'NOUS SOMMES COMPLÈTEMENT PASSÉS À CÔTÉ', PATRICE DELAVEAU

Patrice Delaveau et Orient Express*HDC ont été sortis dès le deuxième jour de compétition dans cette très exigeante finale de Coupe du monde. Photo Scoopdyga

Mercredi 22 avril - 12h43 | Johanna Zilberstein

'NOUS SOMMES COMPLÈTEMENT PASSÉS À CÔTÉ', PATRICE DELAVEAU

Tout juste rentré de Las Vegas, où la finale de la Coupe du monde de saut d’obstacles s’est achevée dimanche soir sur la magnifique victoire de Steve Guerdat, accompagné sur le podium de Pénélope Leprevost et Bertram Allen, Patrice Delaveau a accepté de revenir sur sa propre contre-performance. Après une Chasse acrobatique, pas rassurante à 100% mais couronnée d’une troisième place, le Normand n’a pas retrouvé un Orient Express*HDC aussi souverain qu’aux Jeux équestres mondiaux de Normandie. Éliminé après un refus et une semi-dérobade dans le triple, le favori tricolore est donc sorti de la compétition dès le deuxième jour. Il livre ses explications avec sincérité.

 

GRANDPRIX-REPLAY.COM : Cette finale de Coupe du monde est-elle une expérience dont vous pourrez tirer des enseignements ou un week-end à oublier?

PATRICE DELAVEAU : Très franchement, c’est une finale à oublier. Malheureusement, j’ai cru comprendre qu’ils avaient l’intention de remettre le couvert là-bas tous les deux ou trois ans. Le week-end que nous venons de vivre ne me donne pas franchement envie d’y retourner de sitôt, à moins bien sûr que l’organisation fasse de vrais efforts pour améliorer les conditions d’accueil et de compétition. La quarantaine n’a pas été très agréable pour les chevaux, enfermés pendant quarante-huit heures sous une tente. Les écuries du concours étaient très ordinaires, dignes d’un CSI 3*, pas d’une finale pour laquelle on vient de l’autre bout du monde. Le sol n’était franchement pas bon non plus : ferme dessus et fuyant dessous, ce qui a occasionné beaucoup de glissades et d’inconfort pour les chevaux. Les organisateurs devront vraiment revoir leur copie sur ces aspects techniques.

En revanche, cela n’excuse en rien ma contre-performance, ni celle de Kevin (Staut). Nous sommes complètement passés à côté. Heureusement, Pénélope a été formidable. Elle a réussi une performance magnifique avec son cheval.

 

GPR. : Même si vous en avez pris la troisième place, votre Chasse n’a pas semblée idéale, comme si Orient Express*HDC sautait un peu sur la réserve?

P.D. : Effectivement. Ma détente s’est bien passée. Partant en numéro trois, même sans avoir d’indications particulières, je me devais d’avancer pour ne pas me retrouver hors du top dix. C’est ce qui était prévu. En piste, Orient, comme moi d’ailleurs, a été un peu intimidé par l’ambiance. Le show d’ouverture de l’épreuve s’était terminé seulement quelques minutes plus tôt. Il restait encore des résidus de fumigènes et une odeur de souffre. Il y avait une musique de fête foraine très forte qui ne s’est arrêtée que juste avant que je saute le premier obstacle. Les gens criaient comme au rodéo. Franchement, j’ai eu le sentiment d’être comme un gamin de quinze ans participant à son premier CSI... Je sentais Orient un peu sur la retenue. J’ai dû lui demander deux efforts en début de tour, et puis il y a eu cette maudite glissade dans le virage précédant la ligne du triple, qui débutait par un bon oxer. Il a dû se faire mal à cet endroit-là. Orient a tout donné pour sauter l’oxer. Ensuite, je ne sais même pas comment il a pu se sortir du triple. Les angles et les virages ont vraiment mis les chevaux à l’effort. Du coup, mon cheval est sorti de piste très essoufflé. Comme le résultat était satisfaisant, j’ai laissé un peu de côté cette impression mitigée.

 

GPR. : C’est ce qui explique votre déconvenue du deuxième jour?

P.D. : Oui, je le crois vraiment. Le lendemain matin, Orient était normal. Le soir, la détente était moyenne, sans plus. Il m’a donné un avant-dernier saut mauvais, puis un dernier bien meilleur. Du coup, je suis rentré en piste sans être serein à 100%. Il a bien sauté le premier obstacle, mais j’ai dû remettre une foulée avant le deuxième. Mon cheval a produit un saut énorme sur le troisième, puis un très mauvais sur le quatrième, et puis plus rien. Je ne le sentais plus avec moi. Il y a eu cette incompréhension, mais je suis reparti quand même, je ne pouvais pas abandonner comme ça en finale de Coupe du monde. J’espérais presque qu’il commette une faute avant le triple, pour ne pas le lui infliger... Voilà, ça s’est arrêté comme ça.

 

GPR. : Où Orient s’est-il blessé?

P.D. : Je ne le sais pas. Nous l’avons fait trotter à la sortie de l’épreuve, puis les vétérinaires lui ont fait plein d’examens, le soir et le lendemain, mais ils n’ont rien décelé de très anormal, aucun gonflement. Il ne boite pas. Les chevaux ont atterri ce midi à Amsterdam avec pas mal de retard. Orient va aller directement en Belgique pour passer des examens plus approfondis afin de déterminer précisément ce qu’il y a. J’espère qu’il ne sera pas arrêté trop longtemps. Je l’ai senti gêné un peu comme à Rome, l’an passé.

 

GPR. : Quel va être votre programme pour les semaines à venir?

P.D. : Établir un programme est un peu compliqué en ce moment, car Carinjo 9*HDC ressaute seulement cette semaine et que Lacrimoso 3*HDC, qui s’était donné un petit coup sans conséquence, ne reviendra que dans trois semaines. Ce week-end, je participe au CSI 2* de Chantilly avec Ornella Mail*HDC et Leontine Ledimar Z, ma nouvelle jument de huit ans. Pour la suite, je ne sais pas encore.

 

Propos recueillis par Sébastien Roullier

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