'COMME LES AUTRES, J'AI PEUR D'ÊTRE LE SEPTIÈME', FRANCK PERRET

Franck Perret espère représenter la France cet été en Normandie et participer encore au développement de sa discipline. Photo collection privée

Vendredi 18 juillet - 10h14 | parnl

'COMME LES AUTRES, J'AI PEUR D'ÊTRE LE SEPTIÈME', FRANCK PERRET

Le cavalier de reining Franck Perret se prépare à affronter les troisièmes mondiaux de sa carrière. Avec son étalon Nu Sailor Lena, il a de grandes chances de faire partie de la délégation qui représentera la France cet été en Normandie. Il a prouvé sa bonne forme le week-end dernier en raflant la médaille de bronze lors des championnats d’Europe qui se sont déroulés au parc équestre francilien au Pin. Contacté par GrandPrix-Replay.com, Franck Perret revient sur sa présélection et fait part de ses espoirs en vue des Jeux équestres mondiaux FEI Alltech 2014.


 

GrandPrix-Replay.com : Au mois de juin, vous avez remporté le CRI 3* du Pin avec Nu Sailor Lena et êtes entrés dans la liste des couples sélectionnables pour les Jeux équestres mondiaux. En arrivant sur les lieux de la compétition pensiez-vous que votre étalon était capable de gagner ?

Franck Perret : J’ai emmené mon étalon au Pin en étant sûr de sa forme et de ses capacités. On ne sait jamais ce qui peut se passer mais j’avais confiance en lui. Je savais que nous pouvions gagner. Ce cheval est très disponible et possède un gros potentiel dans toutes les manœuvres. Il est arrivé en France il y a cinq ans. Je le montais de temps en temps avant de l’acheté début 2014. Il est capable d’aller chercher des points partout même s’il excelle dans les spins et les cercles. Nu Sailor Lena est très régulier et il m’a toujours donné satisfaction. La foule, le bruit, les autres chevaux ne le perturbent pas. Il est très détendu mais est réactif quand je le lui demande. Sur la piste, je ne me pose pas de questions. Si je fais mon travail, il fait le sien. Je peux lui demander beaucoup sans que cela ait un impact sur son mental. Il reste très calme et attend mes ordres. Nous avons terminé avec le beau score de 145,5. Cela nous a permis d’être le cinquième couple présélectionné par Guy Duponchel.

GPR. : Quelle a été votre réaction suite à votre présélection ?

F. P. : J’étais très fier ! Mais surtout très content pour tous les gens qui m’ont suivi cette année. Nous sommes entrés dans une nouvelle ère du reining. Désormais, la Fédération française d’équitation considère le reining comme les autres disciplines. Aujourd’hui, je suis mis en avant lors de manifestations équestres au même titre qu’un cavalier de dressage ou de saut d’obstacles. J’ai les mêmes aides et la même attention. Un système a été mis en place pour aider les cavaliers de reining à se déplacer, notamment à l’étranger pour que nous puissions nous préparer au mieux possible. Pascal Debout, le président de la région Centre dans laquelle je réside, a organisé cette année une journée dédiée au cheval centrée sur les cavaliers de haut niveau pressentis pour les JEM. Il a eu la gentillesse de m’inviter, j’ai été très touché. Cette situation est inédite pour un cavalier de reining. Au cours des dernières années, de plus en plus de gens comme moi s’investissent pour l’avenir de la discipline.

GPR. : Ce week-end se sont déroulés les championnats d’Europe de reining au Pin. Vous y avez participé avec Ghost Buster Chex. Comment s’est déroulée la compétition ?

F. P. : C’était la première édition française. Ghost Buster Chex est un des deux chevaux que j’ai préparé ces dernières années en vue des JEM. Nous avons terminé troisièmes lors de deux épreuves et avons finalement été médaillés de bronze en individuel, j’étais ravi ! Mon cheval a été régulier. Il a signé deux performances à 217 points. J’ai eu plus de chance que l’an dernier à Augsbourg, en Allemagne. Ma jument CDS Independance s’était blessée sur place et n’avait pas pu prendre le départ de la compétition individuelle.

GPR. : Le premier jour de la compétition était consacré à un CRI 3*, support des qualifications pour les mondiaux.

F. P. : J’ai terminé huitième ex-aequo avec mon compatriote Christophe Kayser grâce à un score de 212,5 points. Ghost Buster Chex a très bien spiné mais s’est très mal arrêté. Cette faute m’a coûté un point. Même si ça n’a l’air de rien, c’est énorme. À cause de ce résultat, il n’a pas pu être présélectionné. Mais je suis plus que jamais dans la course avec Nu Sailor Lena.

GPR. : Quel est votre programme jusqu’à la parution de la liste des sélectionnés ? Pensez-vous faire partie de l’équipe qui ira en Normandie ? Quels sont vos objectifs pour cette compétition ? Que peut-on attendre de la France en reining ?

F. P. : Un rassemblement de tous les couples pressentis est prévu le 29 juillet chez notre sélectionneur. Pour l’instant la suite de mon programme est encore vague, j’attends ses recommandations. Nu Sailor Lena est très fort, il peut m’emmener très loin. Le reste dépendra de la tactique qui sera mise en place. J’attends déjà de savoir si je vais concourir et si je le ferai par équipes ou en individuel. En individuel, la question ne se pose pas, il faut y aller le plus fort possible. En équipes, c’est le sélectionneur qui va donner ses consignes et ses exigences. J’espère que l’équipe de France montera sur le podium.

Nous sommes sept cavaliers présélectionnés et il y a six places. Comme les autres, j’ai peur d’être le septième. Je pense avoir ma place dans la sélection.  J’ai de l’expérience ce qui jouera probablement en ma faveur. En 1998 à Rome, j’ai été le cavalier choisi pour porter les couleurs de la France lors de la toute première présentation du reining aux Jeux équestres mondiaux. Ensuite j’ai pris part à ceux de Jerez en 2002, avec Boggies Uptown Girl. J’ai terminé dix-neuvième. J’ai également fait partie de la délégation française qui a participé aux Jeux d’Aix-la-Chapelle en 2006 avec Tobia. Malheureusement, je n’avais pas pu me rendre à Lexington en 2010. Mon cheval s’était blessé un mois avant la compétition. Ça a été très dur à vivre pour moi. Avoir préparé un cheval pour une telle échéance et ne rien pouvoir concrétiser c’est vraiment difficile à gérer. Pour ces mondiaux, j’ai travaillé trois chevaux et j’en ai un qui s’est détaché du lot. C’est un chemin lourd en investissement dans lequel nous n’avons pas droit à l’erreur.

GPR. : En dehors des JEM de cet été, quels sont vos objectifs à plus ou moins long terme ?

F. P. : Je me suis bien sûr focalisé sur les mondiaux. Surtout que cette échéance nécessite deux à trois ans de préparation. Je pense me rendre à Équita’Lyon et continuer à concourir dans des épreuves réservées aux jeunes chevaux. Je forme actuellement ND Tiger Wood qui est âgé de six ans. Je ne le brusque pas mais il est très bon. Je l’ai amené au Pin le week-end dernier. Dans une épreuve alternative aux championnats d’Europe, il a terminé cinquième parmi trente partants. Pour moi c’est un véritable cheval d’avenir.

Propos recueillis par Pauline Arnal

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