LA BELLE HISTOIRE EST EN MARCHE!

Patrice Deleaveau, Beezie Madden, Rolf-Göran Bengtsson et Jeroen Dubbeldam, le quarté gagnant de ces Jeux mondiaux. Photo PSV Morel

Lundi 08 septembre - 11h48 | Sébastien Roullier

LA BELLE HISTOIRE EST EN MARCHE!

La demi-finale des championnats du monde de saut d’obstacles a extirpé de la meute quatre cavaliers extraordinaires, brillants, fins, expérimentés et talentueux : un champion olympique néerlandais, Jeroen Dubbeldam, une double championne olympique américaine, Beezie Madden, un champion d’Europe Suédois, Rolf-Göran Bengtsson, et un double vice-champion du monde par équipes français, Patrice Delaveau. Tous les ingrédients d’une grande finale tournante mijotent désormais dans la marmite normande. Voici ce qu’il faut retenir d’une après-midi à grands frissons.

L’ESSENTIEL

Quoi qu’il arrive demain après-midi, dans une finale tournante aussi excitante pour le public qu’angoissante pour les cavaliers, ces Jeux équestres mondiaux ont d’ores et déjà sacré leur meilleur couple. Cocorico, il s’agit de Patrice Delaveau et Orient Express*HDC. Le Normand et son génial étalon… normand n’ont concédé qu’une barre en cinq tours, jeudi après-midi au début de la seconde manche de la finale par équipes. Une faute anodine qui n’aura donc pas privé ce couple ô combien attachant et flamboyant d’accéder à la fameuse finale à quatre. Au mérite d’un double sans-faute stratosphérique de beauté, d’engagement, de panache et de classe, Patrice et Orient ont déjà gagné ces mondiaux, et sont définitivement entrés dans la grande histoire des sports équestres. Tendu tout au long de la semaine, parce que si attendu, Patrice Delaveau a doucement commencé à fendre l’armure ce soir, avant de la refermer bien vite pour mieux rugir demain. Demain, Patrice affrontera trois adversaires qui n’ont pas davantage volé leur place, d’autant moins qu’eux aussi n’ont concédé qu’une faute, cette semaine. Pour l’imperturbable Américaine Beezie Madden et l’impeccable Cortes C, en tête avant cette demi-finale, elle est intervenue en première manche, sur l’oxer cinq. Pour le maître suédois Rolf-Göran Bengtsson, la défaillance a surgi de manière aussi franche qu’improbable sur l’oxer quatre de la seconde manche. RGB a eu le mérite de ne pas se liquéfier et de boucler sans autre avarie le parcours le plus long de sa carrière! Enfin, pour Jeroen Dubbeldam et le surprenant Zenith SFN, dix ans et seulement quelques mois d’expérience au plus haut niveau, la faute, assortie d’un point de temps, était arrivée jeudi au milieu du triple. Cet après-midi, le fameux pilote a gardé ses nerfs, tandis que son fils de Rash R et d’une mère par Fuego du Prelet a fait preuve d’une belle générosité.

S’ils ne sont plus que quatre demain, il convient de saluer leurs meilleurs poursuivants que sont l’Américain McLain Ward, cinquième à un quart de point seulement avec Rothchild, l’Allemand Daniel Deusser, sixième avec le fabuleux Cornet d’Amour, le jeune Irlandais Bertram Allen, septième avec Molly Malone V, l’Ukrainien Cassio Rivetti, superbe huitième avec Vivant, sans oublier l’Irlandais Denis Lynch et l’Allemand Marcus Ehning, qui referment le top dix avec All Star 5 et Cornado NRW.

LES BLEUS

Avec une médaille d’argent par équipes et un équipier dans la finale à quatre, l’équipe de France a plus que rempli sa mission. Sophie Dubourg, Philippe Guerdat, le reste du staff, les cavaliers et les propriétaires peuvent être fiers de leur performance collective. Les quatre 'Vestes bleues' restaient en lice aujourd’hui. Seul Patrice Delaveau est reparti en seconde manche. Premier à s’élancer, Simon Delestre a concédé trois fautes avec Qlassic Bois Margot, sur les oxers cinq et sept, puis sur le vertical douze. Même avec un double sans-faute, il n’aurait pu faire mieux que huitième. Outre la médaille par équipes, ces premiers grands championnats l’auront sûrement aguerri pour le futur. Quelques minutes plus tard, Kevin Staut a achevé ces championnats du monde avec un parcours véritablement bien monté. Toutefois, Rêveur de Hurtebise*HDC a quelque peu levé le pied, ce explique sûrement ses deux fautes de couverture sur les oxers dix et douze. Lui aussi disputait là ses premiers championnats. Première réussie également pour Pénélope Leprevost, qui méritait définitivement mieux qu’une chute après la rivière. Sa jument s’est vraisemblablement déferrée, ce qui l’a peut-être effrayée, à moins qu’il ne s’agisse de sa faute de couverture sur l’oxer précédent. Fort heureusement, plus de peur que de mal pour la cavalière comme pour la jument, qui ont fait étalage d’une grande classe et de très belles promesses en vue des championnats d’Europe d’Aix-la-Chapelle, voire des Jeux olympiques de Rio.

LES TOPS

Outre les quatre finalistes, trois des vingt-neuf couples en lice se sont plus particulièrement distingués. Après avoir fauté une fois jeudi, McLain Ward s’était vu relégué à la quatorzième place. Aujourd’hui, l’Américain a mis en œuvre tout son génie avec son fantastique Rothchild. Le couple a survolé les difficultés, sortant de piste à deux reprises avec un score vierge. Il s’en est fallu de peu pour que le duo intègre la finale à quatre. Il termine cinquième à trois dixièmes de point de Dubbeldam. La performance de Bertram Allen est, elle aussi, incontestable. Leader de la compétition après une incroyable Chasse réussie sur le dos de Molly Malone V, le jeune Irlandais n’avait pas réussi à réitérer sa performance et avait fauté une fois dans chaque manche de Coupe des nations. Aujourd’hui, le jeune prodige, froid comme un monolithe, n’a pas effleuré une barre de la journée, et un point de temps est seulement venu alourdir son compteur. Sans cette pénalité, il n’aurait gagné qu’une place et se serait hissé au sixième rang. Enfin, Abdelkebir Ouaddar et Quickly de Kreisker ont une nouvelle fois fait sensation. Comme tous les jours, les deux complices ont été acclamés par le public comme s’ils avaient porté les couleurs de la France. Cet amour, le Marocain et son fils de Diamant de Semilly l’ont rendu au centuple, délivrant un véritable spectacle. Entre ses cabrioles, le tempétueux bai a déjoué toutes les difficultés aux rênes de son cavalier. Seule une faute sur la rivière, la troisième de la semaine, est à déplorer. Ce superbe couple termine ses premiers grands championnats à une très honorable quatorzième place.

LES FLOPS

Cette demi-finale a également réservé son lot de mauvaises surprises, renvoyant au box certains favoris. Gerco Schröder, neuvième ce matin, a été le premier à faire les frais du difficile parcours de Frédéric Cottier en première manche. Porté par son puissant Glock’s London, le Néerlandais n’a pu éviter trois fautes, ce qui n’est pas sans rappeler son naufrage des championnats d’Europe de Madrid, il y a trois ans. Ayant fait le choix de ne pas repartir en seconde manche, le couple a fini vingt-quatrième.

Même refrain pour Rodrigo Pessoa. Après avoir poussé une barre à terre lors de la première étape avec Status et avoir reçu un point de pénalité pour n’être pas rentré dans le temps imparti, le Brésilien pointait à la dixième place. Le second parcours a sonné la fin des Jeux mondiaux pour le Brésilien qui, après avoir sorti trois barres des taquets, a préféré abandonner.

Déception également pour Gregory Wathelet, sixième du provisoire jeudi soir avec son talentueux mais néanmoins jeune Conrad de Hus. Au grand dam de tous, le parcours ne s’est pas déroulé comme prévu. Après une première faute, le fils de Con Air n’a pas suivi les instructions du Belge et s’est dérobé devant le troisième élément du triple. Les deux athlètes sont sortis de piste avec quinze points au compteur, ruinant tout espoir de finale à quatre et incitant Gregory à se retirer. Sage décision lorsqu’on sait que l’étalon bai a tout juste neuf ans et qu’il a déjà réalisé un magnifique championnat.

Au stade Michel-d’Ornano de Caen, Marie de Pellegars-Malhortie et Sébastien Roullier

 

Le classement final des couples

Le classement final des couples ici

La liste de départ de la finale à quatre

La liste de départ ici

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