était une très bonne préparation.
 
GPR : À seulement neuf ans, Cannavaro semble déjà très régulier sur les différents concours. Pouvez-vous revenir sur sa saison ?
F. D. : Cannavaro a véritablement débuté l’année dernière. Il est encore jeune et participer au CSI 5*-W de Lyon un an et demi après l’avoir acheté, c’est incroyable ! Ça va très vite ! Même avant le MRT, il faisait preuve d’une certaine régularité. Il s’est classé dans deux des trois Grands Prix CSI 2 et 3* qu’il a couru cette saison. C’est cette régularité qui a permis de décrocher une sélection pour Lyon. Ce n’est pas uniquement ses performances au Maroc bien que ça ait aidé.
 
GPR : Vous avez eu la chance de monter de très bons chevaux, comme Allegreto qui vous a emmené au plus haut niveau. Cannavaro est-il de la même trempe, selon vous ?
F. D. : J’ai eu dans ma carrière quelques chevaux extraordinaires. Dans les années 2000, il y a eu Allegreto, que certains considéraient comme le meilleur cheval du monde. Jusqu’en 2013, j’ai monté Mentor de Smet, un super cheval. Mais si je fais un bilan de tous les chevaux que j’ai eu, Cannavaro est le meilleur de toute ma carrière. Si on associe ses moyens, son respect, son sang, son courage, et son envie de bien faire, tous ses critères qui sont fondamentaux aujourd’hui, il a vraiment toutes les qualités requises. Par contre, c’est un cheval sensible qui a déjà raté une ou deux épreuves parce qu’à un moment donné, il peut avoir très peur à certains endroits. C’est son côté cheval allemand qui ressort. Ici, il est bien, il n’a peur de rien. Il est plein de sang, plein d’énergie. J’ai du mal à lui trouver des défauts. Quand il va bien c’est assez impossible de faire une faute.

‘‘De beaux concours, mais pas toute l’année’’

GPR : De combien de chevaux se compose votre piquet ?
F. D. : J’ai trois autres chevaux. His Black Diamond, huit ans, que j’ai acheté cet été. Avant moi, il a fait un ou deux Grands Prix à 1,45m. Au Maroc, je l’ai beaucoup monté dans les épreuves comptant pour le classement mondial. Il est différent de Cannavaro mais je pense qu’il a autant de moyens. Il a autant de sang, même s’il est un peu plus lent dans son corps, tout en étant un peu plus souple. J’ai un cheval de sept ans également, Umour Noir de Crann, qui est engagé avec Jérome Ringot dans le CSIYH 1* ce week-end car il ne m’était pas possible d’avoir deux chevaux. J’ai aussi  un cinq ans qui, je pense, à des moyens exceptionnels. Je l’ai confié à un cavalier et je le récupérerai à sept ans. Trois chevaux pas plus !
 
 
GPR : Cavalier n’est pas votre métier puisque vous exercer une activité professionnelle lorsque vous ne montez pas à cheval. Comment gérez-vous cela ?
F. D. : Je ne monte jamais la semaine et je ne l’ai jamais fait. Avant, je faisais mes études puis j’ai commencé à travailler tout de suite... Je n’ai jamais vraiment eu le temps de monter et, maintenant, c’est pire que tout. Je dirige une société de promotion immobilière et je suis très pris. Je commence tôt le matin, je finis tard le soir donc je n’ai vraiment pas le temps. Ma groom, Christelle, s’occupe bien de mes chevaux et, depuis quelques mois, et un cavalier vient monter mes chevaux deux à trois fois par semaine. Je ne sais pas ce que c’est que d’être à cheval tous les jours. Objectivement, je pense que je m’ennuierai si je montais tous les jours. Le fait de moins monter me donne le plaisir de redécouvrir des choses et d’apprendre constamment. J’ai le sentiment qu’à chaque fois que je monte, j’apprends. Je ne sais pas comment je ferais si je ne faisais que travailler ou que monter, mais, dans les deux cas, il me manquerait quelque chose. Je suis très content d’être là mais si je n’avais pas cela, je me contenterai d’avoir moins bien. Évidemment c’est tellement mieux de monter à haut niveau ! Mais le haut niveau ne m’empêchera pas de travailler à côté.
 
GPR : Quel est votre programme pour la suite?
F. D. : J’en ai parlé avec Philippe Guerdat. J’adorerais faire quelques beaux concours, mais pas toute l’année. Je voudrais faire du Grand National et de très beaux CSI 3* comme Mâcon ou le Touquet. J’aimerais aller à Valence ou Bourg-en-Bresse, faire une ou deux Coupe des nations et quelques cinq étoiles. Ce n’est pas à mon âge que je vais brûler les étapes et puis, en plus, avec les chevaux, tout peut toujours arriver. En tout cas, c’est une période où ce n’est vraiment que du bonheur !

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