L’ÉQUIPE DE FRANCE AU CALME, EN AVANT ET DROITE

L'équipe de France au complet, en compagnie de Philippe Guerdat, Sophie Dubourg et Frédéric Morand. Photo SR

Vendredi 29 août - 10h58 | Daphné G

L’ÉQUIPE DE FRANCE AU CALME, EN AVANT ET DROITE

À l’occasion de la deuxième journée de son dernier stage de préparation avant les Jeux équestres mondiaux FEI Alltech 2014 en Normandie, l’équipe de France a ouvert les portes de son antre, le magnifique haras de la Bosquetterie, ce matin au Pré-d’Auge. Staff et cavaliers ont affiché confiance, sérénité, motivation et simplicité. On ne devrait pas connaître l’identité du couple désigné remplaçant avant la première visite vétérinaire de dimanche.

Bonne humeur, sérénité, convivialité et simplicité. L’équipe de France, qui a ouvert ses portes à la presse, ce matin, avait bonne mine et fière allure, sans aucun excès. Voilà le message qu’elle a souhaité transmettre à ses supporters, qui l’attendent de pied ferme la semaine prochaine au stade Michel-d’Ornano et devant leurs écrans. Sans aucun doute, elle y est parvenue. Oubliés les couacs de communication et les incompréhensions du passé. Les 'Vestes bleues' collection 2014 sont devenues de bons communicants, encouragés et entraînés en cela par le staff de la Fédération française d’équitation, qui, elle aussi, n’avait jamais autant et aussi bien communiqué. Si cela n’offre aucune garantie quant aux performances futures, au moins cela permet-il aux équipes de France de renouer totalement avec leur public. Un premier pari remporté.

Après avoir satisfait à cheval les demandes des photographes et cameramen, qui auraient bien aimé pouvoir saisir la séance de travail du matin, finie plus tôt que prévu – rien n’est jamais parfait – les cinq cavaliers, accompagnés de leur sélectionneur, Philippe Guerdat, de leur directrice technique nationale, Sophie Dubourg, et du représentant du comité fédéral de la FFE pour le saut d’obstacles, Frédéric Morand, se sont installés derrière une table disposée dans le beau manège du sublime haras de la Bosquetterie. Ni trop loin ni trop près de l’agitation caennaise. 'Il est essentiel de pouvoir travailler dans le calme et la sérénité. Ce lieu est idéal pour cela. Pour le reste, nous vivons en autarcie totale dans un gîte à 30km d’ici, les cinq cavaliers, notre vétérinaire, Jérôme Thévenot, et moi', a introduit Philippe Guerdat.

Demain, un parcours signé Jean-Paul Lepetit

Le staff n’a pas laissé filtrer la moindre information quant à l’identité du remplaçant, ce cinquième cavalier chargé de faire remonter des informations et de transmettre son énergie positive aux quatre compétiteurs finalement engagés. Finalement, l’annonce n’interviendra pas avant la première visite vétérinaire de dimanche. A priori, cela devrait se jouer entre Simon Delestre et Jérôme Hurel. 'Nous arrivons au bout d’un long processus de sélection, qui n’a pas été simple pour nous. La saison a été belle, mais compliquée… Le check-up des chevaux s’est bien passé lundi soir. Nous les avons fait un peu sauter hier. Aujourd’hui, nous travaillons essentiellement sur le relâchement', détaille le sélectionneur. Demain, il verra à l’œuvre Qlassic Bois Margot et Quartz Rouge, ainsi que les autres chevaux, sur un parcours en conditions de concours, monté spécialement pour l’occasion par Jean-Paul Lepetit, réputé pour ses tours bien construits et exigeants. Suivra une dernière journée de travail, vendredi, avant que les cracks ne prennent gentiment la Nationale 13 direction Caen.

Dès mardi, c’est sur les parcours de Frédéric Cottier que les compétiteurs vont s’élancer. Tandis qu’il est presque de notoriété publique que les chefs de piste étrangers transmettent discrètement leurs parcours à l’équipe de leur nation, Philippe Guerdat assure n’avoir rien reçu – 'Il n’y avait peut-être plus d’encre dans le fax', a plaisanté le Suisse – et ne pas trop savoir à quoi s’attendre: 'Nous allons découvrir ses parcours comme tout le monde. Nous sommes prêts à tout, mes cavaliers ne sont pas des Juniors. Si nous avons des problèmes, d’autres devraient en avoir aussi. Techniquement, les cotes devraient être respectées. Dans les championnats, le chef de piste est encadré par un délégué technique de la FEI. Depuis les Jeux olympiques de Barcelone, nous n’avons plus vu de championnat trop difficile.' Gageons, en toute équité, que l’ancien cavalier de Flambeau C ne titillera pas trop les couples français sur leurs péchés mignons. 'Nous connaissons les aléas de notre sport, tout ne va pas se passer sans faute, mais nous allons faire de notre mieux. Le résultat, c’est le destin qui nous le donnera. Je sais que mes supérieurs attendent de nous une médaille, et je le comprends. Je l’espère de tout mon cœur, mais je serai déjà satisfait de terminer dans les cinq premiers, ce qui nous assurerait de participer aux Jeux olympiques de Rio.'

Samedi dernier, les cavaliers ont pu avoir un bel avant-goût de l’ambiance qui les attend la semaine prochaine. Tous ont apprécié la cérémonie d’ouverture. 'Défiler dans un stade plein avec vingt mille personnes prêtes à nous encourager, ça ne peut que nous booster et nous mettre dans le bain', a commenté Jérôme Hurel. 'C’était une très belle cérémonie, avec beaucoup de Français mais aussi d’étrangers, ce qui est bien pour la Normandie. Ça va être un super événement', a ajouté Patrice Delaveau. 'J’ai ressenti un bel élan de solidarité envers nous. C’était très encourageant', selon Kevin Staut. 'Un moment très sympa et émouvant', pour Pénélope Leprevost. 'Ça m’a fait chaud au cœur de voir autant de monde dans ce stade, c’était intense', a conclu Simon Delestre. Le compte à rebours est lancé.

Au Pré-d’Auge, Sébastien Roullier

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