UN PETIT PAS POUR BASSEM, UN GRAND PAS POUR LE QATAR

Bassem Hassan Mohammed l'a emporté avec Victoria, déjà quatrième il y a deux semaines à Cannes. Photo Stefano Grasso/LGCT

Lundi 30 juin - 16h50 | Marie de Pellegars

UN PETIT PAS POUR BASSEM, UN GRAND PAS POUR LE QATAR

La sixième étape du Global Champions Tour a échu dans l’escarcelle de Bassem Hassan Mohammed et Victoria, ce soir à Monte-Carlo. Une première dans l’histoire du circuit, mais surtout dans l’histoire des sports équestres. Le Suédois Rolf-Göran Bengtsson et l’Irlandais Cameron Hanley, deuxième sur Casall Ask et troisième sur Living The Dream, ont complété ce surprenant podium. Jolie sixième place de Kevin Staut et Oh d’Éole.

Cela devait bien finir par arriver. De même que c’est en forgeant qu’on devient forgeron, c’est en montant des Grands Prix à 1,60m tous les week-ends qu’on finit par devenir cavalier de haut niveau. Cette leçon, inlassablement enseignée par Jan Tops - 'notre grand frère', comme l’a salué Bassem Hassan Mohammed en conférence de presse - dans ses luxueuses écuries de Valkenswaard, est appliquée à la lettre par ses élèves qataris. Bien aidés par des chevaux courageux, expérimentés et parfaitement dressés, achetés pour certains à prix d’or, deux ou trois cavaliers à la veste pourpre commencent à pointer sérieusement le bout de leur nez. Le meilleur d’entre eux est sans aucun doute ce jeune homme de vingt-sept ans, arborant des lunettes et un sourire touchant. On l’imaginait bien faire retentir l’hymne de l’émirat gazier un jour, mais peut-être pas si vite, pas à Monte Carlo, sur une piste aussi étriquée et davantage avec les géniaux Rosalia La Silla et Primeval Dejavu qu’avec Victoria, même si elle avait déjà terminé quatrième du Grand Prix de Cannes voici deux semaines. L’histoire n’en est que plus surprenante, et plus belle. Car il s’agit bien d’histoire. Pour la première fois en un siècle et demi de saut d’obstacle, un Qatari a remporté un Grand Prix du plus haut niveau. Un petit pas pour Bassem, ému aux larmes au moment de partager son plaisir avec tous ses compagnons de route, un grand pas pour le Qatar de Jan Tops, très heureux et fier lui aussi.

Un pas accompli avec panache, au mérite de trois tours parfaitement limpides avec sa fille de Tangelo van de Zuuthoeve, et rendu possible, il faut bien l’avouer, par le manque d’audace de Rolf-Göran Bengtsson, le seul adversaire de Mohammed au barrage, certes ouvreur, certes triple sans faute, mais capable d’aller tellement plus vite que cela avec le fabuleux Casall Ask. S’est-il vu gagnant trop tôt? 'Non', jure-t-il, avouant tout de même s’être montré trop prudent. 'Ma tactique n’était pas la bonne, en tout cas. Bassem Hassan a tout donné. Il a bien mérité son succès. Bravo à lui. Nous sommes habitués à voir les Qataris tous les week-ends. Ils sont bien encadrés, ils ont d’excellents chevaux, et ils progressent de semaine en semaine.' Beau joueur comme toujours, le Suédois!

Kevin Staut quatrième au général

Il n’y a donc eu que deux doubles sans-faute sur l’étroite piste ensablée installée sur le Port Hercule. Plus rapide couple à quatre points, du premier tour, Kevin Staut et Oh d’Éole, se sont à nouveau montrés rapides au second, même si, sixièmes au finale, ils ont été devancés par le Belge Constant van Paesschen sur Citizenguard Toscan de Sainte Hermelle et l’Italien Emanuele Gaudiano sur Admara 2. Les deux manches dessinées par Luc Musette ont écrémé une liste de départ disparate. Outre Constant, piégé dès le deuxième obstacle, la seconde manche a sapé les espoirs de six autres sans-faute de la première. Le Belge Pieter Devos et l’Espagnol Sergio Álvarez Moya y ont cru jusqu’au dernier vertical, fatal à Dream Of India Greenfield et Carlo 273. Deux fautes pour l’Américain Kent Farrington sur Blue Angel, l’Irlandais Denis Lynch sur All Star 5 et le Suisse Pius Schwizer sur Quidam du Vivier, et quatre pour la Britannique Yasmin Pinchen sur Ashkari. Pas de bol pour l'Irlandais Cameron Hanley, piégé d'une demi-seconde par le chronomètre avec Living The Dream, un hongre de neuf ans pour Toulon et une mère par Flamenco de Semilly.

Côté français, il n’y a pas eu de seconde manche pour Roger-Yves Bost et Poker des Dames, battus l’entrée du double ainsi que sur le deux. Pas de Grand Prix tout court pour Simon Delestre, qui a préféré préserver Stardust Quinhon, huit ans, et Quilvaro de Lyr, encore jugé trop vert pour ce Grand Prix.

Pour la première fois en six étapes, Edwina Tops-Alexander n’était pas au rendez-vous de la seconde manche, trahie par Old Chap Tame, qui a pédalé dans l’oxer placé en avant-dernier obstacle de la première manche après treize excellents sauts. L’Australienne reste en tête du circuit, mais les écarts se resserrent quelque peu. Elle devance désormais Rolf et Bassem de vingt et vingt-et-un points. Le premier Français est Kevin Staut, quatrième à trente-un-points grâce à sa belle opération du soir. Simon Delestre est dix-septième, Pénélope Leprevost dix-neuvième. Deux étapes vont s’enchaîner dans les deux prochaines semaines : Paris et Estoril.

À Monte-Carlo, Sébastien Roullier

Les classements

Les résultats du Grand Prix de Monaco

Le classement général du Global Champions Tour

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