’’Mes cavaliers vont se relever’’, Philippe Guerdat

Déçu, Philippe Guerdat veut maintenant se tourner vers l'avenir.
Crédit : Scoopdyga (archives)

Vendredi 21 août - 21h58 | Johanna Zilberstein

’’Mes cavaliers vont se relever’’, Philippe Guerdat

Chef de file d'une équipe déçue par sa cinquième place alors qu'elle partait avec un peu d'avance, Philippe Guerdat fait le point sur les performances insatisfaisantes de ses quatre cavaliers qui, ce matin encore, étaient en route pour l'exploit.

’’C’est le sport. Si nous avions terminé avec un seul quatre points au lieu de deux, nous aurions terminé troisièmes et médaillés de bronze. Avant tout, je suis déçu pour mes cavaliers. Je ne sais pas si c’est moi qui leur aie porté la poisse, mais à chaque fois, il m’arrive quelque chose à Aix-la-Chapelle. Et, aujourd’hui, tout était contre nous. Rien n’a été dans notre sens et nous n’avons pas réussi à faire un seul sans-faute, même avec la position que nous avions ce matin.

Avant le passage de Jérôme, nous avions décidé d’une autre option pour le double de bidets. Ça l’a mis dans la difficulté pendant l’épreuve mais c’est le jeu. Rêveur, lui, n’a pas effleuré la moindre barre après le numéro quatre. Mais c’est la règle de la Coupe des nations, qui est la plus belle épreuve mais aussi la plus dure. Nous n’avions pas la position la plus favorable, surtout que j’avais le pressentiment que les Néerlandais allaient faire trois sans-faute. Et même eux ont vu leur meilleur cavalier faire quinze points. D’ailleurs, ça n’aurait pas été grave d’avoir un cavalier à quinze points si nous avions eu deux sans-faute.
Mais quand nous avons fait les deux premiers parcours à quatre points, nous savions que c’était terminé. Aujourd’hui, nous voulions gagner. Quand Pénélope, Simon, Jérôme et Kevin se sont levés ce matin, c’était pour être champions d’Europe. Ce matin, nous étions dans les trois favoris et ce soir, nous sommes cinquièmes.

Demain, nous allons parler pour tenter d’analyser ce qu’il s’est passé. Nous avons été loin du compte aujourd’hui, alors que nous sommes à onze mois des Jeux olympiques. Nous avons toujours dit que nous ne venions pas pour la médaille, mais, sincèrement, nous voulions gagner aujourd’hui. La France n’a jamais été championne d’Europe donc j’espérais que ça arriverait aujourd’hui, pour la France mais aussi pour le sport équestre tout entier.

Mais, maintenant, il ne faut pas perdre de vue de Pénélope et Simon sont toujours médaillables. Il reste encore deux grosses manches dimanche, alors nous devons absolument évacuer ce qu’il s’est passé aujourd’hui. Certes, les équipes qualifiées pour les Jeux olympiques et celles qui sont médaillées sont plus euphoriques que nous, mais d’autres sont plus mal. Dimanche, il faut que la chance tourne de notre côté.

Nous devons repartir du meilleur pied possible et rester compétitifs. Cette palanque… En réalité, ce n’est pas un problème. Flora pourrait la sauter dix fois qu’elle ne la toucherait pas neuf fois. Aujourd’hui, elle était deux centimètres à gauche, où c’était le plus haut, et l’a effleurée. C’est le parfait exemple de la fatalité du sport et de la Coupe des nations.

Nous avons une super équipe et un staff formidable, personne ne nous a mis la pression. Maintenant, les cavaliers doivent digérer. Je crois que, au final, je vais être le plus abattu et je vais remettre beaucoup de choses en questions. Pas tout, car ce n’est pas possible, mais beaucoup de choses. Je suis sélectionneur depuis quinze ans, je connais cela. Ce soir, ils auront quartier libre, le temps de respirer.

C’est sûr que cet après-midi rappelle Herning, où, avec une faute de moins, nous étions deuxièmes. Mais j’ai fait mes choix et ils ne vont pas m’empêcher de dormir. J’essaie toujours de faire le mieux possible. Et je n’ai aucun doute : mes cavaliers vont se relever.’’

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