SCOTT BRASH ET HELLO SANCTOS FORCE SEPT

Après Cannes et Estoril, Scott Brash et Hello Sanctos ont remporté leur troisième étape de la saison, ce soir à Londres. Photo Stefano Grasso/LGCT

Mercredi 20 août - 14h18 | Marie de Pellegars

SCOTT BRASH ET HELLO SANCTOS FORCE SEPT

Scott Brash et Hello Sanctos ont remporté le septième Grand Prix CSI 5* de leur extraordinaire collaboration, ce soir à Londres, où l’on disputait la onzième étape du Global Champions Tour. Au terme d’un barrage au scénario mi-figue, mi-raisin, le Britannique et son fabuleux sBs ont succédé à Ben Maher et Cella, qui avaient ouvert le palmarès de ce concours, l’an passé. Les deux meilleurs Français, Patrice Delaveau et Kevin Staut, ont terminé quinzième et seizième.

Sera-t-il sacré champion du monde dans trois semaines à Caen? Nul ne le sait, et tant mieux pour le sport. En revanche, Scott Brash est certain de rester encore un bon moment numéro un mondial. Se comportant en véritable patron du circuit, l’Écossais n’a pas laissé transparaître la moindre émotion avant la fin de la bataille, régalant une fois encore le public, londonien aujourd’hui, de son pilotage fin et juste et des qualités exceptionnelles d’Hello Sanctos, son crack sBs de douze ans, champion olympique et d’Europe par équipes, et médaillé de bronze individuel, l’an passé à Herning. Après Wellington par deux fois, Oslo, Doha, Cannes et Estoril, ce couple comptant également une foultitude de places d’honneur, a donc remporté son septième Grand Prix CSI 5*, ce soir à Londres. Sept en l’espace de trois saisons, compte tenu de la concurrence sévissant au plus haut niveau, c’est tout simplement hallucinant. Si Scott Brash se pare d’or à Caen, il ne surprendra personne!

Devant composer avec l’un des plus impressionnants plateaux de chevaux de l’année, Uliano Vezzani n’est pas parvenu à écrémer autant qu’il l’aurait souhaité au premier tour, puisque vingt-trois des cinquante partants s’en sont sortis sans encombre, ce qui a obligé le jury à rappeler cinq concurrents de plus que d’habitude pour la suite des festivités. Sans une faute d’antérieurs assez anodine de Nayana sur un oxer en début de tour, Pénélope Leprevost aurait également été de la fête. Avec seize points, Roger-Yves Bost, lui, était loin du bon compte avec Poker des Dames, manquant encore d’expérience à ce niveau.

Hans-Dieter Dreher disqualifié

Sur un second tour d’un grand classicisme, le chef de piste italien a sensiblement rehaussé les barres, en conséquence de quoi les fautes se sont accumulées : quatre pour Doda de Miranda sur AD Nouvelle Europe Z, trois pour Bassem Hassan Mohammed sur Victoria, Taizo Sugitani sur Avenzio 3, Tiffany Foster sur Verdi III, et Henrik von Eckermann sur Gotha FRH. On en a compté deux par Beezie Madden et Simon, très frais, de même que pour les deux Français encore en course. Kevin Staut et Estoy Aqui de Muze*HDC ont été piégés par le vertical de sortie du triple, puis sur le dernier après avoir sérieusement accéléré la cadence. Patrice Delaveau et Carinjo 9*HDC, eux, ont fauté sur l’oxer cinq puis sur le vertical de milieu du triple, défendu par une palanque. Les deux coéquipiers d’écurie ont terminé quinzième et seizième. Une faute seulement a privé de barrage Reed Kessler sur Cylana, Constant van Paesschen sur Citizenguard Toscan de Sainte Hermelle, Daniel Deusser sur First Class van Eeckelghem, Ben Maher sur Cella, Kent Farrington sur Voyeur, McLain Ward sur Rothchild, Luciana Diniz sur Fit For Fun 13, ainsi qu’Hamad Ali Mohamed Al Attiyah sur Whitaker, occupant dans l’ordre les rangs sept à quatorze. Avec un point de temps dépassé, elles, Athina Onassis de Miranda et la géniale AD Camille Z ont terminé à une excellente sixième place.

On s’attendait à un beau barrage à six. Hélas, ce Grand Prix est retombé comme un soufflet. D’abord, Laura Kraut n’est pas repartie avec Nouvelle, jugeant peut-être que sa jument lui avait suffisamment donné lors de ses deux excellents premiers tours. Hans-Dieter Dreher, lui, s’est vu privé de dessert, disqualifié pour une blessure au flanc du bel Embassy II. Bien que le cheval n’ait visiblement pas saigné et que la blessure ne soit pas apparue si évidente aux yeux d’autres cavaliers, les juges se sont montrés inflexibles. Quelques minutes plus tôt, leurs collègues de piste ont omis de faire remettre une barre tombée dans le triple de la seconde manche, et ont sonné le pauvre Al Attiyah, fils du président de la Fédération qatarie, sponsor de l’épreuve. Ambiance…

Kevin Staut septième au général

Premiers finalistes à revenir en piste, Maikel van der Vleuten et VDL Groep Verdi TN trébuchent quelque peu avant de fauter sur la sortie du triple réduit en double. Associé à un Zinedine un poil plus discipliné que lors des deux premiers tours, mais tirant toujours fort à droite, Ludger Beerbaum se contente d’assurer un triple sans-faute qui lui offre la deuxième place, juste devant le Néerlandais. Réussissant un virage éblouissant en début de barrage, Scott Brash n’a aucun mal à s’engouffrer dans la brèche laissée par l’Allemand, auquel il inflige plus de cinq secondes de débours! Un monde. Partie pour gagner, l’Américaine Katherine Dinan n’a pas froid aux yeux avec l’enthousiasmant Nougat du Valet. Elle hésite hélas dans l’abord du double, essuyant un refus de son petit Selle Français avant de chuter, ce qui offre à Brash et Sanctos leur troisième étape de la saison après Cannes et Estoril. Impressionnant.

Au classement général, statu quo en tête, puisque les deux leaders, Rolf-Göran Bengtsson et Edwina Tops-Alexander ont échoué au premier tour, le Suédois abandonnant avec Unita Ask, tandis que l’Australienne a concédé douze points avec Ego van Orti, le cheval qu’elle est supposée monter aux Jeux mondiaux. Grâce à sa présence en seconde manche avec Gotha FRH, l’autre Suédois, Henrik von Eckermann, talonne Edwina à un point, à la troisième place. Fort de leurs bonnes opérations du jour, Ludger et Scott se replacent aux cinquième et sixième rangs, derrière le Qatari Bassem Hassan Mohammed, encore une fois en seconde manche aujourd’hui. Seules les sept meilleures performances étant comptabilisées en fin de course, l’Écossais, fort de ses cinq excellents classements, semble très bien parti pour conserver son titre. Il devance de douze longueurs le premier Français, Kevin Staut. Après les Jeux mondiaux, le circuit fera étape à Lausanne et Vienne avant de se conclure çà Doha, cet automne. Rien n’est encore joué pour le million d’euros à partager entre les dix-huit meilleurs pilotes.

Sébastien Roullier

 

Les résultats

Les résultats du Grand Prix du Londres

Le classement général provisoire du Global Champions Tour

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