LE STAGE DE PRÉPARATION, DERNIÈRE LIGNE DROITE POUR LES DRESSEURS

Les quatre cavaliers qui représenteront la France aux JEM sont actuellement en stage de préparation au Mans. Photo FFE

Dimanche 24 août - 21h41 | Marie de Pellegars

LE STAGE DE PRÉPARATION, DERNIÈRE LIGNE DROITE POUR LES DRESSEURS

À seulement quelques jours des Jeux équestres mondiaux FEI Alltech 2014 en Normandie, les quatre dresseurs sélectionnés pour représenter la France se sont retrouvés au Pôle européen du cheval du Mans avec le staff fédéral afin de finaliser la préparation avant l’échéance.


Pour les dresseurs, la compétition débutera dimanche matin à 8h avec la visite vétérinaire. Lundi et mardi, les cavaliers s’affronteront dans le Grand Prix à l’issue duquel seront sacrés les champions du monde par équipes. Mercredi le Grand Prix Spécial, ne reprenant que les trente meilleurs cavaliers du Grand Prix, sacrera cette fois-ci un champion individuelle tout comme le fera la Reprise Libre en Musique vendredi dans laquelle concourront les quinze meilleurs du Spécial. En attendant, Jessica Michel, Arnaud Serre, Alexandre Ayache et Marc Boblet préparent sérieusement Riwera de Hus, Robinson de Lafont*de Massa Lights of Londonderry et Noble Dream*Concept Sol avec l’aide de Jan Bemelmans, entraîneur national mais également Alain Francqueville, chef d’équipe, un coach sportif et tout le reste du staff fédéral à l’occasion du dernier stage de préparation.

'Le stage a un format commun à toutes les disciplines. Il y a plusieurs objectifs. Ce stage intervient après les dernières sélections et nous permet donc de remettre un peu de sérénité après cette bataille. Nous l’avons voulu en amont et tôt parce que nous démarrons dès lundi. En raison de la cérémonie d’ouverture nous n’aurons pas accès à la grande piste dans les derniers jours donc nous avons bénéficié d’une autorisation des organisateurs afin d’arriver jeudi et de pouvoir ainsi évoluer sur la piste de compétition. Le stage sert à faire le point sur les chevaux avec Jan, mais ce n’est pas maintenant que nous allons tout changer. Nous les avons suivis toute l’année puis entre la sélection et le stage, Jan a également fait une tournée à mi-parcours chez les cavaliers car il y avait un mois entre la dernière compétition et ce stage. Durant ce stage nous avons fait des petits points techniques, évaluer les chevaux et leur santé avec le vétérinaire hier, et resserrer le groupe. Nous avons fait appel à un coach sportif afin d’apporter de la nouveauté à notre programme. Enfin cela permet de faire une point logistique pour les cavaliers afin qu’ils sachent ce qui les attend à quel moment. Le but est de tout mettre en place pour les rassurer et que tout soit le plus simple possible', a expliqué Emmanuelle Schramm, directrice technique nationale adjointe en charge du dressage.

Jan Bemelmans a semblé confiant et serein quant à la performance de ses protégés. Même s’il sait que le dressage français n’est pas à la hauteur d’équipes telles que l’Allemagne, les Pays-Bas ou la Grande-Bretagne, il croit en son équipe. À la tête de cette dernière depuis désormais deux ans, l’entraîneur national a accompli un pas en avant de géant avec de nombreux couples. Rappelons qu’il y a deux ans à Londres, aucune équipe tricolore n’avait participé aux Jeux olympiques et que seule Jessica Michel s’y était rendue.

'Le grand travail a été fait depuis deux ans. Maintenant nous sommes là, la chose la plus dure était de choisir les couples. Nous ne savions pas qui prendre mais après Deauville nous avons dû choisir l’équipe. Maintenant il faut choisir l’ordre de départ. Nous avons une équipe jeune avec des chevaux expérimentés et d’autres non. Celui d’Arnaud Serre, Robinson de Lafont*de Massa, a commencé le Grand Prix il y a seulement deux ans et depuis nous avons vu une vraie évolution. Il a été très régulier toute l’année donc cela est important pour nous car nous pouvons compter sur lui. Les chevaux de Jessica et Marc ont plus d’expérience car ils ont déjà concouru dans les plus grands championnats. Alexandre Ayache et son cheval sont tout nouveaux dans l’équipe. Ils ont débuté les Grands Prix au début de l’année et jamais nous ne pensions qu’ils pourraient intégrer la sélection mais ils ont tellement évolué que nous ne pouvions pas passer à côté. Aujourd’hui je ne sais pas dire qui est le meilleur de tous ces chevaux! Cette semaine nous travaillons essentiellement sur le calme et la sérénité des couples. Tout ce que nous n’avons pas appris jusqu’ici, ce n’est pas le moment de l’apprendre ! Je suis très optimiste, tous les chevaux vont bien même si Robinson de Lafont*de Massa a fait une petite colique la semaine dernière. Quel chance que ce soit bien passé car parfois nous avons besoin de chance au bon moment. Je ne veux pas oublier Ludovic Henry qui a un poste difficile, celui de réserviste. Il a fait toute la préparation avec nous et se rendra également en Normandie mais son cheval sera stationné à Deauville. S’il se passe quelque chose nous avons le droit de changer un cheval jusqu’à deux heures avant la visite vétérinaire. De jeudi à dimanche matin Ludovic et son cheval doivent être dans le coin, prêts à intervenir', a analysé Jan Bemelmans.

En plus d’être une échéance mondiale, ce rendez-vous a une véritable importance sur le futur puisqu’il faut penser à la qualification de la France pour les Jeux olympiques. 'Lors des JEM, les trois premières équipes seront qualifiées pour aller à Rio de Janeiro et ce sera la même chose lors des championnats d’Europe. Le top du top serait que nous arrivions à être cinquièmes ou sixièmes. L’année passée à Herning nous étions huitièmes donc c’est réaliste. De plus, nous laissons de supers chevaux à la maison comme celui de Stephanie Brieussel, Amorak, ou encore Star Wars qui a fait de superbes choses avec Bertrand Liegard et qui malheureusement a eu une petite pause de deux mois et ne sera pas prêt pour les Jeux mais d’ici les championnats d’Europe nous avons le temps', a argumenté l’entraîneur national.

Afin de maximiser les chances de réussite des athlètes français, le staff fédéral a fait appel à un préparateur physique, Benoit Campargue, intervenant à haut niveau dans de nombreuses disciplines. 'L’idée était d’avoir une tierce personne pour ramener de la fraîcheur à l’équipe. Ensuite il fallait créer une osmose dans l’équipe à travers diverses activités. Faire du sport est également essentiel pour ces sportifs qui ont besoin d’évacuer le stress et la pression. Je leur ai également donné des conseils de préparation pour la suite de la saison. La première chose et la plus importante est de ne pas changer leurs habitudes de fonctionnement. On a adapté des disciplines diverses et variées que l’on a fait évoluer en fonction de leur niveau physique et de leur niveau de fatigue. Il y a des activités relativement ludiques comme la boxe par exemple, il y a eu un travail de concentration grâce au tennis, un travail de réveil musculaire également et de récupération avec la natation. Je leur ai donné des petits conseils pour l’échéance', développe le coach sportif.

Marie de Pellegars-Malhortie

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