LA PRINCESSE HAYA NE SE REPRÉSENTERA PAS!

La Princesse Haya s'en tiendra finalement à son engagement de ne pas briguer un troisième mandat, engagement qu'elle avait rappelé en septembre dernier lors de la finale de la Coupe des nations, à Barcelone. Photo Scoopdyga

Dimanche 17 août - 22h03 | Daphné G

LA PRINCESSE HAYA NE SE REPRÉSENTERA PAS!

Alors que tout semblait réuni – un franc soutien d’une grande majorité de fédérations nationales et une modification statutaire intervenue au printemps – pour lui permettre de briguer un troisième mandat à la tête de la Fédération équestre internationale, Son Altesse Royale la Princesse Haya de Jordanie s’est finalement ravisée. Dans un communiqué de presse publié en début d’après-midi, celle qui dirige la FEI depuis 2006 annonce qu’elle ne se représentera pas. Officiellement motivée par des raisons familiales et par son désir d’un plus grand engagement humanitaire au Proche Orient, cette annonce intervient suffisamment tôt pour susciter l’émergence d’un ou plusieurs nouveaux candidats. Pour l’heure, seul le Suisse Pierre Génécand s’est lancé dans la course. Voilà de quoi agiter les coulisses des Jeux équestres mondiaux FEI Alltech 2014, qui débute dans onze jours en Normandie.


Voici le communiqué publié cet après-midi par la Princesse Haya : 'Plus tôt aujourd’hui, j’ai annoncé aux fédérations nationales, au bureau de la FEI ainsi qu’à ses équipes, après un réel moment de réflexion, que j’avais pris la difficile décision de ne pas me représenter pour un troisième mandat en tant que présidente de la FEI.

Cela a été l’une des décisions les plus difficiles de ma vie. Ma première action à la FEI avait été, en 2006, de préparer une motion selon laquelle le président de la FEI ne pourrait accomplir que deux mandats de quatre ans. J’avais réitéré ce point de vue quatre ans plus tard lors de ma réélection, et à nouveau alors que certains de mes supporters plaidaient pour un changement de statut me permettant d’être en lice pour un troisième mandat.

Même si j’avais toujours prévu de quitter ce poste après ce mandat, ma détermination a été affaiblie lors de l’Assemblée générale 2013 de la FEI, lorsqu’on m’a présenté une pétition signée par cent fédérations nationales demandant à réunir une assemblée extraordinaire pour changer les statuts de la FEI. Lorsque ce changement a été voté, j’ai commencé à réfléchir à un troisième mandat.

Les sports équestres ont été et continuent à être une véritable source d’inspiration pour moi. Les chevaux et leur communauté représentent la majeure partie de ma vie. J’ai aimé servir cette communauté autant que j’ai aimé être une athlète dans cette grande famille. J’aurais adoré continuer à faire partie de cette institution qui est désormais en train de récolter les fruits de sa métamorphose et voir tout le travail accompli récompensé.

'Je ne peux pas promettre d’être la présidente dont la FEI a besoin et mérite'

Les facteurs qui m’ont poussé à prendre cette décision sont, pour moi, impossibles à ignorer. Je voulais avant tout savoir si un troisième mandat serait possible pour ma famille. Comme toujours, je continue à avoir le soutien de ma famille mais désormais, je suis consciente que ce soutien pour moi a un coût pour mes proches. Le destin m’a enlevé ma mère lorsque j’avais trois ans. Cette expérience m’a poussé à trouver le juste milieu entre mon travail et mes deux jeunes enfants. J’ai toujours su gérer cet équilibre dans le passé, mais les récents événements ont remis en question mon habilité à continuer ainsi. 

La situation dans ma région d’origine est actuellement trouble et désespérée. Vous comprendrez que c’est aussi ma famille. Ainsi, plus encore que mon travail à la présidence de la FEI, j’ai fait de ce problème ma priorité. Ces dernières semaines, j’ai dû mettre de côté mes tâches de présidente pour me concentrer sur des aspects humanitaires à Gaza. Et j’ai ressenti que ce n’était que le début.

Pour remplir mon engagement humanitaire et élever mes enfants en prenant le temps de les aimer, il est clair pour moi que je ne peux pas promettre d’être la présidente dont la FEI a besoin et mérite.

Pour le bien de la FEI et du reste de la communauté, j’ai dû prendre ma décision au bon moment afin de laisser la place aux excellents candidats qui se présenteront.

Je n’ai aucun doute sur le fait que le futur de la FEI est solide. Je suis très fière de toutes les choses que nous avons accomplies ensemble durant ma présidence. J’espère que la campagne électorale sera principalement tournée sur des idées permettant de faire encore progresser la FEI. Je vais désormais servir le plus possible la FEI jusqu’à ma dernière minute à cette place et laisser la maison la plus ordonnée possible pour mon successeur.

Je reste profondément honorée d’avoir occupé ce poste pendant huit ans.'

Les élections sont programmées le 14 décembre à Bakou en Azerbaïdjan.

Une audioconférence de presse avec la présidente sortante est organisée cet après-midi à 17h.

 

Plus d’infos à suivre.

Marie de Pellegars-Malhortie et Sébastien Roullier

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