' EN RÉSUMÉ NOUS AVONS SOIXANTE ANS D’ÉCART, MA JUMENT ET MOI', MYRIAM VICTOR THOMAS

Myriam Victor Thomas a remporté l'Amateur Élite ce matin avec Qwismel d'Hebecourt. Photo PSV Morel

Dimanche 10 août - 22h52 | Daphné G

' EN RÉSUMÉ NOUS AVONS SOIXANTE ANS D’ÉCART, MA JUMENT ET MOI', MYRIAM VICTOR THOMAS

Il n’y a pas d’âge pour être performant, et ça Myriam Victor Thomas l’a bien compris. Sacrée championne de France Amateur Élite en dressage, avec sa jument Qwismel d’Hebecourt ce matin lors du Meeting des propriétaires organisé par Grand Prix Classic Summer Tour, la cavalière de soixante-dix ans a accepté de répondre aux questions de GrandPrix-Replay.


GrandPrix-Replay : Quel bilan tirez-vous de votre week-end à Fontainebleau ?

Myriam Victor Thomas : Le seul problème que nous avons eu a été avec le box qui malheureusement à cause de la pluie a été inondé. Par rapport à Lamotte-Beuvron, nous avons de bons sols, c’est très agréable. Du point de vue de l’organisation et des déroulements des épreuves, il n’y a rien à redire. Tout était vraiment bien. L’esprit était vraiment convivial. La rencontre entre les disciplines, c’est vraiment intéressant. Il y a une bonne ambiance et j’ai passé un bon week-end.

GP-R. : pouvez-vous nous parler un peu plus de votre jument, Qwismel ?

M.V.C. : J’ai fait naître ma jument qui mesure maintenant 1,80m. En résumé nous avons soixante ans d’écart. Elle a dix ans, j’en ai soixante-dix ! Nous formons un vrai couple. Avant elle, je n’aimais pas les juments. Elle est venue me chercher. Elle est perfectionniste. Il y a aussi des jours, où elle est un peu chaude et veut faire les choses un peu trop vite mais sans ça elle est géniale. Elle est très possessive, elle me plaque contre elle pour que je la caresse et que je m’en occupe. Je n’ai jamais vu ça avec d’autres chevaux. Elle est volontaire dans son travail et autoritaire au box. En concours, elle déteste que je la laisse seule. Elle aime d’ailleurs bien les concours parce que je suis beaucoup plus avec elle qu’à la maison. C’est une très belle histoire hors du commun.

GP-R. : vous avez un élevage ?

M.V.C. : Oui, j’ai également ses sœurs, demi-sœurs, neveux, nièces à la maison. Pour l’instant je ne sais pas encore si je vais les vendre ou pas. Quoi qu’il en soit Qwismel ne l’est pas et ne le sera jamais. J’ai aussi une exploitation agricole de deux cents hectares, mais j’essaye de monter tous les après-midi. C’est ce qui me permet d’avoir mon élevage et mes chevaux. J’habite près de Gisors dans l’Eure.

GrandPrix-Replay : avez-vous déjà envisagé d’arrêter de monter ?

M.V.C. : Je faisais du hunter avant, mon cheval étant malade j’ai arrêté. Je n’ai pas voulu former un nouveau cheval au vue de mon âge et je monte maintenant plus qu’en dressage. Tant que j’ai la santé et le souffle pour faire des reprises même si ça peut arriver que je sois essoufflée à la fin, il n’est pas question que je m’arrête. Il y a plein de gens qui aimerait pouvoir finir comme moi. C’est vrai je n’ai pas de médicament et je ne prends aucun traitement. J’arrive à en monter trois par jours. Si on me les selle, ça ne me pose aucun problème. De temps en temps je travaille avec Michel Henriquet, il me dit que je lui fais envie car je fais encore des progrès et que je suis en pleine forme.

GP-R. : Quel est votre prochain objectif ?

M.V.C. : L’année prochaine, j’envisage de passer Pro. Tant que j’ai la santé je continue. Mon avenir est derrière moi, tant que je vais bien, je m’amuse en concours. J’ai beaucoup de chance. On entend parfois des critiques en bord de piste. Mais ça m’est égal, c’est une belle histoire, la jument est née chez moi et c’est formidable.

Propos recueillis à Fontainebleau par Daphné Godfroy

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