La suspension des Émirats arabes unis levée par la FEI

Pendant la suspension des Émirats arabes unis, aucun drapeau du pays ne pouvait apparaître sur les compétitions internationales.
Crédit : Sportfot

Lundi 27 juillet - 16h10 | Johanna Zilberstein (avec communiqué)

La suspension des Émirats arabes unis levée par la FEI

Le Bureau de la Fédération équestre internationale a approuvé la réinsertion immédiate de la fédération nationale des Émirats arabes unis au sein des membres de la FEI suite à la signature d’un accord juridique entre les deux parties, qui garantit que le bien-être du cheval va être entièrement respecté et que les règles de la FEI vont être rigoureusement appliquées durant les courses d’endurance internationales mais aussi nationales.

L’accord a été signé par le président de la FEI, Ingmar de Vos, et la secrétaire générale de la FEI, Sabrina Zeender, ainsi que par le président de la fédération nationale émiratie, le sheikh Sultan bin Khalifa Bin Zayed al-Nahyan, son secrétaire général, Taleb Dhaher al-Mheiri, et le secrétaire général du Comité olympique émirati, Mohammed al-Kamali. "Nous sommes très heureux que, après quatre mois de dur travail, les Émirats arabes unis aient démontrés, par la signature de cet accord, qu’ils étaient entièrement disposés à assurer le bien-être des chevaux et à se plier aux règles de la FEI lors des événements nationaux et internationaux", s’est félicitée Sabrina Zeender. "Les Émirats sont déterminés à travailler afin de rejouer un rôle de premier plan dans le monde de l’endurance et, pour démontrer leur engagement, ils ont inclu la plus grande instance sportive du pays, le Comité national olympique, qui  a également signé cet accord."
 
Suite à sa suspension et à la demande du Bureau de la FEI, la fédération émiratie a proposé une liste des mesures à prendre afin de trouver une issue. Elles ont été intégrées à un accord envoyé par la fédération à la plus haute instance du sport équestre début juin. Le Bureau de la FEI  a unanimement accueilli ces propositions, tout en précisant à la fédération nationale que ces mesures devaient être étendues afin de déboucher sur la signature d’une levée de la suspension du pays du Golfe. Depuis, la fédération émiratie et la FEI ont passé les dernières semaines à étudier et rectifier les termes de cet accord. Selon cet accord, la fédération nationale émiratie s’engage à :
- mettre en place des protocoles afin d’éviter le décès des équidés;
- respecter les périodes de repos imposées;
- empêcher l’engagement des chevaux en période de repos sur des courses nationales (le système d’engagement de la FEI bloquant déjà les engagements sur les CEI);
- interdire l’utilisation et l’administration de substances interdites par la FEI autour et à l’intérieur de la zone de contrôle vétérinaire;
- interdire le remplacement de chevaux;
- empêcher l’accès de véhicules sur les zones de course;
- interdire l’engagement d’un cavalier ou d’un cheval suspendu par la FEI à une course nationale;
- respecter le rôle et l’autorité des officiels à tout moment ;
- former et éduquer les athlètes, entraineurs, grooms, membres de la fédération et vétérinaires avant le début de la prochaine saison d’endurance, en octobre;
- respecter les règles mises en place par la FEI concernant les autopsies et, si possible, les appliquer en cas de décès d’un équidé sur une compétition nationale;
- nommer un conseiller indépendant approuvé par la FEI;
- éviter les conflits d’intérêt;
- distribuer des dotations en accord avec celles fixées par la FEI;
- définir des règles sur les courses nationales qui soient en accord avec celles de la FEI.

Rapports mensuels à la FEI

De plus, au cours de la saison 2015/2016, la fédération nationale émiratie devra fournir des rapports mensuels sur les mesures prises pour assurer le respect des règles et règlements de la FEI. Elle accepte également de se conformer à toute autre recommandation de la fédération internationale. Une fois la saison 2015/2016 achevée, la fédération émiratie devra fournir des rapports à la FEI à chaque fois que cette dernière en fera la demande. En outre, la fédération émiratie va soutenir un programme de recherche visant à évaluer les causes de blessures lors de course d’endurance dans le désert et les entraineurs émiratis seront obligés d’y coopérer.
 
L'accord détaille également  une nouvelle règle interdisant le commerce ou l'utilisation de substances interdites dans les courses hippiques et les sports équestres à travers le pays ainsi que les sanctions qui seront imposées en cas de violation. "Nous sommes heureux que le Bureau de la FEI ait unanimement accepté de lever la suspension grâce aux actions considérables et aux solutions que nous avons mises en place tous ensemble", a de son côté déclaré Taleb Dhaher al-Mheiri. "Nous allons continuer à travailler avec la FEI afin de s’assurer que toutes les demandes vont être appliquées dans les courses d’endurance à travers le pays. En tant qu’instance gouvernante du sport équestre aux Émirats arabes unis, nous prenons cette responsabilité très au sérieux. C’est notre but d’assurer l’excellence du sport tout en poursuivant sa croissance et en sauvegardant le bien-être des chevaux et des cavaliers."

Accord pour trois ans

La fédération a également accepté que la FEI soit habilitée à imposer des sanctions en cas de non-respect de toutes les conditions de l'accord. Ces sanctions comprennent, entre autres, la reprise immédiate de la suspension et le retrait des championnats du monde d'endurance de 2016, qui devraient se tenir à Dubaï. L'accord restera en vigueur pour une période de trois ans. Pendant ce temps, la FEI et la fédération émiratie se réuniront au moins une fois par an pour un examen approfondi, en plus des rapports mensuels écrits qu'exige l'accord. La FEI se réserve également le droit de prolonger la durée de l’accord.
 
Le 12 mars dernier, la FEI avait suspendu la fédération émiratie pour une durée indéterminée suite aux conclusions d’une enquête sur le non-respect du bien-être des chevaux et des règles de la FEI durant les courses d’endurance. Suite à cette suspension, les Émirats arabes unis avaient déposé une demande d'appel au Tribunal de la Fédération équestre internationale, qui avait été refusée le 22 avril dernier. En mai, une première rencontre entre les représentants de la FEI et ceux de la FEI avait eu lieu à Lausanne, laissant présager d'une évolution favorable à la suspension du pays du Golfe.

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