'JE NE REGARDE PLUS DERRIÈRE', THIERRY TOUZAINT

Photo Scoopdyga (archives)

Mercredi 29 avril - 11h40 | Johanna Zilberstein

'JE NE REGARDE PLUS DERRIÈRE', THIERRY TOUZAINT

Le week-end passé, le Grand National de Pompadour a permis à certains couples d’éclater, tandis que d’autres ont confirmé. Une aubaine pour le sélectionneur national, qui va devoir former la meilleure équipe capable d’aller chercher la qualification olympique aux championnats d’Europe de Blair Castle. Un défi que Thierry Touzaint est prêt à relever, alors qu’il croit plus que jamais à la qualification de la France.

GrandPrix-Replay : Pouvez-vous dresser le bilan de cette deuxième étape du Grand National, à Pompadour ?

Thierry Touzaint : Pompadour nous a donné des résultats satisfaisants. Dans l’ensemble, tous les chevaux ont bien couru. Le niveau de dressage évolue dans le bons sens, c’est de bon augure pour nos futurs déplacements à l’étranger. Le cross était techniquement intéressant et les cavaliers et chevaux s’y sont bien comportés. Grâce au travail effectué par l’organisation, le terrain était très bon. Cela nous a permis d’évaluer les couples dans les meilleures conditions, sans risquer la santé des chevaux.

GPR : Avez-vous retenus certains couples, qui pourraient être sélectionnés pour les futures échéances, notamment les championnats d’Europe ?

T.T. : Tous les chevaux d’expérience ont brillé. Thibault Vallette nous a confirmé tout le bien qu’on pensait de Qing du Briot*ENE-HN, c’était une belle prestation. C’est un cheval qui a beaucoup de qualités, il saute et dresse très bien. Vu qu’il commence à être prêt, nous allons l’emmener à Bramham, comme beaucoup d’autres, en juin. Romantic Love, le cheval de Gwendolen Fer, commence à être régulier. Il a progressé et devient bon, il dresse très bien. Et puis il y a eu le retour de Qalao des Mers avec Maxime Livio. Il a fait une super rentrée ! Je n’aurais pas imaginé que Maxime irait aussi vite sur le cross mais je pense qu’il avait besoin de courir pour montrer que son cheval allait bien. Ce n’est pas une surprise de le voir à cette place-là. C’est bien pour lui mais c’est logique. Le cheval de Nicolas Touzaint, Radijague, n’a pas beaucoup de métier mais prend de l’expérience. On va le mettre à Saumur et voir si c’est un cheval pour l’avenir. Je suis content d’Arnaud Boiteau et Quoriano*HN-ENE. C’est un cheval qui devient régulier après des débuts difficiles. Malgré un petit quatre points qui les prive d’un meilleur classement, Sirocco du Gers et Thomas Carlile sont bien dans leur préparation. Sébastien Chemin a été bon, avec une jument que j’aime beaucoup, Olympe d’Eos. Elle a eu un souci de santé il y a un an mais elle est en train de bien revenir. Elle fait partie des chevaux très en vue.

GPR : Comment vous sentez-vous maintenant que la France a officiellement perdu sa qualification pour les Jeux olympiques ?

T.T : Je suis surpris qu’ils aient mis autant de temps à nous donner le verdict. Nous avons dû subir. Mais je regarde devant, je ne regarde plus derrière. Nous devons nous requalifier. C’est tout de même bien dommage car courir des championnats d’Europe pour les gagner et pour se qualifier n’est pas tout à fait pareil. Mais nous n’allons pas pleurnicher sur notre sort. Maintenant, nous allons nous serrer les coudes et aller chercher la qualification.

GPR : Cette disqualification change-t-elle quelque chose dans votre stratégie en vue des Europe, notamment en ce qui concerne la sélection ?

T.T : Qualification ou pas, j’essaie toujours de privilégier l’expérience. Je prends rarement des couples avec peu d’expérience lors de grandes échéances. C’est surtout la façon de les courir qui va changer. Par exemple, il va y avoir un vrai dilemme pour savoir si nous allons prendre des risques ou non. Être dans les deux meilleures nations non-qualifiées pour le Jeux olympiques, c’est faisable et presque logique. Aux championnats du monde, nous étions quatrièmes. Ce sera donc plus facile sur le niveau européen, il n’y aura pas des tas d’équipes à battre. Évidemment, il ne faut pas qu’on ait de cheval boiteux ou qui tombe sur le cross. Il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Et puis si l’équipe ne se qualifie pas, certains se qualifieront par l’individuel. Tout dépendra des résultats internationaux mais on aura probablement des cavaliers qualifiés d’office. J’espère quand même y aller avec l’équipe.

 

GPR : Allez-vous proposer un programme spécial pour les couples qui seraient potentiellement sélectionnés aux championnats ?

T.T. : On a fait le programme ensemble avec les cavaliers, c’est un peu à la carte. Il y a beaucoup de chevaux que l’on répartira entre Saumur et Bramham, notamment ceux qui ne sont pas encore qualifiés. Ceux qui n’ont pas grand-chose à prouver feront le Grand National. Je me sers vraiment de ce  circuit pour former les couples et pouvoir les amener à l’étranger après. Nous avons aussi un partant à Badminton (Pascal Leroy y emmènera Minos de Petra, ndlr).

GPR : À quel moment pensez-vous avoir une idée précise de la sélection ?

T.T : J’aurai une petite idée après les concours de Saumur et Bramham et au fil de la saison extérieure. Mais je prendrai la décision définitive peu de temps avant les championnats. Il y a  toujours des déboires, comme des chevaux qui boitent…

Propos recueillis par Yeelen Ravier

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