LE SOURIRE D’OLIVIER ROBERT ILLUMINE EL JADIDA

Olivier Robert et Quenelle du Py ont épaté de public d’El Jadida cet après-midi. Photo R&B Presse

Mardi 28 octobre - 19h20 | Daphné G

LE SOURIRE D’OLIVIER ROBERT ILLUMINE EL JADIDA

Olivier Robert a magnifiquement remporté le Grand Prix du CSI 3*-W d’El Jadida, troisième étape de la Ligue Arabe de la Coupe du monde, ainsi que du Morocco Royal Tour. En selle sur sa protégée, Quenelle du Py, le Girondin a signé un brillant double sans-faute et devancé au chronomètre l’Italien Emanuele Gaudiano sur Admara 2 et le Belge Dominique Hendrickx sur Cayen van het Hobos. Le Marocain Abdelkebir Ouaddar a conservé sa couronne dans le challenge MRT.

 

Plusieurs milliers de spectateurs, aussi spontanés qu’enthousiastes, quelques cavaliers rompus aux plus beaux Grands Prix, d’autres moins expérimentés et avides de reconnaissance, notamment les nombreux Marocains évoluant à domicile, un sol d’excellente qualité et des parcours dessinés par le meilleur chef de piste au monde, l’Italien Uliano Vezzani. Tels ont été les ingrédients du très bon Grand Prix Coupe du monde qui a conclu les trois semaines de concours du Morocco Royal Tour, cet après-midi à El Jadida, sur la côte atlantique. Après deux premières étapes disputées en extérieur, les couples en ont décousu en indoor, sur une piste plus réduite, installée au centre d’un hippodrome et abritée par un grand chapiteau dressé spécialement pour ce Salon du cheval particulièrement fréquenté.

Trente-huit paires se sont élancées à l’assaut d’un premier tour très délicat, mais jamais cassant – la marque de fabrique du Maestro italien. Le premier Français, Philippe Rozier, a écopé de douze points, Quel Chanu fléchissant sur la sortie du triple, puis sur deux des trois derniers obstacles après un très bon début de tour. 'Pas de problème. Au bout de trois semaines de concours, c’est logique. Le cheval a très bien sauté durant cette tournée', a réagi le cavalier et sélectionneur national marocain, que l’on retrouvera le week-end prochain à Lyon avec ses meilleurs chevaux. Quelques minutes plus tard, Nicolas Deseuzes, un autre Francilien, a concédé quatre fautes, également en fin de parcours, avec  Quinette du Fry.

Ce n’est pas passé loin, en revanche, pour Julien Gonin, Arsène Lupin 2 butant sur le dernier obstacle. Le couple s’est toutefois montré assez rapide pour s’inviter en seconde manche, où son sans-faute lui a offert une bonne sixième place. Pour Pierre Jarry, les choses se sont corsées dès le double placé le long de la tribune d’honneur. Sans doute fatigué, Sisko de Falère a renversé l’entrée avant de s’arrêter devant la sortie. Après une troisième faute, le cavalier a préféré sagement en rester là. Il a donc fallu attendre l’avant-dernier partant, Olivier Robert, pour voir le premier sans-faute tricolore. Ne rencontrant pas la moindre difficulté avec Quenelle du Py, victorieuse hier de la seconde épreuve qualificative, l’Aquitain a laissé une très belle impression.

Quickly a fléchi

Plus aisée, la seconde manche a tout de même posé quelques problèmes à certains couples, à l’image de l’Autrichien Stefan Eder, dixième avec PSG Junior, du Qatarien Bassem Hassan Mohammed, septième avec le spectaculaire Cantaro 32, et surtout des favoris du public, Abdelkebir Ouaddar et Quickly de Kreisker, piégés sur la sortie du double après avoir renversé l’entrée du double de la première manche. Bien que démonstratif, sans doute l’étalon royal est-il un peu émoussé. Il devrait se reposer quelques semaines à Bois-le-Roi avant de retrouver les CSI 5*. Sa neuvième place a toutefois permis à Kebir, lauréat à Tétouan et classé à Rabat, de conserver son trophée du MRT.

Premier sans-faute du premier tour à repartir, le Sheikh Ali ben Khalid al-Thani a réitéré avec First Devision, cheval récemment acheté au Brésilien Yuri Mansur Guerios. Belle quatrième place pour le Qatarien, en quête comme beaucoup d’autres d’une place pour la finale de Las Vegas. Comme à son habitude, l’Italien Emanuele Gaudiano a considérablement accéléré avec Admara 2, produisant une superbe galopade finale. Juste au-dessus de la barre des quarante secondes, il n’a pas volé sa deuxième place. Doubles sans faute sans forcer, le Belge Dominique Hendrickx et Cayen van het Hobos ont assuré leur troisième place.

Après le tour fautif de Bassem Hassan, Olivier Robert est revenu sur la piste. Prenant les bons risques, serrant son tracé sans prendre le risque de trop, le Girondin a surtout profité de la classe de galop de sa jument de cœur, auteure d’un superbe passage de double, pour abaisser d’un peu moins d’une seconde le temps de Gaudiano. 'Franchement, avec elle, à moins de mal monter, il ne peut rien m’arriver. Je suis incroyablement fier d’elle pour ces belles émotions qu’elle m’offre aujourd’hui', a notamment commenté le cavalier, juste après avoir pris grand soin d’elle, dans son box.

Le public retiendra le sourire communicatif et toute l’émotion de ce cavalier au grand cœur. Il retiendra aussi qu’une belle Anglo-Arabe très proche du sang a signé à El Jadida, au milieu des Pur-sang, Arabes-Barbes et Barbes de show et de Tbourida, la plus belle victoire d’une carrière qui ne fait commencer. Une bien belle révélation.

À El Jadida, Sébastien Roullier

 

Les classements

Les résultats du Grand Prix d’El Jadida ici

Le classement final du Morocco Royal Tour ici

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