Vendredi 24 avril - 17h37 | Johanna Zilberstein

LA FRANCE PERD SA QUALIFICATION OLYMPIQUE

Comme on pouvait s’y attendre, le Tribunal de la Fédération équestre internationale a disqualifié Qalao des Mers, contrôle positif à l’acépromazine lors des Jeux équestres mondiaux, ce qui a pour effet automatique de faire perdre à l’équipe de France sa qualification olympique. Le hongre, qui reprend la compétition ce week-end à Pompadour, avait terminé cinquième des JEM avec Maxime Livio et grandement contribué à la quatrième place de l’équipe de France. Cette décision ne préjuge en rien de la responsabilité de Maxime Livio dans cette affaire, et donc d’éventuelles sanctions à son encontre. Le tribunal de la FEI devrait rendre son verdict à ce sujet dans les semaines à venir.

 

Après plusieurs mois d’attente, le Tribunal de la Fédération équestre internationale s’est enfin prononcé. Qalao des Mers, contrôlé positif à l’acépromazine, un sédatif, le 29 août dernier à l’issue du dressage aux Jeux équestres mondiaux de Normandie (lire ici), a été disqualifié. L’instance judiciaire a ainsi estimé que la substance, bien que présente en faible quantité dans l’organisme du cheval, avait modifié sa performance et l’a donc disqualifié, sanction systématique dans tous les grands championnats.

Depuis les résultats positifs des deux échantillons de ce contrôle, le cavalier établi à Saumur n’a pourtant cessé de clamer son innocence. Il s’appuie sur une expertise du Docteur De Luliis, vétérinaire italien de renommée internationale, assurant que selon la concentration d’acépromazine présente dans l’échantillon B de Qalao, et les temps de détection officiels de cette substance, le produit a été administré entre 23h et 5h du matin, dans la nuit du mercredi 27 au jeudi 28 août avant la première journée des championnats du monde de concours complet. 'Il démontre aussi très clairement que Qalao était totalement intègre de toutes ses capacités physiques et psychiques à l’heure où il est rentré sur le carré de dressage le vendredi 29 août à 10h45. C’est évidemment essentiel pour moi car cela me disculpe totalement sportivement et moralement…', avait déclaré Maxime Livio en décembre dernier sur FranceComplet.fr (lire ici).

Blair Castle, le podium ou rien

La disqualification de Qalao des Mers fait certes perdre à son cavalier sa cinquième place, avec les cent quarante points au classement mondial qui s’y réfèrent, mais elle efface surtout la quatrième place de l’équipe de France dans ces championnats du monde, synonyme de qualification olympique. Pour regagner leur ticket pour Jeux de Rio, les 'Vestes bleues' devront donc absolument figurer sur le podium des championnats d’Europe de Blair Castle, du 10 au 13 septembre. Cette éventualité, le staff fédéral s’y préparait depuis l’annonce du contrôle positif de Qalao, comme l’avait rappelé Sophie Dubourg, directrice technique nationale, en février dernier : 'Nous considérons la qualification perdue. Nous travaillons comme si nous devions aller la chercher. Si la nouvelle est mauvaise pour Maxime, alors nous serons prêts.' Cela obligera sans doute Thierry Touzaint, le sélectionneur tricolore à jouer la sécurité, aussi bien dans sa sélection que dans sa stratégie collective.

L’affaire Qalao n’est toutefois pas encore terminée puisqu’il appartient désormais au Tribunal de la FEI de statuer sur l’éventuelle responsabilité de Maxime Livio, et de déterminer les sanctions inhérentes. Le Tricolore encourt une suspension de toute compétition pour une durée de six mois dans la mesure où l’acépromazine n’est pas considérée par la FEI comme une substance dopante, mais comme une substance autorisée avec l’accord du vétérinaire du concours. En cas de suspension, les deux mois déjà purgés par le complétiste dans l’affaire Bingo S (lire ici), dans laquelle il a été blanchi (lire ici) seraient pris en compte et réduiraient sa peine à quatre mois. Maxime Livio dispose maintenant de trente jours pour faire appel de la décision du Tribunal de la FEI aurpès du Tribunal Arbitral du Sport. 

La disqualification de la France permet au Canada, septième, de décrocher son ticket pour les Jeux de Rio.

Johanna Zilberstein

À lire également...

Réagissez