'NE PAS ALLER AUX JEM FUT LA PLUS GROSSE DÉCEPTION DE MA CARRIÈRE', ASTIER NICOLAS

Piaf de B'Neville et Astier Nicolas, pas loin de la victoire à Saumur!

Mercredi 27 mai - 17h29 | Johanna Zilberstein

'NE PAS ALLER AUX JEM FUT LA PLUS GROSSE DÉCEPTION DE MA CARRIÈRE', ASTIER NICOLAS

Il vit en Angleterre et sort donc plus souvent outre-Manche qu’en France. Après une saison 2014 peu concluante qui a vu la non-sélection de son cheval de tête Piaf de B’Neville, Astier Nicolas est de retour en grande forme et s’est notamment octroyé la deuxième place du CCI 3* de Saumur. De très bons augures pour la suite.

 

GPR : Piaf de B'Neville est de retour. Comment le sentez-vous ?

Astier Nicolas : Piaf revient sans revenir. En effet, c’est un retour sur les podiums mais pas dans le travail. L’an dernier, il n’a pas eu de blessure concrète qui a engendré un arrêt total de l’activité pendant plusieurs mois. Il avait des douleurs qui ont fait qu’il n’est pas sorti en compétition mais il a toujours été entrainé. Aujourd’hui, disons plutôt qu'il est de retour  sur le devant de la scène. C’est un métronome, il est très régulier et très fiable dans toutes les disciplines. Il connait son job et c’est toujours un plaisir de concourir avec lui.

 

GPR : Vous avez un peu modifié votre organisation en Angleterre avec un déménagement. Comment cela se passe-t-il ?

A.N. : Effectivement, il y a un mois environ, j’ai déménagé. J’ai quitté les écuries de Nick Gauntlett pour des infrastructures nouvelles, pas très loin des précédentes, près de chez Andrew Nicholson, mais avec de meilleurs conditions de travail en terme de carrières, de pistes, de paddocks. J’ai quatorze chevaux avec deux jeunes cavalières qui m’aident mais c’est moi qui monte mes chevaux pour les travailler. Nous avons beaucoup de place aujourd’hui et c’est un plaisir.

 

GPR : Quel est votre piquet actuel ?

A.N. : J’ai Piaf, alias Ben, comme cheval de tête aux côtés de Quickly du Buguet qui s’est malheureusement blessée en début d’année, lors de mon hivernage à Toulouse, et qui recommence donc juste le travail. Spes Addit’or revient lui aussi après une période de convalescence. J’ai un cheval de huit ans, Country, qui a commencé sa saison il y a seulement dix jours car il est assez compliqué, mentalement surtout, mais il a montré de bonnes choses. J’ai  un nouveau sept ans qui pourrait aller au Lion d’Angers mais on verra au fur et à mesure. Un cheval anglais de onze ans est arrivé depuis peu. Il est chez moi car il s’arrête sur le cross. C'est difficile pour un cavalier étranger de se faire confier des chevaux bons et faciles… Ceux-là, ils vont chez Pippa Funnel ou William Fox Pitt. (Rires) J’ai aussi de bons jeunes mais certains sont là pour du commerce et donc, je pense que je n’ai pas assez de bons jeunes assurant le futur. J’ai bien vu que dans notre sport, tout allait très vite et que l’on pouvait du jour au lendemain se retrouver sans monture, donc, j’ai besoin de plus de jeunes pour construire ma relève en qualité et en nombre.

 

GPR : Cela n’est pas trop dur de s’organiser entre la Grande-Bretagne et l’équipe de France ?

A.N. : C’est un peu compliqué. Je travaille beaucoup seul. Comme mes chevaux étaient soit blessés, soit reprenaient juste le travail, je n’ai pas pu bénéficier des stages hivernaux à Saumur. Ce qu’il me manque, c'est une aide extérieure pour le dressage. Car  dans cette discipline, il faut un œil externe, un observateur averti pour toujours continuer à progresser.

 

GPR : La troisième place de Piaf à Saumur signe une requalification pour les championnats d’Europe. Vous attendez-vous à un retour en équipe de France ?

A.N. : Oui ! C’est une grande satisfaction ! La plus grosse déception de toute ma carrière a été de ne pas pouvoir aller courir les Jeux équestres mondiaux, en France, et qui plus est chez moi en Normandie. Le cheval est bon, il est aimé du staff mais ses problèmes de santé nous ont obligés à y renoncer. Ce fut un gros coup dur. Toute ma famille et mes amis étaient là-bas, ils avaient pris des vacances pour venir me voir. Je n’ai pas pu y aller, venir voir, c’était trop dur de vivre cette ambiance, le cross… sans être à cheval. Donc je veux à tout prix revenir au sein de l’équipe de France et, si cela est possible, participer aux championnats d'Europe de Blair Castle. Saumur était l’étape capitale de mi-saison et comme le contrôle vétérinaire est bon, j’attends désormais de voir avec Thierry Touzaint le programme de la suite. Mais je suis très motivé !

 

Propos recueillis par Pauline Chevalier

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