François-Xavier Boudant, roi de Deauville

François-Xavier Boudant a été le meilleur aujourd'hui, menant son puissant Chatman au double sans-faute, tout en signant le meilleur chronomètre.
Crédit : PSV Morel

Dimanche 07 juin - 20h12 | Marie de Pellegars-Malhortie

François-Xavier Boudant, roi de Deauville

Aujourd’hui le pôle international du cheval de Deauville a accueilli la quatrième étape du Grand National 2015. Soixante-quinze couples se sont élancé sur ce difficile parcours coté à 1,50m. Alors que seuls six cavaliers ont réussi le parcours parfait en première manche, ils ne furent que deux à réitérer la performance en seconde. François-Xavier Boudant a une nouvelle fois fait une démonstration de son talent en s’imposant avec Chatman.

Ce week-end le pôle international du cheval de Deauville a vécu au rythme du Grand National. Cet après-midi, sous le soleil normand et devant des tribunes emplies de passionnés mais également de néophytes, soixante-quinze couples ont tenté d’en découdre mais nombre d’entre eux se sont cassés les dents sur le parcours truffé de difficultés monté par Jean-Paul Lepetit. Treize obstacles, quinze efforts à réaliser. Le triple, vertical, une foulée, vertical, une foulée, oxer, placé en cinquième position s’est révélé être le véritable juge de paix puisque l’entrée mais également la sortie sont tombées à maintes reprises entraînant notamment l’abandon de Tony Hanquinquant et son inexpérimenté mais néanmoins talentueux Trèfle du Pays d’Auge. Le double placé en dixième position a également engendré de nombreuses fautes privant notamment Mélanie Cloarec et Ondine Belmanière, Marc Dilasser avec Copenhague TM, Julien Gonin porté par Weraton, Alexis Gautier en selle sur Siroco de Coquerie ou encore Alexandra Ledermann sur Requiem de Talma de seconde manche. Six duos ont finalement trouvé la clé de ce difficile parcours se qualifiant d’office pour la seconde partie d’épreuve. Ils ont alors été rejoints par quatre couples dont le score a été entaché d’une faute mais ayant réalisé un chronomètre rapide. Benjamin Barbot, auteur d’une faute sur le vertical huit avec O’Z du Moulin, est quant à lui resté aux portes de la seconde étape et a dû se contenter d’une onzième place.

Incroyable performance d’Alexandre de Rothschild

La deuxième manche a donc vu dix cavaliers dérouler leur partition sur un parcours réduit mais composé de nombreux virages. Les athlètes ont dû franchir huit obstacles et ont alors retrouvé le difficile double numéro dix cette fois-ci positionné en sixième position. Honneur aux femmes, Rachel Baechler s’est élancée aux commandes de son bondissant Rubis Tame. Fautive en première manche sur l’oxer de sortie de triple, la Franco-Suisse a rectifié le tir et ainsi fixé le temps de référence à 49’80. L’amazone n’a pas profité longtemps de sa victoire fictive puisque celui qui s’est esnite présenté, Gilbert Doerr, n’a pas fait mentir sa réputation de très rapide cavalier. Le Normand a lancé son Quito de Kerglenn, victime d’un sabot dans la rivière lors du parcours initial, à vive allure dès la ligne de départ. Aucune barre n’a tremblé et le chronomètre a été abaissé de plus de trois secondes. Les parcours se suivent et se ressemblent. Fabrice Dumartin entre alors en piste accompagné de Cannavaro. Le fils de Con Cento survole toutes les difficultés et franchit la ligne d’arrivée en 45’60 s’installant ainsi au sommet. Ce dernier n’a pas été inquiété par Cédric Hurel et Paola du Terroir qui se sont, comme lors du premier tour, laissés piéger sur l’oxer d’entrée de double terminant ainsi la compétition avec huit points soit une neuvième place.

La compétition prend un autre tournant lorsque les sans-faute de la première manche se présentent car tout reste à jouer. Alexandre de Rothschild, seul amateur de la compétition, et Pendjab du Royet, ayant déjà réalisé une belle performance avec leur premier parcours, réitèrent avec aisance l’exploit sans prendre de risques démesurés. Le nouveau temps de référence est de 54’63. Sous le porche, Alexandre croise Christophe Hurel accompagné de Reward Sine. Bien décidé à se hisser en haut du classement, ce dernier voit toutes ses chances de victoire s’envoler lorsque son fils d’Apache d’Adriers pousse à terre le premier plan de l’oxer d’entrée de double puis réitère sa faute sur l’ultime difficulté. Mais rien n’est encore joué, des pontes se préparent à la détente. Pourtant, aucun de Simon Le Vot ou Edouard Mathé, respectivement en selle sur Quadillac les Parts et Olala de Buissy, ne secouent l’actuel leader puisque chacun commet une faute. Le local de l’étape, François-Xavier Boudant, installé à seulement quelques kilomètres de là, foule alors la piste avec son gigantesque Chatman qu’il ne monte que depuis un mois. Rien ne semble pouvoir l’arrêter. Le Normand, armé d’un sang froid à toute épreuve, guide avec subtilité son hongre de neuf ans, fils d’un certain Carinjo*HDC, crack de Patrice Delaveau, et survole les difficultés. Les deux complices franchissent la ligne d’arrivée avec quatre secondes d’avance. Restent alors Alix Ragot et Thais de Pégase. Si le magnifique étalon n’a que huit ans, la facilité déconcertante avec laquelle il a survolé le premier parcours a sûrement dû rappeler à François-Xavier Boudant que rien n’était encore plié. Pourtant, Alix n’a pu éviter la faute de son fils de Calvaro sur le vertical placé en avant-dernière position. Alors qu’ils disposaient du meilleur chronomètre (45’24) les deux jeunes talents doivent se contenter d’une néanmoins très belle troisième place.

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