JULIEN ANQUETIN A REPRIS LA COMPÉTITION

Julien Anquetin, ici avec Quanan Rouge lors du CSI 3* du Touquer en 2012. Photo Scoopdyga

Mardi 21 avril - 12h38 | Sébastien Roullier

JULIEN ANQUETIN A REPRIS LA COMPÉTITION

Au terme de sa suspension provisoire, le cavalier a pu reprendre la compétition en janvier 2015, en attendant la décision définitive du tribunal de la Fédération équestre internationale.

Depuis le 29 juillet, Julien Anquetin est suspendu de compétition par la Fédération équestre internationale, et par la Fédération française. L’information était passée totalement inaperçue dans le flot continu d’une actualité particulièrement riche dans la dernière ligne droite avant les Jeux équestres mondiaux – il faut dire que la FEI ne fait guère d’efforts pour communiquer correctement à ce sujet. Heartbeat, un cheval qu’il monte par intermittence avec l’amateur Candice Patout, a été contrôlé positif à l’oripavine, une substance interdite, et à la morphine, une substance contrôlée par la FEI, lors du CSIO 3* d’Odense, mi-mai. Clamant sa bonne foi et s’appuyant sur une étude d’un vétérinaire biologiste, le jeune Normand reste dans l’attente de la décision du tribunal de la FEI. Contacté par GrandPrix-replay.com, il livre sa version des faits.

 

'Mon cheval a été contrôlé mi-mai au Danemark, mais j’en ai seulement été informé à la fin du mois de juillet, en même temps que la FEI m’a notifié ma suspension immédiate. J’ai pris un coup sur la tête. Je suis certain de n’avoir jamais injecté quoi que ce soit à ce cheval, ni à aucun autre. Je me suis tourné vers un vétérinaire biologiste. Il est formel : ces deux substances ne sont associées dans aucun médicament ou traitement. L’oripavine (classée parmi les substances stupéfiantes, ndlr) est d’ailleurs interdite. Pour lui, ce ne peut être qu’une contamination alimentaire provenant du pavot, qui peut contenir ces deux substances. Il y en avait dans les granulés que je donnais à mes chevaux.

Dès lors, le plus simple aurait été de faire analyser les granulés. Malheureusement, ce contrôle positif m’a été notifié deux mois et demi après le concours. Nous nous sommes fait livrer en février, et il ne restait hélas plus aucun échantillon de cette livraison pouvant être testé au mois d’août. Malheureusement, le marchand d’aliments ne s’est pas montré très collaboratif…

 

« Je me retrouve sans rien »

 

Pour l’instant, je ne sais même pas combien de temps je vais être suspendu. J’ai transmis mon dossier de défense à la FEI il y a deux semaines, mais personne n’est capable de me dire quand il sera examiné. Au-delà de ma bonne foi, je pense leur avoir vraiment apporté des éléments probants. Je me suis également tourné vers la FFE, mais je n’y ai pas trouvé beaucoup de soutien. On me dit qu’on ne peut rien faire pour moi. J’ai été contrôlé dans un CSIO, je portais la veste de l’équipe de France. J’ai le sentiment que dans un cas pareil, Kevin Staut ou Patrice Delaveau seraient davantage soutenus…

Je vis une période très difficile. Je gagnais ma vie en concours. Là, je me retrouve sans rien. Certains propriétaires songent à me retirer leurs chevaux. J’espère vraiment que les choses vont bouger très vite, sinon je ne sais pas ce que je vais devenir… J’ai bon espoir, mais cela peut encore durer plusieurs mois.'

Parmi d’autres cas, le tribunal de la FEI doit encore statuer sur ceux des deux chevaux contrôlés positifs lors des Jeux équestres mondiaux FEI Alltech 2014 en Normandie : Tra Flama, le cheval d’endurance de la Sud-Africaine Gillese de Villiers, et Qalao des Mers, le cheval de concours complet de Maxime Livio, autre Français dans la tourmente.

Sébastien Roullier

(mis à jour le 21 avril 2015)

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