'J’AI RESSENTI CHAQUE INSTANT COMME LE DERNIER', NICOLAS ANDRÉANI

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Jeudi 26 février - 15h41 | Johanna Zilberstein

'J’AI RESSENTI CHAQUE INSTANT COMME LE DERNIER', NICOLAS ANDRÉANI

Nicolas Andréani a achevé sa carrière sportive samedi dernier en remportant pour la troisième fois la Coupe du monde de voltige. Pour GrandPrix-Replay, il revient sur cette dernière compétition et sur ses projets à venir.
 
GrandPrix-Replay : Dans quel état d’esprit êtes-vous arrivé à Graz, pour la finale de la Coupe du monde ?
Nicolas Andréani : Je suis arrivé en Autriche avec le sentiment que je me rapprochais de plus en plus de la fin. Nous sommes partis en camion tous les trois avec Marina (Joosten Dupon, la longeuse de Nicolas, ndlr) et Just a Kiss, ce qui nous a encore plus rapprochés, si c’est encore possible. Le Warm up, qui donne l’ordre de départ pour le lendemain, s’est plus que bien passé : je suis arrivé quatre dixièmes devant Thomas Brüsewitz. J’ai donc pu entrer en piste pour la première manche très confiant.
 
GPR : Comment s’est passée la compétition ?
N.A : Je me suis un peu tendu avant le premier Libre. J’ai ressenti chaque instant comme le dernier. Just était un peu chaud sur le cercle. Marina a pu le recadrer, mais certaines figures n’ont pas été aussi déliées que d’habitude. J’ai fini deuxième au classement provisoire. Le lendemain, je me sentais plus serein. J’ai enlevé une difficulté de mon programme et j’ai essayé d’exprimer parfaitement mon thème. J’ai ressenti une formidable osmose entre la musique, le cheval, et Marina. Je ressentais, sur chaque impulsion du cheval, le tempo de la musique. C’était magnifique à vivre ! À la fin, je savais qu’il me restait une mesure avant ma sortie. J’ai fait un petit salut au public, pour marquer le coup.  J’étais aux anges : je n’aurais pas pu faire mieux.
 
GPR : Vous concourez à Doha la semaine prochaine ? Avec qui ?
N.A : J’y serai avec une jument allemande, Fabiola W, sur laquelle Patric Looser (champion du monde aux JEM de Lexington, en 2010, et champion d’Europe au Mans, en 2012, ndlr) a gagné l’an dernier. Je suis très content d’avoir été invité là-bas et que cette région commence à organiser des échéances de cette ampleur. Professionnellement, pourquoi ne pas en tirer quelques contacts, et introduire Noroc (le spectacle de Jacques Ferrari auquel il participe, ndlr) pour un prochain show ?
 
GPR : Justement, comment avance le projet Noroc ?
N.A : De grands salons nous ouvrent les bras, comme Équita’Lyon, et nous espérons retourner à la Nuit du cheval, à Villepinte. Nous avons plusieurs autres contrats, comme avec l’hippodrome de Vincennes : nous y serons peut-être présents pour le Prix d’Amérique, en janvier. Nous programmons plutôt des dates en hiver, car de mars à août, c’est la saison de compétition et les chevaux ne peuvent pas tout faire.
 
GPR : Comment ressentez-vous cette fin de carrière ?
N.A : Je me sens soulagé. J’ai le cœur bien rempli de joie et d’émotion. J’ai reçu des messages de tant de personnes en si peu de temps cette semaine ! J’ai pris conscience du chemin qu’on a parcouru avec Marina depuis toutes ces années. Nous avons été plus qu’une étoile filante : après vingt-cinq ans de voltige, plusieurs générations nous ont suivis. Lors de la Marseillaise, j’ai ressenti à la fois une libération et un pincement au cœur. Je n’étais pas déçu, il n’y a pas de quoi, mais c’était la dernière. C’est une page qui se tourne sur la plus belle des marches.
 
GPR : Quelle suite pour Just a Kiss ?
N.A : Il a dix-huit ans, Marina l’a eu lorsqu’il en avait cinq. Je l’avais monté à l’époque, en équipe et en individuel. Nos retrouvailles en 2012, presque dix ans après, ont été idéales, puisque nous avons été champions du monde. Nous finissons ensemble à la Coupe du monde.  Il termine sa carrière en beauté, comme il le mérite. Chapeau monsieur ! Il va très bien, c’est pourquoi il va peut-être achever la saison avec un jeune du club hippique de Meaux, Dorian Terrier. Puis il prendra sa retraite après les championnats de France.
 
GPR : Avez-vous d’autres projets ?
N.A : Professionnellement, j’essaie de développer la voltige dans le plus grand nombre de clubs, par le biais du coaching. Je travaille avec l’Écosse, les Pays-Bas, la Hongrie, bientôt le Canada, et j’espère aussi le Maroc. J’aimerais amener mon savoir là où la voltige n’est pas au meilleur niveau, en France comme à l’étranger. J’essaie d’enseigner ma passion. J’arrête la compétition mais pas la voltige.
Propos recueillis par Léa Dall’Aglio

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