LA BAULE A BIEN FAIT DE RÉINTÉGRER LA SUISSE!

Steve Guerdat et Nino des Buissonnets ont remporté leur premier Grand Prix CSIO, cet après-midi à La Baule. Photo PSV Morel

Mardi 19 mai - 20h44 | Johanna Zilberstein

LA BAULE A BIEN FAIT DE RÉINTÉGRER LA SUISSE!

Steve Guerdat s’est adjugé le Grand Prix de La Baule au terme d’un barrage parfait avec Nino des Buissonnets. Dernier à s’élancer au barrage, le Jurassien a devancé d’un peu moins d’une seconde le meilleur cavalier du concours, l’Irlandais Bertram Allen, associé à Romanov, tandis que le Brésilien Marlon Módolo a complété un magnifique podium avec Rock’n Roll Semilly. Les Bleus, au nombre de quatre au barrage, n’ont pas été en mesure de faire la différence.

À en juger par le flamboyant succès de Steve Guerdat, cet après-midi au stade François-André, devant un public qui en a toujours pincé pour lui, les organisateurs ont vraiment bien fait de réintégrer la Suisse dans la liste des nations invitées par équipes à cet Officiel de France. Au début du printemps, la fédération helvète avait accueilli avec tristesse le fait de ne pas être conviée à La Baule, alors qu’elle y a toujours envoyé de belles équipes. En vertu de son statut de champion olympique, Steve Guerdat a bien sûr reçu un invitation individuelle… qu’il a repoussée, estimant qu’il viendrait avec son équipe ou pas du tout. Rémi Cléro, président de la Société des concours hippiques de La Baule, a eu la clairvoyance de corriger cette erreur de casting, et en accord avec Marcel Delestre, la Colombie a accepté de céder sa place à la Confédération helvétique. Tant mieux pour elle, mais surtout pour la beauté du sport et pour le public, qui en a pris plein la vue tout le week-end.

Deuxième du Derby hier avec Nasa, Steve Guerdat a donc remporté son premier Grand Prix de La Baule, le premier Grand Prix CSIO pour Nino des Buissonnets, son crackissime fils de Kannan, joyau du Selle Français, si souvent brillant sur le sable et les arènes réduites de la Coupe du monde. Quarante-septième des cinquante cavaliers à s’élancer dans cette épreuve juste et équilibrée, mais recelant de nombreux petits pièges, le récent vainqueur de la finale de la Coupe du monde n’a eu aucun mal à signer le dixième et dernier sans-faute, ce qui lui a offert l’avantage de pouvoir repartir en dernier au barrage. Sur les quinze Français au départ, quatre en ont fait de même, tandis que bien d’autres ont buté sur le maudit vertical six (lire le bilan complet des Français ici).

Alexandre Fontanelle, meilleur Français!

Premier à repartir dans cette finale au chronomètre, l’Espagnol Manuel Fernandez Saro assure un excellent double sans-faute sur Eliot DWS, le cheval qu’il avait cédé début 2014 à l’Argentin José Maria Larocca, et qu’il ne remonte que depuis trois semaines! Sa cinquième place finale est d’autant plus méritoire. Impeccable au premier tour, Alexandre Fontanelle, le premier Français en lice, faute malheureusement dès la troisième difficulté de ce barrage, un oxer, avec un Prime Time des Vagues un poil trop ouvert. Il termine à une bien belle sixième place, la meilleure performance tricolore, qui devrait lui ouvrir de belles sélections.

Même si son excellent Rock’n Roll Semilly manque encore un peu d’expérience, le Brésilien Marlon Módolo Zanotelli tente sa chance, signant notamment un très beau virage en épingle devant l’oxer huit, placé avant le triple réduit en double. Ce pari gagnant lui offre une troisième place bien méritée, qui donne sûrement à Jean-Maurice Bonneau de belles indications en vue des Jeux olympiques de Rio. La performance du couple est si bonne que le Britannique Michael Whitaker, pourtant armé d’Amai, vainqueur du Grand Prix d’Aix-la-Chapelle en 2012, doit s’avouer vaincu pour vingt centièmes, et se contenter de la quatrième place.

Bertram Allen, déjà vainqueur de trois épreuves depuis jeudi, dont le Derby hier, n’est pas du genre à se satisfaire d’un accessit. Aussi jette-t-il toutes ses forces dans la bataille, ainsi que celles du courageux et intelligent Romanov, dix-sept ans, lancé au grand galop dès le départ! Une fois encore, la magie opère pour l’Irlandais, sans faute, qui inflige une seconde de débours à l’ancien chrono de référence. Il reçoit une ovation à la hauteur de son talent. Cela ne va pourtant pas suffire. Le second Britannique en lice, le jeune Spencer Roe voit ses chances du succès s’envoler dès la deuxième difficulté avec Wonder Why. Il ajoute une seconde faute sur l’oxer sur bidet treize pour finir neuvième.

Ayade arrive, Orient et Armitages reviennent

Le merveilleux public baulois redouble d’applaudissements pour 'Patrice, Patrice, Patrice…' Delaveau, associé au génial Orient Express*HDC, vainqueur en 2013. Pas vraiment dans ses sabots à Las Vegas, l’étalon signe ici un superbe retour, mais ne peut empêcher une faute sur le haut vertical douze, ce qui classe son pilote normand au septième rang. Seconde chance pour l’écurie Jump Five, Kevin Staut lance dans un sacré train la jeune Ayade de Septon*HDC, brillante jeudi. Ils réussissent un superbe virage avant le huit, avant de faire tomber l’entrée du double et le dernier oxer. Une huitième place réellement emplie de promesses. La France ne peut plus compter que sur Aymeric de Ponnat et Armitages Boy, un couple enfin de retour au plus haut niveau. Après un premier tour très rassurant, l’étalon glisse malheureusement dans le fameux virage en épingle, trébuche et renverse son cavalier. A priori, plus de peur que de mal pour ce duo que l’on a hâte de revoir en Coupe des nations.

Steve Guerdat et Nino des Buissonnets savent ce qu’il leur reste à faire. Le Suisse prend tout son temps pour montrer à son compagnon le fameux virage, ainsi que l’oxer d’entrée du double avant de s’exécuter, sans prendre de risques fous, mais en dosant parfaitement ses efforts. Nino, le Nino des très grands jours, s’envole littéralement au-dessus des oxers et galope à tout’ berzingue jusqu’à la ligne d’arrivée pour infliger plus de huit dixièmes à Allen. Le numéro trois mondial ne se prive de l’ovation qui lui réserve les tribunes archicombles de François-André, qu’il saura remercier à la remise des prix pour sa fidélité et sa générosité. Aucun doute possible, il sera bien là en 2016, avec ses meilleurs chevaux… et ses meilleurs coéquipiers!

À La Baule, Sébastien Roullier

Les résultats

Les résultats du Grand Prix ici

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