'C'EST CURIEUX D'ORGANISER UNE FINALE DE COUPE DU MONDE SUR UNE TELLE PISTE', PHILIPPE GUERDAT

Philippe Guerdat, ici à Lyon, espère pouvoir conduire trois Français à Las Vegas, mais veillera avant tout à préserver l'intégrité physique des chevaux. Photo Scoopdyga

Jeudi 13 novembre - 16h26 | virginie_gr

'C'EST CURIEUX D'ORGANISER UNE FINALE DE COUPE DU MONDE SUR UNE TELLE PISTE', PHILIPPE GUERDAT

Après quatre étapes disputées dans la Ligue d’Europe de l’Ouest de la Coupe du monde, Philippe Guerdat a accepté de dresser un premier bilan des performances françaises pour GrandPrix-Replay.com. Avec deux cavaliers en bonne voie de qualification et d'autres qui doivent encore faire leurs preuves, le sélectionneur national ne se prononce pas catégoriquement, mais espère tout de même pouvoir conduire trois Tricolores à Las Vegas, où la finale se déroulera sur une piste qu'il estime très difficile par sa taille hors du commun.

 

GrandPrix-Replay.com : Après quatre étapes, quel bilan tirez-vous des résultats des Tricolores en Coupe du monde?

Philippe Guerdat : Il est encore tôt pour faire un bilan. Je trouve dommage que Patrice Delaveau et Carinjo 9*HDC n’aient pas pris suffisamment de points alors qu'ils en ont besoin (treizièmes à Lyon et douzièmes à Vérone, ndlr). Kevin Staut, lui, est sur le bon chemin (trente points sur les quarante nécessaires, ndlr). Pour Pénélope Leprevost, il faut encore attendre avant de dire quoi que ce soit. Vagabond de la Pomme a besoin de s'endurcir. En ce qui concerne Bosty, Vérone était encore un peu tôt pour Quaoukoura du Ty. Vérone n'a pas été une très bonne étape pour les Français, mais ce n'est pas bien grave.

 

GPR. : Roger-Yves Bost est à mi-chemin de la finale. Sa victoire à Lyon vous a-t-elle surpris?

P.G. : À Saint-Lô, il avait déjà réussi un superbe barrage. Il le dit lui-même, le plus compliqué pour lui est d'accéder au barrage. Ensuite, il peut prendre tous les risques avec Qoud’Cœur de la Loge. Nous avions quatre Tricolores au barrage à Lyon, et c'est lui qui est passé!

 

GPR. : Combien de finalistes espérez-vous?

P.G. : J'aimerais bien en compter trois, mais beaucoup de paramètres sont à prendre en compte.

 

GPR. : Le fait que la finale ait lieu à Las Vegas sur une petite piste change-t-il quelque chose ?

P.G. : Je connais la très bien, cette piste. Elle est vraiment minuscule, nous n'avons pas ça en EuropeJe trouve d'ailleurs curieux d’organiser cette finale sur une telle piste. Nous allons bien faire attention à ne pas abîmer nos chevaux là-bas. Par exemple, si Roger-Yves Bost est qualifié, je ne pense pas que ce soit une piste pour Qoud’Cœur de la Loge, il faudrait voir avec ses autres chevaux s'il en a un de prêt. 

 

GPR. : Quelle stratégie allez-vous mettre pour les prochaines étapes ?

P.G. : Je n'ai pas spécialement de stratégie. Avoir trois cavaliers dans le top dix du classement mondial (le classement d’août est pris en compte par la FEI, ndlr) ne m'arrange pas énormément, car la France ne compte pas assez de cavaliers classés entre la onzième et soixantième places (pour simplifier, les trois nations comptant le plus de cavaliers classés dans cette fourchette ont droit à une place supplémentaire dans chaque CSI 5*-W d’Europe de l’Ouest. Ainsi, si Kevin Staut, Patrice Delaveau ou Pénélope Leprevost se retrouvait entre la onzième et la vingt-cinquième places au classement de décembre, il permettrait à la France d'obtenir un ticket supplémentaire, soit cinq au lieu de quatre actuellement, ndlr). Cela m'arrangerait donc que l’un d’eux se retrouve à la porte du top dix!

 

GPR. : Certains cavaliers vont-ils traverser l’Atlantique en début d’année pour concourir à Wellington ?

P.G. : Hormis Marie Hécart, qui y va tous les ans, aucun autre cavalier n'a prévu de s'y rendre.

 

GPR. : Comptez-vous redonner sa chance à Alexandre Fontanelle ? Ou à d’autres jeunes ?

P.G. : Je pense qu'Alexandre va se rendre à Madrid. Pour les autres cavaliers, ce ne serait pas leur rendre service que de les envoyer directement dans des CSI 5*-W. La fin de saison pour eux est moins riche en compétition, il n'y a aucun intérêt à les lancer dans un 5* juste pour qu'ils en disputent un cet hiver. Je préfère attendre la saison prochaine.

 

GPR. : Il reste quatre étapes d’ici la fin de l’année. Vos sélections sont-elles actées ?

P.G. : À Stuttgart, iront Roger-Yves Bost, Patrice Delaveau, Simon Delestre, Julien Épaillard, Pénélope Leprevost et Kevin Staut. À Madrid, normalement, on retrouvera Patrice Delaveau, Jérôme Hurel, Kevin Staut et peut-être Alexandre Fontanelle. À Londres, il y aura sûrement Simon Delestre, Pénélope Leprevost et Kevin Staut, plus un autre qui n'est pas encore déterminé. Pour Malines, je n'ai encore rien décidé. Plusieurs paramètres entrent en ligne de compte. Dès demain, nous partons à Doha pour la dernière étape du Global Champions Tour. Nous réfléchirons ensuite.

 

Propos recueillis par Daphné Godfroy

 

Le classement de la Ligue d’Europe de l’Ouest de la Coupe du monde

Le calendrier de la Ligue d’Europe de l’Ouest de la Coupe du monde

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