’’Une si belle victoire après une grande déception’’, Astier Nicolas

Astier Nicolas, deuxième français de l'histoire à remporter les étoiles de Pau
Crédit : Trevor Holt/Scoopdyga

Lundi 26 octobre - 15h16 | Marion Mauger

’’Une si belle victoire après une grande déception’’, Astier Nicolas

À seulement vingt-six ans, Astier Nicolas a remporté ce week-end à Pau le premier CCI 4 de sa carrière, devançant le monumental Michael Jung. Aux rênes de Piaf de B’Neville, le pilote a ainsi conclu une magnifique saison, bien qu’il n’ait pu prendre part aux championnats d’Europe de Blair Castle. Pour GrandPrix-Replay, il revient sur son entrée dans le cercle fermé des vainqueurs de CCI 4*.   

Grand-Prix Replay : À seulement vingt-six ans, vous avez remporté ce week-end à Pau votre premier CCI 4*. Comment vous sentez-vous ?
Astier Nicolas : C’est ma plus belle victoire ! Je me déplace toujours pour gagner quand je vais en concours. Ce week-end, cette ambition n’était pas démesurée. Piaf est un cheval très fiable qui donne toujours son maximum. Il a vraiment un mental de compétiteur. C’est incontestablement la victoire qui m’a fait le plus plaisir depuis que j’ai commencé la compétition.
 

GPR : Vous étiez quatrième à l’issue du dressage. Pensiez-vous pouvoir passer devant Michael Jung et Emily King ?
A. N. : J’espérais passer devant eux. Mais quand Michael est entré en piste, je me suis dit que je m’étais battu pour la deuxième place et puis lorsqu’il a fait sa faute, j’étais vraiment ravi ! C’est l’avantage des sports équestres, rien n’est jamais joué d’avance. Même si Michael semble invincible, il n’est jamais à l’abri d’une faute et il l’a prouvé ce week-end. Tout peut toujours arriver avec les chevaux.
 

GPR : Vous étiez en selle sur Piaf de B’Neville qui participait seulement au deuxième CCI 4* de sa carrière. Comment s’est comporté le cheval tout au long du week-end ?
A. N. : Il a été exemplaire ! Je me suis régalé sur le dressage. Je n’ai pas eu besoin de le détendre longtemps, il était déjà prêt. J’ai à peine regardé les lettres tellement la reprise se passait naturellement. Il a vraiment été superbe à monter. Sur le cross, il a très bien commencé le parcours, il se jouait complétement des difficultés. La fin de parcours a été un peu plus compliquée, il commençait à fatiguer mais il est tellement généreux, il a tellement envie de tout donner que nous sommes sortis indemnes de ce cross avec même un peu d’avance. Avec le contrecoup du cross, il était un peu moins frais sur l’hippique, mais il était très respectueux et tout de même sur la hauteur. Je pouvais être serein et me concentrer à fond sur mon parcours. De toute façon j’avais tout à gagner, ceux qui étaient devant moi en revanche avait tout à perdre.
 

GPR : Piaf semble complétement remis après avoir été écarté des championnats d’Europe pour des problèmes respiratoires. Ce retour en grande pompe sonne-t-il un peu comme une revanche ? Quels sont vos plans désormais pour Piaf ?
A. N. : C’est très satisfaisant de réaliser une aussi belle performance après une aussi grande déception. Je suis très heureux que le cheval fasse un tel retour dans la compétition. Je ne sais pas encore ce que nous allons prévoir pour la suite avec lui. Ce qui est certain, c’est qu’il va commencer par faire son break hivernal. C’est un cheval qui a davantage besoin d’être économisé qu’entrainé. Même sans avoir beaucoup de travail, il est toujours dans le coup.
 

GPR : Vous montiez également Quickly du Buguet dans ce CCI 4*, cependant, les résultats n’ont pas été au rendez-vous avec cette deuxième monture, que s’est-il passé ?
A. N. : Le cross a très bien débuté, la jument était comme toujours très gaillarde. Lorsque je suis arrivée sur le directionnel, je savais que j’avais de l’avance donc j’ai vraiment pris mon temps pour aller le sauter et faire en sorte que tout se passe bien. Je ne comprends pas pourquoi nous sommes tombés. Sur la vidéo, on voit que la jument fait une jambe de bois sur cet obstacle. Ce n’est pas son habitude, elle est toujours très tonique. C’est un obstacle qui a posé bien des difficultés à d’autres couples également. Lorsque j’ai fait la reconnaissance avec Cédric Lyard, il m’a même dit : ’’Il est vraiment à vomir cet obstacle !’’.
 

GPR : À quelques mois des Jeux olympiques de Rio, comment allez-vous organiser les mois à venir ?
A. N. : Tout d’abord je vais m’occuper de mes chevaux. Je vais mettre Quickly et Piaf dans du coton pour qu’ils récupèrent bien du CCI 4*. Je pense par contre que Spes Addit’Or va continuer de travailler tout l’hiver. Il a eu une saison très courte où il s’est bien comporté. C’est un cheval très courageux, fiable et serein. Il aura dix ans l’année prochaine donc c’est un candidat sérieux pour les JO. De toute façon, ce sera soit lui, soit Piaf. Quickly est une très bonne jument qui habituellement est toujours double sans-faute, bien que Pau me fasse mentir ! J’ai peur, en revanche, qu’elle ne soit pas à la hauteur d’un tel évènement sur le dressage. Je ne pense pas que ce soit une jument de championnats.
 

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