LA FRANCE ENTRE IDÉALEMENT DANS SES JEUX!

Devant tous ses aînés, le jeune Irlandais de dix-neuf ans, Bertram Allen, a remporté la Chasse des Jeux équestres mondiaux associé à Molly Malone V. Photo PSV Morel

Jeudi 04 septembre - 10h25 | Sébastien Roullier

LA FRANCE ENTRE IDÉALEMENT DANS SES JEUX!

La France aurait difficilement pu mieux débuter les championnats du monde de saut d’obstacles. Au terme d’une chasse marathon, les 'Vestes bleues', pointant toutes dans le top vingt, tiennent la tête avec une poignée de points sur un peloton de six autres grandes nations. Rien n’est joué, loin s’en faut. Demain, les choses très sérieuses commencent avec la première manche de la finale par équipes. Le stade à moitié plein d’aujourd’hui a laissé entrevoir une ambiance de folie pour les deux prochains jours!

 

L’ESSENTIEL

La première épreuve de saut d’obstacles des Jeux équestres mondiaux FEI Alltech 2014 a été riche en rebondissements. L’Irlandais Bertram Allen s’est finalement imposé avec sa toute bonne Molly Malone V. Le jeune homme, âgé de dix-neuf ans seulement, est passé en numéro quarante et aucun des cent treize cavaliers suivants n’a réussi à le détrôner. Il a devancé de dix-sept centièmes, convertis en huit centièmes de point, le Tricolore Patrice Delaveau, porté par son pétillant Orient Express*HDC qui a, comme d’habitude, fait une démonstration de son talent. La troisième place a échu à Gregory Wathelet. Le Belge avait sellé son hongre de neuf ans, Conrad de Hus. Parti pour tenter d’intégrer le top vingt, il a finalement été plus rapide que prévu. Il pointe à seize centièmes de la tête, tout comme Beezie Madden et Cortes C, troisièmes ex-aequo. L’Américaine semble bel et bien remise de sa fracture de la clavicule et a prouvé aujourd’hui que, malgré son absence de quelques mois, elle est plus que jamais prête. Cette dernière est suivie à dix-huit centièmes de point par le Suédois Rolf-Göran Bengtsson avec le fameux Casall Ask. Suivent Pénélope Leprevost avec Flora de Mariposa, Daniel Deusser sur Cornet d’Amour et le vétéran canadien Ian Millar associé à Dixson. Après cette première épreuve, quarante-et-un cavalier se tiennent dans la même barre. C’est dire si rien n’est joué!

Du côté des équipes, les écarts sont tout aussi faibles puisque six nations se tiennent dans la même barre. Le reste de la compétition promet donc du très beau sport. Les Français sont en tête avec 2,08 points devant les Suédois (3,01), les Américains (4,71), les Allemands (4,82), les Néerlandais (4,83) et les Canadiens (6). Aucune de ces six équipes n’a le droit à l’erreur si elle souhaite se maintenir demain dans le top dix, puisque seules dix équipes participeront jeudi à la finale par équipes. Pour l’instant, les quatre autres équipes complétant ce top dix sont l’Irlande, la Belgique, la Colombie et le Qatar. Mis à part cette dernière équipe, entraînée par Jan Tops, les trois autres pays sont actuellement à moins de deux fautes de la tête.

 

LES BLEUS

Comme l’a très finement rappelé Philippe Guerdat, si l’on ne gagne jamais un championnat avec une Chasse, on peut facilement tout perdre, et aujourd’hui, la France n’a donc rien perdu! Les quatre chevaux de l’équipe de France se sont largement montrés au niveau de cette première épreuve parfois si piégeuse. Simon Delestre et Qlassic Bois Margot, finalement ouvreurs de l’escouade tricolore, ont parfaitement joué leur rôle en signant un parcours aussi sûr que probant, ce qui est de bonne augure pour la suite, et rapide de surcroît, pour s’installer au rang quatorze. La prestation de Pénélope Leprevost et Flora de Mariposa a été un poil plus acrobatique, notamment, sur l’oxer six et la rivière en sept, mais la jument a fait preuve d’une envie exceptionnelle, tandis que sa cavalière a parfaitement su canaliser ses ardeurs pour signer le sixième temps de cette Chasse. Bien joué. Excellent joué ensuite pour Patrice Delaveau et Orient Express*HDC, auteur d’un tour brillant et vaillant, même si le pilote a dû lui aussi composer avec un étalon frais et plein d’envie. Deux petits sursis et un temps canon au final pour s’installer au deuxième rang, à dix-septième de Bertram Allen et Molly Malone V. Ses trois coéquipiers ayant fait le plus gros du travail, Kevin Staut a eu tout le loisir de prendre des risques avec un Rêveur dont il disait ignorer le potentiel dans ce type d’épreuve. Sans une faute sur l’oxer six, suivant le regardant mur, il se serait hissé sur la troisième marche du podium. Ce soir, il est dix-neuvième à une demi-barre du jeune Irlandais. Tout va bien donc. Vivement demain.

LES TOPS

Quelques prestations, tant en individuel que par équipes, sont à noter tant elles ont été belles. Outre les habitués des remises des prix, quelques cavaliers performants ont réussi à tirer leur épingle du jeu sur le parcours concocté par Frédéric Cottier. Parmi eux, Pedro Veniss et Quabri de l’Isle ont eu la difficile tâche d’être les deuxièmes équipiers brésiliens, d’autant plus après la chute de Doda de Miranda, à la suite d’une incompréhension d’AD Rahmannshof’s Bogeno sur le vertical numéro neuf. Le cavalier n’a pas cédé à la pression et réalisé un parcours parfait avec un chronomètre de 83’80, synonyme d’une honorable trente-quatrième place. Il a été imité par le Mexicain Alberto Michan Halbinger avec Carusso La Silla, l’Australienne Amy Graham sur Bella Baloubet ou encore l’Ukrainien Oleksandr Onyshchenko avec l’ancienne monture de Simon Delestre, Valentino Velvet. Malgré leur parcours sans faute, ces couples moins expérimentés ont réalisé un temps relativement lent ne leur laissant pas toujours de place dans les meilleurs. Une autre prestation a retenu le souffle du public. Il s’est agi de celle du tempétueux et non moins talentueux Quickly de Kreisker et son marocain de cavalier, Abdelkebir Ouaddar. Malgré une faute à la rivière, le couple a terminé à une belle treizième place grâce un temps très canon de 75’84 auquel se sont ajoutées les quatre secondes de pénalité.

Par ailleurs, quatre équipes ont réussi à placer leurs quatre cavaliers sans faute : l’Irlande (Bertram Allen, Darragh Kenny, Denis Lynch et Cameron Hanley), le Canada (Yan Candelé, Tiffany Foster, Ian Millar et Éric Lamaze), l’Allemagne (Christian Ahlmann, Ludger Beerbaum, Daniel Deusser et Marcus Ehning), ainsi que l’Ukraine (Oleksandr Onyshchenko, Cassio Rivetti, Katharina Offel et Ferenc Szentirmai). Même si cela n’est pas déterminant pour le classement provisoire par équipes, puisqu’il ne prend en compte que les trois meilleurs résultats, ces performances positionnent d’une belle manière ces nations et vont leur permettre d’aborder avec confiance la suite de la compétition.

LES FLOPS

Cette épreuve de vitesse a aussi été riche en… chutes. Le premier coup de théâtre est intervenu avec le gadin du Brésilien Doda de Miranda (lire plus haut). Ce dernier a malheureusement été imité par Jos Verlooy. Le jeune Belge, lui aussi, a été victime d’un désaccord avec sa monture, Domino, sur le double de palanques suivant la rivière. Éliminés, ces couples repartiront demain uniquement pour leur équipe. Deux ténors suisses ont aussi subi les foudres de leur monture. Pius Schwizer n’a pas réussi à maintenir son Toulago en ligne sur le mur numéro cinq à l’effigie des falaises d’Étretat. Le fils de Toulon a donc sauté à droite du fanion obligeant le cavalier à se représenter devant l’obstacle. Le scénario a été similaire pour Steve Guerdat. Comme lors de la finale des championnats d’Europe d’Herning et lors du dernier Grand Prix d’Aix-la-Chapelle, Nino des Buissonnets s’est arrêté sur l’entrée de la combinaison numéro huit. Ces deux contre-performances ont contribué à la déroute de l’équipe helvétique, complétée par Jane Richards Philips, qui a poussé deux barres au sol avec Pablo de Virton, tandis que Paul Estermann n’a pu éviter une faute avec Castlefield Eclipse.

 

Marie de Pellegars-Malhortie et Sébastien Roullier

 

Les classements
Le classement individuel provisoire
Le classement par équipes provisoire

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