'JE PENSE PARTIR SUR UNE FORMULE AVEC DEUX CHEVAUX POUR LAS VEGAS', KEVIN STAUT

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Samedi 07 mars - 11h58 | Johanna Zilberstein

'JE PENSE PARTIR SUR UNE FORMULE AVEC DEUX CHEVAUX POUR LAS VEGAS', KEVIN STAUT

Classé dans la plupart des épreuves Coupe du monde auquel il a participé cette année, Kevin Staut semble en forme et prêt à prendre sa revanche sur l’échec de la finale du circuit l’an passé à Lyon. Doté d’un incroyable piquet de chevaux pour le plus beau sport, le Normand fera sans doute le choix de se rendre à Las Vegas avec deux chevaux afin d’optimiser ses chances. Entre deux épreuves au CSI 5* de Doha, le déterminé athlète a livré à GrandPrix-Replay ses objectifs ainsi que ses plans à plus ou moins long terme.

GrandPrix-Replay: Vous avez réalisé une très belle saison Coupe du monde, quels sont vos plans pour la finale à Las Vegas ?

Kevin Staut : Les plans pour la finale sont remaniés sans arrêt. L’idée de départ était de se qualifier assez tôt pour laisser Rêveur de Hurtebise*HDC se reposer afin de l’emmener à la finale. Depuis, n’étant jamais allé à Las Vegas, j’ai recueilli des informations et par rapport à la taille de la piste je ne suis pas certain que ce choix soit le bon. De plus Silvana*HDC est revenue à la compétition et ce au meilleur de sa forme donc je pense partir sur une formule avec deux chevaux. Silvana courrait le premier et le deuxième jour alors qu’Estoy Aqui de Muze*HDC s’élancerait dans la finale. Estoy est très bien sur la fraicheur et cela ne la dérange pas de sauter directement deux gros parcours. La décision finale sera prise au cours de la semaine prochaine selon notamment une vérification du règlement pour s’assurer qu’un cheval puisse entrer directement en finale sans avoir participé à une autre épreuve avant. Pour l’instant cette option semble la meilleure.

GPR : Quels sont vos objectifs pour la finale de la Coupe du monde à Las Vegas ?

K.S : Les objectifs sont d’essayer de régler les problèmes que j’ai rencontrés les années précédentes. Silvana a fait, à chaque fois, un très bon début de championnat et puis, en raison de sa générosité et désormais de son âge, le troisième jour était toujours un peu difficile. Le fait de pouvoir l’épauler d’un autre cheval pour la finale s’avèrera sans doute être un très bon complément. Estoy est une jument qui a maintenant de l’expérience et même si les petits terrains ne sont pas réellement là où elle se comporte le mieux, elle est assez polyvalente et sa fraicheur est un avantage. Si elle est du voyage à Las Vegas, elle aura du temps pour se reposer après Doha. Après six finales de la Coupe du monde, ce sera la première fois que j’y emmène deux chevaux. Je n’avais pas fait ce choix avant car Silvana était toujours en forme, il y a deux ans elle a terminé troisième mais l’année dernière elle a montré des signes de fatigues sur la dernière manche. Elle est très généreuse et a sa place dans d’autres très beaux Grands Prix au cours de la saison. Je ne voudrais pas sacrifier le reste de l’année pour la finale. Autant profiter de cette formule qui nous permet d’emmener deux chevaux.

GPR : Quel est donc la suite du programme pour votre cheval des Jeux équestres mondiaux, Rêveur de Hurtebise*HDC ?

K.S : Rêveur ira à ‘s-Hertogenbosch la semaine prochaine car c’était initialement prévu puis ensuite nous irons au CSIO 5* de Lummen fin avril avril afin de préparer au mieux le CSIO 5* de La Baule en mai. Après discussion avec Philippe Guerdat et les propriétaires bien entendu, Rêveur sera plutôt consacré au circuit extérieur, aux Coupes des nations et aux grands championnats.

GPR : Qurack de Falaise*HDC et Ayade de Septon*HDC ont réalisé de très belles performances sur le circuit Coupe du monde alors qu'on ne les attendait pas si tôt à ce niveau. Comment jugez-vous leur évolution ? Quel est leur programme désormais ?

K.S : Je pense qu’Ayade va être réellement polyvalente. Elle est très généreuse et me fait souvent penser à Silvana. Elle a énormément de facilité technique dont une élasticité et une possibilité de se déployer rares. Elle va continuer sa progression avec pourquoi pas une participation ou deux en Coupes des nations cette année si le sélectionneur nous le permet. Qurack, quant à lui, est un cheval formidable qui a besoin de s’endurcir dans le haut niveau. Étant donné qu’il n’est pas très rapide je pense plutôt l’orienter également vers le circuit des Coupes des nations ou vers celui du Global Champions Tour où le Grand Prix se courre en deux manches avec un barrage ce qui permet de faire le tri.

GPR : Depuis deux ans vous ne pouviez compter que sur un ou deux chevaux pour le plus haut niveau mais cette année vous disposez d’un piquet de chevaux qui va vous permettre de courir sur presque tous les terrains. Cela vous permet-il d’aborder la saison de manière plus sereine ?

K.S : Oui bien sûr ! Cela fait deux ans que nous essayons de préparer la relève avec des jeunes chevaux comme Ayade, Quismy des Vaux*HDC ou For Joy Van’t Zorgvliet*HDC. L’an passé certains chevaux ont été blessés ce qui a amoindri cette disponibilité de tous les chevaux. Cette année je vais avoir la possibilité d’envisager tous les circuits tout en préparant un cheval pour les championnats d’Europe et en gardant en ligne de mire les Jeux olympiques qui sont encore loin, mais qui vont arriver très rapidement.

GPR : À ce point de la saison, avez-vous une idée du cheval que vous emmènerez aux championnats d’Europe d’Aix-la-Chapelle cet été ? Et aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro en 2016 ?

K.S : Pour l’instant dans mon fort intérieur, mais ce ne sont que des suppositions, j’aimerais emmener Estoy Aqui aux championnats d’Europe car c’est un terrain qui lui convient très bien. Elle y a déjà sauté la Coupes des nations et le Grand Prix. Le terrain du stade de la Soers est un terrain très particulier et vraiment différent des Jeux olympiques qui seront sur sable.

Concernant les Jeux olympiques, qui ont un format vraiment particulier, je pense que le choix se fera entre Rêveur et Ayade.

GPR : Il y a un an vous souffriez d’importants problèmes de dos, où en êtes-vous aujourd’hui ?

K.S : C’est canalisé, j’ai pris conscience que j’avais ces problèmes là. Cela fait deux ans qu’ils sont apparus et ça a mis un an à miner ma santé mais surtout mon moral. Grâce à une très bonne kiné venant des États-Unis et à de la rigueur sur les exercices, j’arrive à gérer. C’est une nouvelle hygiène de vie comprenant des exercices matin et soir qui sont parfois encombrants avec les déplacements mais que j’arrive maintenant à réaliser dans la plupart des situations. Tout ça est parfaitement dans la lignée de ce que le cavalier d’aujourd’hui et surtout de demain devra être, un véritable athlète.

Propos recueillis par Marie de Pellegars-Malhortie

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