DES COURSES FACTICES AUX ÉMIRATS ARABES UNIS ?

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Jeudi 12 mars - 12h50 | Johanna Zilberstein

DES COURSES FACTICES AUX ÉMIRATS ARABES UNIS ?

Après l’affaire Bundy, les Émirats arabes unis sont de nouveau montrés du doigt pour leur pratique de l’endurance. En cause, des résultats absolument identiques sur plusieurs courses qualificatives pour la President Cup qui ont entraîné des soupçons quant à la possible organisation de courses factices. La FEI a lancé une enquête.
Depuis l’affaire Bundy, les Émirats arabes unis sont plus que jamais sur le devant de la scène quant à leur pratique de l’endurance. Après la mort de Splitters Creek Bundy lors de l’Al-Reef Cup, en janvier dernier (lire ici), les yeux sont braqués sur la fédération émiratie, qui semble ne reculer devant rien. Aujourd’hui, le pays du Golfe est ainsi accusé d’avoir créé de toutes pièces douze courses ces derniers mois, afin de permettre la qualification de cavaliers pour la President Cup, la course hivernale la mieux dotée du Moyen-Orient.
Tout a commencé vendredi dernier, lorsque le quotidien britannique The Daily Telegraph relève des résultats en tout point identiques sur plusieurs courses ayant eu notamment lieu à Dubaï et Abu Dhabi. En effet, les résultats enregistrés par la fédération émiratie sur la base de données de la Fédération équestre internationale sont les exactes copies de temps enregistrés sur des courses ayant réellement eu lieu. C’est ainsi que les quarante-sept partants du CEI 1* 80 km d’Abu Dhabi, censé avoir eu lieu le 23 décembre dernier, affichent exactement les mêmes chronomètres que les cavaliers occupant les places dix à cinquante-six à l’arrivée du CEI 1* 80 km de Bou Thib, qui, lui, s’est effectivement couru les 21 et 22 novembre dernier (voir document ci-dessous).
Douze courses sous les soupçons
En plus du fait qu’il est absolument improbable que des pilotes obtiennent les mêmes temps sur deux courses différentes tant les facteurs sont nombreux à entrer en ligne de compte (terrain, météo, forme du cheval, expérience du cavalier, etc.), les courses soupçonnées d’avoir été fabriquées sont également celles desquelles aucune photo n’existe, qui ont été ajoutées tardivement au calendrier de la FEI et dans lesquelles seuls des cavaliers émiratis et indiens ont participé. Toutes les courses auraient également été sous le contrôle des mêmes officiels.
Au total, ce ne sont pas moins de douze courses qui sont soupçonnées d’être factices, dont onze de 80 km et une de 120 km (la CEI 2* de Dubaï du 21 janvier dernier). Si ces soupçons étaient avérés, la fédération émiratie se verrait reprocher l’enregistrement de faux résultats mais également le non-respect du bien-être des chevaux engagés, puisque ceux-ci auraient alors dû courir des courses aux distances bien supérieures à celles auxquelles ils étaient préparés.
Alors que la FEI a déjà demandé une enquête en urgence sur le problème du bien-être du cheval ainsi que le non-respect des règles de la FEI aux Émirats arabes unis (lire ici), la plus haute instance équestre a demandé une nouvelle enquête sur ces courses fantômes et sur l’établissement de faux résultats. Elle a été confiée au Quest, un organe britannique dirigé par Lord Stevens.
Pourtant, la FEI avait déjà durci ses règles afin d’assurer le bien-être des chevaux durant les courses ainsi que la bonne pratique de l’endurance à travers le monde (lire ici). Mais les choses n’ont pas changé aux Émirats arabes unis, où l’endurance s’accompagne de réels enjeux politiques et économiques. Toujours est-il que le monde semble désormais avoir pris conscience de ce qui s’y passe… Cela pourrait avoir un impact sur l’organisation des prochains championnats du monde, qui devraient avoir lieu à Dubaï, en décembre 2016.
Johanna Zilberstein

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