Au Mans, la Team Noroc coupe les ailes des Cigognes

La Team Noroc, créée dans le courant de l'année par Jacques Ferrari, obtient au Mans son premier titre national.
Crédit : Élodie Caron

Mardi 07 juillet - 19h58 | Léa Dall'Aglio

Au Mans, la Team Noroc coupe les ailes des Cigognes

Les championnats de France de voltige se sont une nouvelle fois tenus au Mans, en ce premier week-end du mois de juillet.  Sous le vaste manège du Boulerie Jump, une centaine d’athlètes se sont mesurés les uns aux autres pour remporter l’une des quinze écharpes tricolores en jeu. La compétition a finalement sacré Anne-Sophie Musset chez les femmes, Vincent Haennel chez les hommes, et la Team Noroc dans la catégorie par équipes.

Trois mois. C’est le peu de temps nécessaire à la jeune Team Noroc, l’équipe sportive de la compagnie de spectacle équestre créée par Jacques Ferrari, pour entendre la Marseillaise résonner en son honneur. Après une seconde place à Saumur en avril, et une première médaille d’or à Wiesbaden, en Allemagne, fin mai, le collectif est à nouveau monté sur la plus haute marche du podium, dimanche 5 juillet, au Mans.
 
Le suspense aura duré jusqu’au bout. Vendredi, les Imposés placent en tête les écuries de la Cigogne. L’an dernier, elles n’avaient pas eu de mal à s’imposer, avec une note finale de 8,36. Mais dès le premier Libre, le lendemain, la Team Noroc réduit dangereusement l’écart, avec une performance évaluée à 8.923. Plus qu’un centième ne sépare les deux collectifs. C’est finalement le second programme libre, présenté en finale dimanche, qui les départage. Les notes de la Team Noroc s’envolent : 9,5 en technique, 9,2 en artistique… quand les Cigognes restent proches de la barre des 8. Ces dernières redescendent donc à la deuxième place (8.316), alors que la jeune équipe, associée à Wizner et Sandra Tronchet, remporte son premier titre de championne de France (8.103).
 
« Ce qui nous a fait gagner ? La fraîcheur, la variété du programme que nous proposons, analyse Jacques Ferrari. Notre Libre est plutôt novateur : il circule beaucoup, avec fluidité, et tous les voltigeurs sont en contact avec le public et les juges, ils transmettent quelque chose et sont sereins dans leurs performances. Par ailleurs, cela faisait longtemps que l’on n’avait pas vu un Libre avec  une telle prise de risques. J’aimerais, pour la prochaine saison, le rendre encore plus puissant émotionnellement. Nous avons en revanche déroulé des Imposés un peu en-dessous du niveau général de l’équipe. Les voltigeurs manquent encore un petit peu d’expérience, notamment la plus petite, Romane, qui a seulement un an de voltige dans les pattes. Mais elle a été exceptionnelle sur la suite de la compétition, et nous remplissons notre objectif d’avoisiner la note de 7 en fin de saison ».

Vincent Haennel décroche (enfin) l’or

Les Alsaciens n’ont toutefois pas à rougir de leurs prestations mancelles : un premier titre a également été honorablement décroché par Vincent Haennel, sur Quartz d’Olbiche longé par Fabrice Holzberger. Cinquième aux Jeux équestres mondiaux de Caen l’an passé, le jeune athlète a désormais le champ dégagé pour devenir le meilleur individuel tricolore.
 
Mais encore une fois, le suspense a battu son plein. Débutant la compétition avec des Imposés largement supérieurs à ses concurrents (8.128), il perd la pole position après un premier Libre et un Technique difficiles. "Je suis très content de mes Imposés, car j’ai atteint mon objectif de l’année, qui était de dépasser la barre des 8 à chaque compétition. En revanche, mon Libre se déroule habituellement plus facilement. Mais j’ai fait une grosse erreur sur la Devon (saut depuis la position debout pour atterrir à plat ventre sur le dos du cheval, ndlr), qui a aussi pénalisé la note du cheval. Quant au Technique, ce n’est pas mon point fort. C’est le programme qu’il va falloir que je travaille pour la prochaine saison". C’est finalement son dernier passage, où il obtient notamment un 9 en technique, qui lui assure la première place.
 
Pas facile pour les derniers arrivés de concourir contre les habitués. Théo Denis, qui débarque des Juniors, n’a toutefois pas démérité, puisqu’il obtient la meilleure note du premier programme libre. Une performance qui le classe deuxième. Évoluant sur Sushi de la Roque, longé par Maud Bousignac-Dumont, il finit la compétition avec le bronze autour du cou. Clément Taillez complète le podium avec l’argent. "Il avait bien rattrapé son retard des Imposés. En remportant notamment le Technique, il s’était placé en tête", commente Vincent Haennel. "Mais il préfère être chasseur que chassé, et une erreur sur un à-terre-à-cheval lui a coûté la victoire."
 
Chez les femmes, c’est sans surprise qu’Anne-Sophie Musset remporte la mise. Présentant Papillon de Laume, longé par Daniele Agnus, elle obtient une note finale de 7.879. Derrière elle, la jeune Estelle Chauvet, qui est parvenue à prendre le dessus sur Manon Noël à la fin de la première manche. Sur Poivre Vert au bout de la longe de François Athimon, elle est évaluée à 7.188. Sa rivale (Kirsch de la Love, Kevin Moneuse) monte sur la troisième marche du podium, avec 7.066.

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