'PARTIR DES ÉCURIES FAMILIALES ÉTAIT IMPORTANT POUR MA CARRIÈRE,' GEOFFROY DE COLIGNY

Avec sa nouvelle organisation, Geoffroy de Coligny se tourne de plus en plus vers le haut niveau. Photo PSV Morel

Samedi 05 juillet - 20h12 | Marie de Pellegars

'PARTIR DES ÉCURIES FAMILIALES ÉTAIT IMPORTANT POUR MA CARRIÈRE,' GEOFFROY DE COLIGNY

Grand gagnant du CSI 3* de Canteleu le week-end dernier, Geoffroy de Coligny, seulement vingt-trois ans, gère son écurie d’une main de maître. À peine installé à son compte avec son amie, Coralie Leducq, le Normand a déjà un système bien rodé et pense comme un chef d’entreprise. Contacté par GrandPrix-Replay, il a accepté de dévoiler les clés de son succès grandissant.


GrandPrix-Replay.com : Vous venez de vous installer à vingt-trois ans seulement à votre compte, où êtes-vous situé ? Geoffroy de Coligny : Je suis entre Deauville et Pont l’Evêque à Coudray-Rabut. Je me suis installé avec mon amie Coralie Leducq au haras de la Martinière. C’est surtout grâce à ses parents que ce projet a pu aboutir. Ils nous ont aidés à financer les écuries. J’ai mon piquet de vieux chevaux et j’ai aussi une dizaine de jeunes chevaux. J’ai toujours voulu être chez moi et m’installer dans un coin porteur. C’est vraiment bien situé, je ne suis pas très loin de Paris, de la Manche. Je suis au cœur de la compétition et ça me permet de toujours me confronter à un bon niveau de cavaliers. Cela me permet d’être plutôt performant dès que j’arrive dans des concours plus importants.

GP-R. : Comment êtes-vous organisé ? G.C. : J’ai changé mon système. Chez mon père, je montais énormément de jeunes chevaux. C’était parfois compliqué de tout gérer. Pour mes vieux chevaux, c’est plus confortable. Ça me permet de faire un travail de qualité et d’aller sur de plus beaux concours. Mes propriétaires me font confiance. Il s’agit surtout d’une écurie de valorisation et de commerce. Nous avons aussi des propriétaires amateurs. J’aime enseigner je trouve que ça aide à progresser. Nous avons une cavalière maison, Roxane Vincelot. Nous nous lançons aussi un petit peu dans l’élevage. Nous avons une jument que nous faisons saillir cette année. Nous essayons d’avoir une autre source pour avoir de bons chevaux. Coralie débute tout juste dans le monde professionnel. Elle a passé son monitorat. Pour l’instant c’est plus moi qui monte les chevaux en concours. Nous mettons tout en place pour que les écuries fonctionnent.

GP-R. : Pouvez-vous nous parler de votre piquet de chevaux ? Quel est votre mode de fonctionnement ? G.C. : Mes propriétaires m’ont suivi dans mon déménagement. J’ai vraiment un lot de chevaux très sympa. Pancho du Lesme, que j’ai en copropriété avec Monsieur Rebiffe, est actuellement blessé. Qargenta du Plessis est agréé étalon, je le monte uniquement en concours. Monsieur Rebiffe me confie Qaid Louvière. C’est un fils de Mr. Blue, il est génial et me donne tout. J’évolue avec les chevaux de Monsieur Volkaert de l’élevage du Plessis, dans l’Eure. Raimondo du Plessis est très performant et Sorrento du Plessis, son propre frère, est sûrement un cheval d’avenir. J’ai aussi les chevaux de Coralie. Atina de Ravalinghien commence à être performante à 1,40m. Je concours également en Jeunes Chevaux avec ceux qui sont dans mes écuries mais aussi certains que je monte au pied levé. Ça me permet de préparer une relève. Tous mes chevaux sont à vendre. Les propriétaires ne sont pas pressés. Ils aiment voir leurs chevaux en concours. Le but est toujours d’aller le plus loin possible puis de vendre.

GP-R. : Aimez-vous monter les chevaux au pied levé ? G.C. : Ce système n’est pas l’idéal mais le propriétaire de Qargenta adore son cheval, il le monte tous les jours. Ça a toujours été convenu comme ça. Ça se passe plutôt bien ainsi. Avec les jeunes chevaux, ça permet aux éleveurs de diminuer leurs frais et moi ça me permet d’avoir un œil sur les nouvelles générations. Après ce n’est pas le système que je souhaite développer. J’aime avoir un travail régulier et suivi de mes chevaux c’est pour moi l’idéal.

GP-R. : Depuis quand êtes-vous professionnel et où avez-vous commencé ? G.C. : J’ai arrêté les études, juste après le bac. Après j’ai débuté chez mes parents. J’avais toujours dit que je voulais m’installer à mon compte, ça a toujours été prévu. J’avais hésité à partir à l’étranger, mais j’ai eu l’opportunité de pouvoir m’installer. Je préfère être chez moi, je suis maître de mes décisions. Sans les parents de mon amie je n’aurais jamais pu le faire.

GP-R. : Avec qui travaillez-vous ? G.C. : J’ai toujours travaillé avec Dominique Faye. Robert Breul me donne aussi des petits coups de mains quand Dominique ne peut pas être là en concours. Reynald Angot m’a aussi conseillé. J’aime être entouré et avoir un œil extérieur. Dominique vient une fois ou deux par mois. En pleine saison, c’est plus compliqué mais il vient sur les concours pour me faire travailler. L’expérience que je peux avoir à cheval, malgré mon jeune âge, je la dois à mes parents et surtout à mon père. Mais je ne travaille plus avec lui car il préfère garder ses chevaux chez lui.

GP-R. : Cette année est importante pour vous. Vous venez de vous mettre à votre compte et vous obtenez de plus en plus de résultats dans de belles épreuves. Vous venez d’ailleurs de remporter le Grand Prix du CSI 3* de Canteleu le week-end dernier. Comment l’expliquez-vous ? G.C. : Les chevaux ont évolué, j’ai mûri. J’ai essayé de prendre mon temps et de faire au mieux avec ma jeune expérience. Ça commence à aboutir. Par rapport aux autres années, j’ai fait plus de beaux concours. J’ai été à Palaiseau, Fontainebleau, au Grand National de Marolles-en-Brie, celui d’Auvers, de Deauville. À Canteleu, ça a vraiment abouti. Je fais plus de concours que lorsque j’étais chez mon père. J’ai préféré privilégier la qualité à la quantité de chevaux. Le système de mon père ne me correspondait pas car plus tourné vers l’élevage. Mais il ne faut surtout pas oublier que si j’en suis là aujourd’hui c’est grâce à mes parents. Je n’aurais jamais eu l’expérience que j’ai aujourd’hui si je n’étais pas passé par là. Je ne l’oublierai jamais. Je trouve ça vraiment dommage que nous ne puissions plus travailler ensemble. L’avantage que j’ai eu d’avoir monté beaucoup de chevaux chez lui est que je ne suis pas déstabilisé par les ruades de Qaid où même comme à Canteleu quand mon étrivière se détache, ça ne me pose pas trop de problèmes. J’ai rapidement appris à m’adapter aux chevaux et à réagir dans les situations délicates. Mais, il fallait que je m’en aille c’était important pour ma carrière et les résultats parlent d’eux-mêmes.

GP-R. : Qu’est-ce qui vous a poussé à prendre votre envol ? G.C. : Je sentais qu’il était temps pour moi de partir. J’y croyais et je me sentais prêt. Je savais que j’avais des propriétaires qui me suivaient et me faisaient confiance. J’ai eu la chance de débuter mon affaire avec du monde derrière moi. Pour pouvoir faire des épreuves plus importantes, je sentais qu’il fallait que je passe ce cap. Je ne pouvais pas rester dans le système dans lequel j’étais pour faire ce niveau-là.

GP-R. : Quel va être votre programme pour la fin de l’année ? G.C. : Je participerai aux concours nationaux  pour travailler mes autres chevaux. J’irai au CSI 2* de Dinard, et ensuite je veux continuer à me classer un maximum dans les épreuves pour petit à petit avoir une place dans les plus gros concours. Je vise les championnats de France Pro 1 après peut-être que ça sera Pro Élite, je ne sais pas encore. Tout dépendra de mes résultats. Je cherche à être le plus performant possible sur ces hauteurs et à continuer de former des chevaux pour la relève.

GP-R. : La formation de jeunes chevaux semble être importante pour vous… G.C. : On ne sait jamais ce qui peut arriver, il faut toujours avoir une relève. C’est vraiment primordial pour moi. Je ne suis pas pessimiste mais j’aime prendre trop d’assurance plutôt que de me retrouver à pied. J’ai besoin d’avoir des chevaux derrière et ne pas trop me conforter avec ce que j’ai. Chez mon père je n’ai pas toujours eu de la qualité, je sais ce que c’est que de ne pas avoir de chevaux. C’est toujours moins agréable de monter dans un niveau inférieur.

Propos recueillis par Daphné Godfroy 

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