La mythique course de Florac aux mains de Clément Marescassier

Crédit : Ilona Bos

Lundi 07 septembre - 17h50 | Pierre Jambou

La mythique course de Florac aux mains de Clément Marescassier

Clément Marescassier a enlevé la mythique course d’endurance de Florac sur 160 km CEI3* avec Sunny du Guide ce samedi 5 septembre 2015. Ils ont devancé d’une tête au sprint Virginie Atger et Ras Payador qui a ensuite été distingué par le prix de la meilleure condition. Au sprint également cinq minutes plus tard, Allan Léon et Spirit de Crouz ont arraché la troisième place après un retour sur Nicolas Ballarin et Lémir de Gargassan. Deux jours avant sur 140 km CEI3*, Lisa Riou et Orion ont remporté le Mondial des huit ans. Hors Lémir qui a seize ans et n’est pas un adepte du plat, voilà des chevaux à suivre en 2016 lors des épreuves de sélection en équipe de France pour le championnat du monde à Dubaï en fin d’année.  

« Pour tout dire, cela faisait trois ans que je croyais que j’allais gagner Florac en 2015 ! » Clément Marescassier est aux anges. « Depuis que j’ai acheté le cheval, je rêvais de faire Florac ! » Pour Clément, Sunny du Guide avait prouvé sa qualité en gagnant facilement son premier CEI3* à Labastide-Murat, le 18 avril dernier. « C’est un cheval très compliqué à monter, très nerveux et peureux. Il faut arriver à ne pas le fâcher. Toute la journée, il a fallu beaucoup de concentration pour le garder calme. Et à l’arrivée, il a fait le sprint avec beaucoup de générosité ! » Généreux, une des qualités que le cavalier attribue à son hongre arabe de neuf ans (Dzarek x Italima el Masan par Masan) né chez Martine Bonzon-Perrot et Pierre-Marie Bonzon. Outre la bonne récupération qui caractérise les chevaux de cette trempe et qui leur permet de rester en tête, « il a une solidité incomparable et un équilibre hors-normes ». Ce qui le fait se sortir sans difficulté des terrains avec beaucoup de dénivelés, dit aussi Clément qui l’entraîne et est maréchal-ferrant. Un travail de A à Z pour ce jeune d’autant plus heureux que son père Joël vient tout juste d’être sacré champion de France Master avec Djador à Monpazier.
 
« C’est un cheval dans lequel on croit énormément ! » Virginie Atger ne tarit pas d’éloges sur Ras Payador, un hongre arabe né en 2005 en Argentine et qui est un petit-fils de Persik par Diament du Rolon. Déjà troisième à Florac en 2013, il a de grandes qualités mais est compliqué selon sa cavalière. Ainsi, arrivé premier sur 160 km à Rambouillet, il a pris peur à cause d’un bruit et énervé, n’a pu redescendre en cardiaque dans les temps, confie-t-elle. « Il a un mental vraiment impressionnant et petit à petit on avance avec lui, on apprend à le connaître », précise-t-elle.
 

Allan Léon et Spirit de Crouz reviennent après déferrage !

Allan Léon est aussi épaté par la performance de Spirit de Crouz, un hongre Shagya de neuf ans (Shogun x Kalypso de Crouz) confié il y a deux mois par leurs naisseurs et propriétaires Catherine et Antoine Roland. Spirit, vainqueur sur 160 km CEI3* à Castelsagrat le 8 mai 2015, alors monté par Pierre-Marie Morvan, fait plus de 1,60 m et développe un grand braquet. C’est pourquoi Allan a choisi de donner du train dès le départ afin d’être plus à l’aise devant. Au fil de la course le petit groupe qui l’avait suivi s’est effiloché avec à cinq minutes derrière un groupe constitué des futurs deux premiers et quatrièmes à savoir Nicolas Ballarin sur Lémir de Gargassan. Ce trio s’entendant bien a fait équipe pour faire la chasse au petit groupe d’Allan et Spirit de Crouz qui déferre sur l’avant-dernière étape. Ils perdent alors huit minutes. Au départ de la sixième et dernière étape, Clément et Virginie sont en tête cinq minutes devant Allan. Ce dernier a rejoint Nicolas qui a levé le pied et a concédé une encolure au sprint ! Ils sont à cinq minutes des deux premiers qui ont respectivement chevauché 9h8mn 34s et 35s. « Le cheval est génial, sans le déferrage je crois que l’on aurait disputé la première place », estime Allan, très content malgré tout. Spirit « est exceptionnel ».
Nicolas Ballarin est aussi très satisfait de Lémir de Gargassan qui est en fin de carrière et à qui il voulait donner « une course propre ». Lémir, né chez Francis Arnaud en 1999 (Ali Mabrouk x Emira de Gargassan), deuxième de cette épreuve en 2013 est aussi médaillé d’argent par équipes aux Jeux équestre mondiaux de Sartilly de 2014 où il s’est classé douzième toujours avec Nicolas.
Le cinquième de la course est le Britannique Christopher Rendle avec Lilka (Edeon x Lilofee) une jument arabe née en 1999 chez Mme Lindsay. À une demi-heure des premiers au scratch, ils sont vainqueurs en Amateur. 

Le Mondial des huit ans à Lisa Riou et Orion

Avant ce sommet de l’endurance au mont Aigoual, s’est aussi couru le Mondial des huit ans sur 140 km CEI3* deux jours auparavant. Lisa Riou et Orion (Gitan de Confolent x Azat Posatiw), un hongre arabe né en 2007 chez Eric Stevenoot l’ont emporté. « Ce cheval est très fort », considère son propriétaire Jean-Luc Riou, le père de Lisa. « Il a une très bonne récupération et un très bon déplacement », souligne-t-il. Le but d’ailleurs n’était pas de faire un podium sur cette épreuve. Cela s’est imposé naturellement avec les qualités du cheval qui faisait équipe en tête avec son compagnon d’entraînement Ten Salou (Melfik d’Alauze*HN x Reinette) jument demi-sang arabe née chez Jean-Luc Quenderff et montée par Marion Belleil. Ces dernières ont perdu un fer au dixième kilomètre de la dernière étape « sinon elles auraient disputé l’arrivée ensemble », se désole Jean-Luc…
Lisa n’avait jamais monté Orion en course car c’est son frère Guillaume qui le faisait. Orion « n’a pas posé trop de problèmes », plaisante-t-elle ! « Il l’a fait très facilement, toujours très en avant. » Ses qualités ? « Beaucoup d’équilibre », sinon « je dirais qu’il n’a pas beaucoup de défauts ! »
 
Marion Rohaut est deuxième avec Aigoual Denia (Hakik x Kenia), une jument arabe née chez Marie-Noëlle Just et confiée par ses propriétaires Virginie et Guillaume Brocheton. « Le podium n’était pas l’objectif », précise Marion, mais « le parcours lui a plu ». Du coup, « un très bon mental » plus une bonne récupération ont fait le reste. À bon train, ils ont fini à quatre pour un sprint 33 secondes après Lisa. Melody Théolissat et Taori R (Sakla VII CZ x Tokany), une jument Shagya née chez Reiner Waldschmidt, sont troisièmes. Nicolas Oreste et Téquila du Bibal (Beau Bar*HN x Patchouli du Bibal), jument arabe née chez Equi Loisirs, quatrièmes. Elisa Simon et Sirène de Suleiman (Cérès de Lafon x Sandy du Cayrou), une jument née chez Virginie et Daniel Simon, cinquièmes.
Après referrage, Marion Belleil et Ten Salou font un beau retour en prenant la sixième place.

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