'JE VEUX DEVENIR NUMÉRO UN MONDIAL', DARRAGH KENNY

À vingt-six, l’Irlandais Darragh Kenny est en pleine ascension sur la scène internationale et rêve de prendre un jour la place de numéro un mondial. Photo Scoopdyga

Mercredi 30 juillet - 18h51 | parnl

'JE VEUX DEVENIR NUMÉRO UN MONDIAL', DARRAGH KENNY

Après avoir remporté trois épreuves lors du CSI 5* de Calgary et du CSIO 5* d’Aix-la-Chapelle ce mois-ci, Darragh Kenny s’est adjugé la victoire dans l’épreuve phare du vendredi lors du CSI 5* de Chantilly le week-end dernier. À vingt-six ans seulement, l’Irlandais commence à faire parler de lui. Rencontré par GrandPrix-replay.com entre deux épreuves sur l’hippodrome cantilien, le jeune cavalier revient sur son parcours et fait part de ses projets.

 

GrandPrix-replay.com : Quand avez-vous débuté l’équitation?

Darragh Kenny : Mes parents avaient une ferme en Irlande et étaient eux-mêmes cavaliers. J’ai donc grandi avec les chevaux. J’ai commencé à monter à poney chez moi à l’âge de quatre ans. Je me suis naturellement tourné vers le saut d’obstacles parce que c’était ce que faisaient mon père et ma mère. J’ai toujours aimé ça. J’ai beaucoup concouru à poney dans des concours nationaux et internationaux avant de passer à cheval. En 2005, j’ai pris part aux championnats d’Europe Juniors à Schaffhouse en Suisse, sous les couleurs de l’Irlande avec My Irish Paddy. J’avais terminé trente-et-unième au classement individuel et nous étions quatrièmes par équipes. Deux ans plus tard, je me suis rendu aux championnats d’Europe à Auvers, en France, avec mon étalon Mullaghdrin Gold Rain. Ça n’avait pas très bien marché mais je garde un bon souvenir de ces compétitions, j’y ai appris plein de choses, notamment à gérer la pression.

GPR. : Par la suite, vous avez suivi une formation sport/études chez Eurojump en France. Qu’est-ce que cela vous a apporté ?

D. K. : J’ai décidé de devenir cavalier professionnel à l’âge de seize ans. C’est ce qui m’a poussé à venir sur le sol français pour me perfectionner et apprendre le métier. L’équipe d’Eurojump m’a beaucoup aidé physiquement, techniquement et humainement. J’y ai appris beaucoup de choses sur la santé des chevaux dont je me sers aujourd’hui au quotidien. Et puis là-bas, on découvre ce qu’est le vrai esprit d’équipe. Avec le recul, je me suis rendu compte que j’avais vraiment fait le bon choix.

GPR. : En 2010, vous avez porté les couleurs de l’Irlande lors de la Coupe des nations de La Baule avec Obélix. Était-ce votre première sélection en équipe Senior ? Qu’en avez-vous retenu ?

D. K. : J’avais déjà été sélectionné dans l’équipe irlandaise Senior dans des Coupes des nations mais c’était la première fois en première ligue. C’était fantastique pour moi d’avoir la chance de participer à cette compétition. Le stade François André est vraiment magnifique, j’ai eu un vrai coup de cœur pour cet endroit. J’aimerais y retourner. Avec Shane Breen, Cameron Hanley et Niall Talbot nous avions terminé sixièmes. J’avais fait quatre puis huit points.

GPR : Où êtes-vous installés désormais et avec qui travaillez-vous ?

D. K. : Après être resté en Irlande durant mes jeunes années, je suis parti aux États-Unis. Ça fait maintenant six ans. J’ai principalement travaillé pour Missy Clark et son mari John Brennan. Maintenant ça fait deux ans que j’ai ma propre écurie. Je veux me tourner véritablement vers le haut niveau. Le commerce n’est pas une priorité pour moi.

GPR. : Quelle est la clé de votre réussite ?

D. K. : Durant les deux dernières années, j’ai essayé d’obtenir de très bons chevaux. Aujourd’hui ils sont au meilleur de leur forme. Il y a notamment Picolo et Prof de la Roque, deux Selle Français de onze ans, qui sont mes chevaux de tête. C’est grâce à eux que j’arrive à remporter de belles épreuves. Dans les jeunes chevaux, je monte surtout Chin Quidam VDL, un étalon KWPN de huit ans par Chin Chin. Il a un vrai potentiel. Je crois beaucoup en lui.

GPR. : Avez-vous des modèles ?

D. K. : Oui, l’Allemand Marcus Ehning est l’un de mes cavaliers préférés. Tout ce qu’il fait est magnifique. Je rêve d’avoir une équitation comme la sienne. Il est d’une précision hors du commun. J’adore le regarder évoluer. J’apprécie aussi beaucoup les Américains McLain Ward et Kent Farrington. Ils ont leur style. Pour avoir eu la chance de concourir avec plusieurs cavaliers irlandais comme Cameron Hanley ou Shane Breen, je peux dire que ce sont également d’excellents cavaliers dont il faut s’inspirer.

GPR. : Quelles sont vos impressions sur ce week-end à Chantilly ?

D. K. : C’est un très beau concours. Avec Picolo, j’ai gagné la première épreuve vendredi. Le week-end a vraiment bien commencé. Dans le Grand Prix du Global Champions Tour il a été excellent, malheureusement une petite faute est venue gâcher la fête. Mais ce n’est pas très grave. Nous avons terminé vingt-quatrièmes.

GPR. : Quels sont vos objectifs à plus ou moins long terme ?

D. K. : Je veux devenir numéro un mondial. C’est vraiment l’un de mes principaux objectifs. Et puis je voudrais participer un jour aux Jeux olympiques ou aux Jeux équestres mondiaux. Il me reste encore du travail à accomplir mais j’espère vraiment y parvenir.

Propos recueillis par Pauline Arnal

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