MARTIN FUCHS ÉCRIT LE FUTUR AU PARC DES EXPOSITIONS

Martin Fuchs et PSG Future ont remporté la plus grande victoire de leur carrière, cet après-midi à Villepinte. Photo Thomas Condom

Vendredi 12 décembre - 11h25 | Sébastien Roullier

MARTIN FUCHS ÉCRIT LE FUTUR AU PARC DES EXPOSITIONS

Martin Fuchs s’est adjugé le Grand Prix du Gucci Paris Masters, cet après-midi au Parc des expositions de Paris-Nord Villepinte. Parti en début de barrage, le jeune Suisse a lancé à ses adversaires un défi qu’aucun n’a été en mesure de relever. Ludger Beerbaum et Constant van Paesschen ont complété le podium de ce beau Grand Prix.

La belle et chic tournée des Masters Grand Slam Indoor aime décidément mettre en avant la jeunesse triomphante, donnant ainsi plus de corps au renouvellement des générations, que l’on sent en marche depuis une bonne année. Après le surprenant succès de Jos Verlooy et Domino dans le Grand Prix du premier Los Angeles Masters, en septembre dernier, l’étape parisienne du circuit fondé par Christophe Ameeuw a consacré Martin Fuchs, vingt-deux ans. Certes il ne s’agit pas de sa première victoire internationale – il en compte plus de soixante enregistrées à la FEI. Et certes il ne s’agit pas de son premier Grand Prix CSI 5* – il en avait remporté un avec son ancien crack Principal 12, en novembre 2012 à Vienne. Mais le jeune Suisse a bel et bien signé la plus grande victoire de sa carrière, cet après-midi à Villepinte.

Associé à PSG Future, un hongre Holsteiner de dix ans par Cash and Carry et une mère par Lorentin I, qu’il avait un temps rendu à son propriétaire, Peter Schildknecht, en raison d’un désaccord sur ses objectifs sportifs, ce garçon de bonne famille, fils de Thomas et Renate, et neveu de Markus Fuchs, porte sur ses frêles épaules l’avenir de tout un clan. Un futur radieux qu’il a commencé à écrire depuis quelques années déjà avec un palmarès hallucinant en Junior et Jeune Cavalier. Une route vers le firmament qui est passée par Villepinte, où sa joie lors du tour d’honneur en a dit long sur la portée de son exploit.

Philippe Rozier, meilleur Français !

Deux heures trente plus tôt, les premiers concurrents se sont élancés à l’assaut d’un Grand Prix à dix-sept efforts (comme Saint-Tropez et Genève) signé Luc Musette, le Belge qui ne cesse de grimper dans la hiérarchie des chefs de piste. Il a fallu attendre le douzième concurrent, et quatrième Français, Philippe Rozier, pour assister au premier sans-faute. Avant lui, Marie Hécart a laissé douze points sur la piste avec Myself de Brève, Frédéric Busquet huit avec Plume de la Roque, la jument née chez Michel Hécart, et Anne-Sophie Godart cinq avec Carlitto van't Zorgvliet, tandis que Julien Épaillard est passé tout près d’un chouette sans-faute avec Cristallo A*LM, tout juste piégé par un vertical six relativement anodin. Après lui, on a assisté à la même faute de Jérôme Hurel et Ohm de Ponthual, très en forme également. Après trois sursis, Roger-Yves Bost a dû s’avouer vaincu pour une demi-seconde de temps dépassé avec Qoud’Cœur de la Loge, le champion de Lyon. Deux fautes, mais une bonne impression tout de même pour Qlassic Bois Margot, sous la selle de Simon Delestre, qu’on retrouvera à Genève la semaine prochaine. En revanche, Pénélope Leprevost et Kevin Staut, eux, ont bel et bien intégré le lot de treize barragistes de ce beau Grand Prix.

Ouvreur de cette finale, Philippe Rozier assure son double sans-faute avec Rahotep de Toscane, une bonne tactique qui lui offrira la sixième place. Ayant eu à peine le temps de voir le Français à l’œuvre, Martin Fuchs entame son barrage plein d’envie. Après une première ligne en neuf foulées, il suit un excellent virage, puis une très bonne deuxième ligne et un bon second virage. Le passage du double n’est qu’une formalité et la dernière ligne avalée sans freiner. En 34’’58, plus qu’un temps de référence, il pose à ses adversaires un problème de mathématiques presque insoluble.

 

Kevin Staut pas si loin de conserver son titre

 

Lauren Hough et sa fabuleuse mobylette Ohlala sont tout prêt de le résoudre, mais faute d’avoir pu reprendre la fille de Cardento dans la dernière ligne, l’Américaine fauche la dernière barre pour une neuvième place plus que méritée. Constant van Paesschen empoigne Citizenguard Toscan de Sainte Hermelle aussi fort qu’au premier tour. Ne parvenant pas à trouver les meilleurs contrats de foulées, il s’avoue vaincu pour deux dixièmes, mais terminera à une méritoire troisième place. Comme souvent, Abdelkebir Ouaddar est le plus époustouflant. Le Marocain fait preuve d’un panache incroyable, tandis que M. Quickly de Kreisker parvient à retirer une foulée dans ses les trois premiers contrats de ce barrage. Hélas, une petite incompréhension sur le vertical seize consécutif à un virage en épingle compliqué prive les deux complices de victoire. Ils termineront quand même septièmes. Dans la foulée, l’Australienne Edwina Tops Alexander assure le double sans-faute et la cinquième place avec Fair Light van’t Heike, une fille de Vigo d’Arsouilles. Une nouvelle star à n’en pas douter.  Contraints de tout tenter, les concurrents suivants vont enchaîner les fautes : la sortie du double pour Grégory Wathelet et Conrad de Hus, huitièmes, l’entrée pour Daniel Deusser et Cornet d’Amour, dixièmes, et l’oxer quatorze, deuxième difficulté de ce barrage, pour Pénélope Leprevost et Nice Stephanie, onzièmes.

Ludger Beerbaum est bien décidé à relever le défi suisse. Montant un Zinedine fringant, mais très dissipé, l’Allemand perd un poil de temps avec deux demi-ruades et ne trouve pas la meilleure distance dans la dernière ligne. À l’arrivée, il s’incline pour neuf centièmes! Le vertical dix est fatal à Scott Brash et Hello Sanctos, treizièmes. Pas de bol pour Kevin Staut, le tenant du titre, battu sur la sortie du double avec Rêveur de Hurtebise*HDC. Douzième, il n’est vraiment pas passé loin de conserver son trophée. Steve Guerdat, le mentor de Martin Fuchs, trouve les bonnes distances avec Albführen Paille de la Roque, mais son double sans-faute ne lui offre 'que' la quatrième place. Rien ni personne n’a donc pu enrayer la marche en avant de cette jeunesse triomphante dont ce sport avait tant besoin.

À Villepinte, Sébastien Roullier

 

Les résultats

Les résultats du Grand Prix ici

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