Quismy des Vaux*HDC blessée dans son box par Otello du Soleil

Quismy des Vaux*HDC, la jument de Kevin Staut, a été blessée dans la nuit de samedi à dimanche dans son box par Otello du Soleil, l'étalon de Romain Duguet.
Crédit : Scoopdyga (archives)

Samedi 06 juin - 18h05 | Marion Gergely, Sébastien Roullier et Johanna Zilberstein

Quismy des Vaux*HDC blessée dans son box par Otello du Soleil

Hier matin à Saint-Gall, Quismy des Vaux*HDC a été retrouvée assez gravement blessée dans son box. Dans la nuit de samedi à dimanche, Otello du Soleil, l’étalon de Romain Duguet, se serait échappé de son box pour rejoindre celui de la jument de Kevin Staut. Un système de sécurité vraisemblablement défaillant dans les écuries du CSIO semble être à l’origine de l’accident.

"Je suis encore sous le choc, comme tous les grooms et cavaliers qui étaient présents à Saint-Gall. C’était la première fois qu’ils voyaient cela." Comme tous ceux qui ont découvert la jument dimanche matin, Emmanuèle Perron-Pette, la propriétaire du haras des Coudrettes, est alarmée. En arrivant dans les écuries du CSIO 5* de Saint-Gall dimanche matin, l’entourage de Quismy des Vaux*HDC a découvert la fille de Dollar de la Pierre blessée dans son box accompagnée d’Otello du Soleil, l’étalon du Suisse Romain Duguet. "L’étalon s’est échappé de son box et a cassé le loquet de celui de Quismy pour ensuite s’introduire dedans. Ils ont dû rester au moins une heure ensemble puisque le matin, lorsque nous les avons trouvée ils étaient calmes. Les chevaux autour d’eux étaient beaucoup plus paniqués", rapporte Kevin Staut.

Cette intrusion nocturne a malheureusement laissé des séquelles à la jument baie de onze ans. "Le box était plein de sang. Quismy a des hématomes énormes. Elle boite de l’antérieur droit et également du postérieur droit. Son grasset a doublé de volume", déplore la propriétaire. "Il nous faut attendre que les hématomes se résorbent pour constater l’étendue des dégâts. D’après Jérôme Thévenot, le vétérinaire de l’équipe de France qui lui a prodigué les premiers soins hier matin, elle est au moins arrêtée pour trois à six mois. Malheureusement, si les cartilages sont touchés, il est possible que sa carrière sportive soit terminée..."

"D’après les contrôles que nous avons effectués ce matin, elle va mieux. Elle se déplace presque normalement au pas et au trot", a tenu à rassurer Kevin Staut en début d’après-midi, tout en maintenant que le pronostic restait réservé quant à l’avenir sportif de sa jument. Pour dresser un véritable bilan de santé et savoir si Quismy a été saillie au cours de l’incident, il va toutefois falloir attendre une dizaine de jours. "Nous n’avons pas trop poussé nos examens pour ne pas risquer d’envenimer une blessure que nous ne verrions pas à cause des liquides inflammatoires. Nous ne savons pas s’il y a eu saillie, mais nous savons que Quismy s’est défendue puisque l’étalon de Romain Duguet était blessé au poitrail ainsi qu’à la tête", explique le numéro un français.

"La FEI doit réagir", Emmanuèle Perron-Pette

Une question agite toutefois l’entourage de la jument : comment de telles choses peuvent-elles se produire sans que personne ne s’en aperçoive? "Cela n’aurait jamais dû arriver. Quand on sait tout le soin que nous accordons à nos chevaux à la maison et aux cours des transports pour éviter que ce genre de choses puissent se produire, il est inacceptable que les concours les accueillent dans ces conditions, dans des boxes démontables en plastique et en plaçant des étalons juste à côté de juments, sans surveillance, d’autant plus à cette période de l’année (propice à l’accouplement des chevaux, ndlr). Quand les grooms sont arrivés à Saint-Gall, on les a informés qu’une ronde de surveillance serait assurée toutes les quarante-cinq minutes. Or on a retrouvé Otello et Quismy dans le même box le matin…", déplore Emmanuèle Perron-Pette.

Malgré les excuses formulées par Nayla Stössel, la présidente du CSIO de Suisse, et Romain Duguet, la propriétaire de Quismy espère que ce qui est arrivé en Suisse provoquera une prise de conscience collective. "Le problème se pose dans la plupart des CSI 5*, surtout durant la saison estivale. Il appartient à la FEI de réagir rapidement pour contraindre les concours à mettre en place un vrai dispositif de sécurité. Je comprends que la plupart de ces concours soient devenus de grands événements à but lucratif, mais ils doivent absolument assurer la sécurité des chevaux. Compte tenu de la valeur des animaux, on peut encore moins se permettre le moindre manquement. Au-delà de notre très grande tristesse, il faut une vraie prise de conscience pour que cela ne se reproduise pas."
 
Sollicitée à de nombreuses reprises par la rédaction, l’organisation du CSIO 5* de Saint-Gall est restée injoignable toute la journée.

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