ABDELKEBIR ET QUICKLY, DE LA FOUGUE ET DE L’AUDACE POUR UNE VICTOIRE À DOHA

Abdelkebir Ouaddar et Quickly de Kreisler ont fait une démonstration lors du barrage s'octroyant ainsi la victoire dan l'épreuve phare de la journée au CSI 5* de Doha. Crédit CHI Al Shaqab 2015

Vendredi 06 mars - 16h43 | Johanna Zilberstein

ABDELKEBIR ET QUICKLY, DE LA FOUGUE ET DE L’AUDACE POUR UNE VICTOIRE À DOHA

Ce soir se tenait dans l’impressionnante arène d’Al Shaqab l’épreuve majeure du la journée dans le cadre du CSI 5* de Doha. Le premier tour a eu un dénouement étrange où le barrage a pris des allures de seconde manche avec plus de la moitié des concurrents qualifiés pour le barrage. Les couples ont donc dû batailler et trouver des trous de souris afin d’être toujours plus rapide que le précédent. Une nouvelle fois, Abdelkebir Ouaddar et Quickly de Kreisker ont semblé venir d’une autre planète bravant toutes les difficultés avec aisance, prenant des risques incroyables sans effleurer une barre et s’adjugeant ainsi la victoire.

Quarante trois couples se sont départagés sur le parcours monté par le chef de piste allemand Frank Rothenberger. Ce dernier a d’ailleurs dû se faire du soucis en voyant un à un les cavaliers surmonter les seize efforts sans peine jusqu'à atteindre les vingt-trois barragistes. Le triple situé en numéro six, vertical, une foulée, oxer, deux foulées, vertical n’a pas posé beaucoup de problème. Idem pour l’avant dernière ligne composée du double numéro neuf puis d’un oxer auquel succédait un vertical gris clair appelant à la faute. Cette dernière semblait pourtant compliquée à première vue mais peu sont ceux à s’y être laissés piéger.

La loi du sport a encore frappé et rappelé qu’il ne suffit pas d’être performant un jour pour gagner à chaque fois. Certains couples expérimentés ne sont pas parvenus à trouver la clé du parcours à l’image du champion olympique en titre suisse Steve Guerdat en selle sur Nasa, fautif sur les deux derniers éléments du triple, ou encore du Belge Gregory Wathelet porté par Oh d’Eole, poussant à terre l’entrée du triple et l’oxer numéro dix.

Côté tricolore la déception a également été grande. Aucun des trois représentants français ne s’est qualifié pour l’épreuve de vitesse. Kevin Staut a été victime d’une faute d’Estoy Aqui de Muze*HDC sur le vertical numéro un. Le reste du parcours a ensuite semblé être une simple formalité. Simon Delestre lui a eu affaire à une Csarina de Fuyssieux des moins coopératives. Après une première dérobade hier dans l’épreuve de vitesse cotée à 1,50m, la fille de Casario II a réitéré la mauvaise expérience et ce à deux reprises entrainant leur élimination. Enfin, Roger-Yves Bost n’a pu éviter deux fautes de Qoud’Coeur de la Loge sur l’entrée du triple puis sur le vertical numéro onze.

Des risques, toujours plus de risques

Avant de s’élancer dans le barrage, les athlètes le savaient, il allait falloir se battre durement afin de décrocher le Graal car on assistait là à un combat entre certains des meilleurs et des plus rapides cavaliers du monde. Neuf efforts étaient demandés aux chevaux auxquels s’ajoutaient des virages serrés et une longue galopade entre les deux derniers.

Premier à ouvrir le bal du barrage, le jeune Belge Olivier Phillipaerts associé à Cabrio van de Heffinck a renversé l’oxer numéro sept du parcours initial désormais en sixième position. Son chronomètre de 47’84 a néanmoins fixé le premier temps de référence. Denis Lynch lui succède accompagné de son époustouflant All Star 5 mais l’Irlandais ouvre trop son fils d’Argentinus avant l’ancien triple transformé en double. Les deux barres s’affaissent et la victoire s’envole. Le cavalier abaisse néanmoins le chronomètre à 43’53 donnant de nouvelles indications aux cavaliers sur le tracé à suivre. Troisième partant, Ali Bin Khalid Al Thani sur Vienna Olympic semble motivé à satisfaire son public. Les tribunes clairsemées mais enthousiastes y croient jusqu’au dernier qui tombe. Le temps s’arrête sur 44’96 projetant pour l’instant le Qatari à la première place. Mais son espoir de victoire ne sera que de courte durée puisqu’il croise sous le porche d’entrée celui qui va le détrôner. Michael Whitaker aidé d’Amai se lance à vive allure vers la victoire et ce avec brio. Le Britannique franchi la ligne d’arrivée en 42’87 sans effleurer une barre. Voilà le nouveau vainqueur. L’expérimenté champion ne tremble pas puisqu’aucun des cavaliers sortant de piste ne parvient à l’égaler, pas même Ludger Beerbaum ou Constant van Paesschen. Le Qatari Khalid Mohammed A S Al Emadi avec son agile Tamira IV inquiète le couple à la première place fictive mais termine finalement avec près d’une seconde de retard.

Mais voilà, la messe n’est pas encore dite puisqu’apparaissent sous les projecteurs Abdelkebir Ouaddar et Quickly de Kreisker et à ce jeu, ils sont souvent les meilleurs. Une fois n’est pas coutume, le couple enflamme les spectateurs s’initiant à une option pas encore tentée consistant à couper devant un lac artificiel entre le triple devenu double et l’oxer d’après. Alors que cela semblait difficile, le Marocain et son fils de Diamant de Semilly réalisent cette action avec une facilité déconcertante. Une dernière galopade jusqu’à l’ultime obstacle et le tableau affiche 39’70. Nouveaux meneurs de jeu. Daniel Deusser prend place mais ne parvient pas à talonner le leader. Cornet d’Amour et l’Allemand parviennent à arrêter le temps sur 41’36. Il faut ensuite attendre le barrage de Scott Brash pour voir le top 3 changer. Accompagné de son fidèle Hello Sanctos, le numéro un mondial britannique s’intercale entre les deux premiers grâce à un chronomètre de 41’21.

Encore une fois, Abdelkebir et Quickly ont fait preuve d’audace et se sont envolés vers la plus haute marche du podium, pour le plus grand plaisir de ses supporters.

Les résultats ici.

La réaction d'Abdelkebir Ouaddar ici.

À Doha, Marie de Pellegars-Malhortie

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