MANUEL BANDEIRA, LA NOMINATION QUI SENT LE SOUFFRE

Manuel Bandeira de Mello, la nomination de la discorde pour l'endurance. Photo Hugues Siegenthaler/FEI

Dimanche 14 décembre - 03h22 | Sébastien Roullier

MANUEL BANDEIRA, LA NOMINATION QUI SENT LE SOUFFRE

La nomination de Manuel Bandeira de Mello au poste de directeur de l’endurance à la FEI, à quelques jours de l’élection du nouveau président, semble symptomatique de l’omerta qui perdure sur les dérives de plus en plus dénoncées par ailleurs. Suspendu de ses fonctions de secrétaire de la fédération portugaise pour ne pas avoir respecté une consigne de vote, il est surtout suspecté d’avoir dissimulé des cas de dopage... en endurance.

Manuel Bandeira de Mello, nouveau directeur de l’endurance à la FEI depuis le 1er décembre, est en procès avec la Fédération équestre portugaise (FEP) à la suite son licenciement de son poste de secrétaire. L’audience devant le tribunal du travail devait avoir lieu hier jeudi 11 décembre 2014, mais a été reportée au mois de février. L’homme n’avait pas respecté le mandat donné par la FEP de voter contre le changement de statut permettant à la princesse Haya de briguer un troisième mandat à la présidence de la FEI. Le 29 avril 2014 lors de l’assemblée générale extraordinaire, il avait voté pour.

Finalement, dans le climat de turbulences qui s’est fait jour autour de l’endurance et de possibles conflits d’intérêts, puisqu’elle est l’épouse du cheikh Mohammed al-Maktoum, la présidente sortante ne s’est pas représentée et son successeur sera désignée dimanche. Le secrétaire général de la FEI, son bras droit, le Belge Ingmar de Vos, est bien candidat et naturellement favori. 'Je suis très impatient d'accueillir Manuel à la FEI. J’ai travaillé avec lui pendant de nombreuses années et je suis convaincu que sa vaste expérience dans les sports équestres en tant qu'administrateur, concurrent et organisateur seront des atouts importants pour notre organisation', a-t-il précisé lors de l’annonce de la nomination du Portugais en remplacement de Ian Williams, lequel quitte le navire avec un bilan controversé. Ceci augure d’une politique dans la continuité et ne rassure pas les dénonciateurs de l’omerta qui sévit à la FEI comme l’illustrent de récentes affaires dont la plus récente et ridicule, Marmoog, où deux chevaux visiblement différents ont couru sous le même nom (lire notre article ici).

La Fédération portugaise se sent trahie

La Fédération portugaise et son président Luis Manuel Cidade Pereira de Moura ne veulent pas s’exprimer publiquement tant que l’affaire l’opposant à son ex-secrétaire n’est pas jugée, mais il est avéré qu’il a trahi le vote du Portugal. Cette affaire en a mis en lumière d’autres dont se défend Manuel Bandeira de Mello. Il est ainsi suspecté d’avoir dissimulé des contrôles antidopage positifs et même soupçonné de détournements, qui se seraient déroulés avant la présidence de Cidade Pereira de Moura.

Ce vendredi, le président de la FEP s’envole pour Bakou où a lieu dimanche l’élection du nouveau président de la FEI. Alors que les jeux semblent faits avec la candidature pourtant contestée d’un secrétaire général toujours en poste – et qui entend le rester après son élection! – et celle du Britannique John McEwen qui dit faire alliance avec Ingmar de Vos pour le maintenir à son poste, les chevaliers blancs tournent leurs espoirs vers le Français Pierre Durand et le Suisse Pierre Genecand. La Fédération suisse est d’ailleurs montée une nouvelle fois au créneau publiquement il y a quelques jours, à propos de l’affaire Marmoog dans un communiqué conjoint avec la Fédération néerlandaise (lire ici). Citons également la candidature du Danois Ulf Helgstrand.

Et si dimanche, une divine surprise accouchait de cette colère portugaise, et que des pays habituellement inféodés à des pratiques peu transparentes, lassés de ces errements successifs, suivaient un panache immaculé? Tant que l’élection n’est pas faite, il est toujours permis de rêver...

Pierre Jambou

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