Impériaux Justine Maerte et Shamrock du Gite !

Justine Maerte et Shamrock du Gite se sont imposés de la plus belle des manières en étant le seul couple à sortir sans pénalité de ces championnats d'Europe de Malmö.
Crédit : Camille Kirmann

Lundi 10 août - 09h49 | Camille Kirmann

Impériaux Justine Maerte et Shamrock du Gite !

Ils l’ont fait, tenant la pression de bout en bout et signant sans-faute après sans-faute. Ils sont les seuls et, dans la dynamique de Ninon Castex et Quabar des Monceaux en 2014, ils ont offert à la France un second titre de champion d’Europe de saut d’obstacles en individuel en deux échéances consécutives… Ils ? Ce sont Justine Maerte et Shamrock du Gite, impériaux de facilité et de sérénité à Malmö hier.

Il faut avouer que ce championnat d’Europe Poneys n’était pas le plus gros ni le plus technique qu’on n’ait jamais vu : parcours fluides, sans pièges, peu regardants et avoisinants les 1,30m. Plutôt ’’abordable’’ donc. Et pourtant, un à un les favoris s’y sont enlisés, parfois durement. Si la rivière fut le véritable juge de paix de la première manche, ce sont les combinaisons qui ont fait émerger les meilleurs ensuite. Avant l’ultime manche, quatre couples possédaient toujours un score vierge, suivis d’une paire à un point et de cinq à quatre points. Alors que Thibault Philippaerts, le fils de Ludo, fautait avec Okehurst Little Bow Wow, tout comme le Néerlandais Rowen van de Mheen et son Quaprice d’Astree puis la Britannique Jodie Hall McAteer et l’exceptionnelle Tixylix. Justine était assurée d’une médaille avec un dernier tour sans-faute, exécuté de la plus belle des manières !

Michael Pender, dernier à s’élancer pour l’Irlande, a assuré… jusqu’à l’avant-dernier obstacle, qu’il met à terre avec Imagine if One : cette faute propulse Justine sur la plus haute marche du podium, le clan français exulte et la nouvelle championne tombe en larmes, relâchant une semaine de pression. « C’est une année entière d’efforts et de travail récompensés », a lancé sa maman quelques minutes plus tard. « Pour l’instant je ne réalise pas trop… », avoue quant à elle la jeune cavalière, très émue, avant de confirmer la rumeur qui circulait : souhaitant se consacrer à ses études, ces championnats clôtureront sa carrière de cavalière, car ’’à vouloir tout faire on ne fait rien de bien’’. Son poney, le fantastique Connemara Part-Bred Shamrock du Gite, né chez Auriane de Folleville, est âgé de neuf ans et sera donc à vendre.

À la suite d’un barrage à cinq entre les couples à quatre points, ce sont finalement Jodie Hall McAteer et Thibault Philippaerts qui se sont partagé les médailles restantes. Quid des autres Français ? Appelé à la remise des prix, Thomas Scalabre se classe septième ex-aequo sur Sligo de Mormal, avec un total de huit points. Sara Brionne, sur Quibel des Étisses, et Charlotte Lebas, sur Quabar des Monceaux, font partie des couples classés seizième, accusant toutes deux treize points de pénalité. Une prestation très honorable pour un premier championnat. Enfin, Victoria Tachet clôture sa carrière à poney par un rang vingt-et-un, avec seize points au compteur.
Après l’or par deux fois en 2014, la France repart donc de Suède avec le bronze par équipes et l’or en individuel. Une dynamique très intéressante et prometteuse… Vivement 2016 !

Doublé d'argent en complet

La journée avait pourtant mal commencé : le poney de Vanille Bourgeois, Mustang de Buges (deuxième meilleure performance de l’équipe et dixième au provisoire en individuel), était refusé à la visite vétérinaire. La France perdait donc son joker et devait terminer son championnat à trois, tandis que la Grande-Bretagne repassait en tête par équipes devant les Tricolores. Camille Lucas et Risketou Maneti, fautant par deux fois malgré un joli tour, resserrent l’écart avec leurs poursuivants suédois. Mais le superbe sans-faute de Quentin Gonzales et Perle du Boisdelanoue, comme le quatre points de Mélissa Prévost et Podeenagh Aluinn, permettent à la France de tenir son rang devant des Suédois, à domicile, ravis, et logiquement derrière l’incroyable Grande-Bretagne, qui s’offre les trois titres par équipes de la semaine. Quentin Gonzales et Camille Lucas, autres cartouches d’avenir avec Mélissa, qui fêtait ses quatorze ans samedi, sont finalement dixième et cingt-et-unième. Entre eux s’intercale Romain Sans, seizième avec Klockeen de Rhonon : celle-ci prendra une retraite bien méritée à son retour de Suède et officiera désormais comme poulinière. Enfin, avec un parcours à quatre points, Alice Deman termine vingt-huitième avec Louison du Moulin.

Le podium, comme ceux de saut d’obstacles et de dressage, est cosmopolite ! L’Allemand Calvin Böckmann, le ’’futur Michael Jung’’ de l’avis des connaisseurs, s’empare de l’or en ayant tenu la tête de bout en bout avec Askaban B, lui qui était déjà troisième en 2014. Sur la troisième marche du podium, Zara Nelson représente l’Irlande, malchanceuse pas équipes (quatrième). Mélissa Prévost, cavalière des écuries du Bois de la Noue, fera encore équipe avec le protégé de Sophie Bolze pendant deux saisons : l’avenir s’annonce radieux !

God Save Phoebe

La reine de Malmö fut sans conteste elle : la Britannique Phoebe Peters a déroulé trois reprises lui ayant permis de décrocher trois médailles d’or… et de faire tomber deux records mondiaux ! C’est très émue qu’elle s’est exprimée du haut de son podium et a remercié son entourage avant son prochain passage à cheval. Avec SL Lucci, elle aura pourtant conclu ses années poneys de la plus belle des manières avec une Reprise Libre en Musique splendide, techniquement irréprochable mais également originale et notée à 85.825%. Si ses poursuivantes se sont bien battues, la Britannique ne leur a pas laissé beaucoup de latitude. L’Allemande Nadine Krause repart ainsi de Malmö auréolée de trois médailles d’argent avec le très bon Cyrill We, tandis que la Danoise Sara van Deurs Petersen, quatrième de l’Individuelle, monte cette fois sur le podium avec l’épatant Farbenfroh.
La seule Française en lice n’aura pas démérité : Léa Bonifay prend une honorable douzième place (71.200%) avec Tim, à la suite d’une reprise dynamique et propre. Un résultat et une moyenne à noter, au milieu de concurrents très affutés.

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