L’ÉGYPTE MISE À L’HONNEUR SUR l'HERBE DE FRANCONVILLE

Karim Elzoghby a remporté le Grand Prix du CSI 4* de Franconville. Photo Ville de Franconville

Dimanche 22 juin - 21h32 | Sébastien Roullier

L’ÉGYPTE MISE À L’HONNEUR SUR l'HERBE DE FRANCONVILLE

Le CSI 4* de Franconville s’est conclu cet après-midi avec la victoire de Karim Elzoghby sur Amelia. Au terme d'un Grand Prix très fautif, seuls quatre cavaliers ont trouvé la clé. L’Égyptien a réalisé le plus rapide des double sans-faute. Il a devancé l’Américaine Brianne Goutal et le Belge Olivier Philippaerts.


La belle journée ensoleillée a offert un beau spectacle au public venu nombreux pour assister au CSI 4* de Franconville. L’ambiance était d’ailleurs de mise. Les cavaliers ont eu le droit aux encouragements tout au long de leur parcours et se sont vus à chaque fois félicité. Le parcours concocté par Jean-François Morand n’a pas laissé les cavaliers indifférents. Marcel Rozier a bien prévenu lors de la reconnaissance, « il ne faut pas négliger les obstacles et notamment le numéro trois, double de verticaux après un passage entre les arbres, le cinq, oxer carré situé après la rivière, le sept, oxer jaune en descente, le neuf, palanque en forme de vague vers la sortie et le dix, triple, oxer deux foulées, vertical une foulée oxer, avec une distance un peu courte. » Son élève, [Abdelkebir Ouaddar], associé à [Quickly de Kreisker], s’est d’ailleurs laissé surprendre par l’entrée du double et également par la rivière. La Britannique [Harriet Nuttall] avec [A Touch Imperious] a été la première à s’élancer sur le parcours. Elle s’est jouée de presque toutes les difficultés puisqu’elle a été seulement pénalisée d’un point de dépassement de temps. Le chronomètre a bel et bien été l’ennemi numéro un des cavaliers. Sur les quarante-trois partants, dix-huit n’ont pas réussi à rentrer dans les quatre-vingt-six secondes imparties. L’Irlandais [Alexander Butler], associé à [Will Wimble], a eu le droit au même score. Ces deux cavaliers se sont quand même octroyé les sixième et cinquième places. Les Français pourtant nombreux sur leur terre ont manqué de réussite comme [Aymeric de Ponnat] et [Quadesch Courcelle] qui ont concédé une faute à l’entrée du triple. Pour leur deuxième participation à un Grand Prix de ce niveau, le couple s’est offert une huitième place. Même pénalité pour [Julien Gonin] et [Queen Girl Kervec] qui ont mis à terre l’entrée du double. Ils ont fini septièmes.

Honneur aux jeunes


Seulement quatre cavaliers ont réussi à soulever les foules. Parti en troisième position, le Belge de vingt ans [Olivier Philippaerts] a réalisé le premier parcours sans faute avec Armstrong van de Kapel. Le public a été maintenu en haleine puisqu’il a fallu attendre le dossard numéro vingt de l’Égyptien [Karim Elzoghby] en selle sur [Amelia] pour à nouveau entendre le jingle du sans-faute retentir. Le jeune Tricolore [Julien Anquetin] âgé de vingt-deux ans, accompagné de son fidèle [Quanan Rouge] a conjuré le sort réservé à ses compatriotes et a terminé avec un score vierge de toute pénalité. L’Américaine de vingt-cinq ans [Brianne Goutal] a également signé un parcours parfait avec la petite [Wirma].

Le barrage a tenu toutes ses promesses. Le jeune Belge a donné le ton en prenant un rythme soutenu et en serrant ses virages. Il a terminé avec un magnifique double sans-faute. Karim Elzoghby, l’ainé des barragistes s’est alors élancé à toute vitesse sur la piste en herbe du Bois des Éboulures et a descendu de près de trois secondes le chronomètre d’Olivier. Julien Anquetin, seule chance française, a pris tous les risques pour remporter la victoire mais deux fautes l’ont relégué à la quatrième place. Il ne restait plus que la jeune Américaine pour détrôner l’Égyptien. La cavalière a serré un maximum ses courbes prenant même une option pour aller sur le double mais ses efforts ont été vain, elle a dû alors s’avouer vaincue et a pris la deuxième place de l’épreuve devant le fils de Ludo. 'Le parcours était très beau. Il y avait des difficultés un peu partout notamment des lignes courtes et de longues distances qui peuvent être pénalisantes. Ma jument a très bien sauté. Lors du barrage j’ai eu la chance de voir Olivier Philippaerts avant moi. Il a été très vite donc je savais que je devais être plus rapide et bien serrer mes courbes car Brianne est également une cavalière dangereuse. J’ai tenté et ça a marché je suis ravi', a réagi le vainqueur du jour, qui s'est offert sa première victoire dans un Grand Prix de ce niveau. 

Un concours fédérateur


Après un week-end réussi où le public et les cavaliers en sont partis très contents, Francis Delattre, maire de la ville et organisateur du concours s’est dit satisfait de cette vingt-cinquième édition. 'La nostalgie nous gagne déjà car c’était vraiment trois jours exceptionnels avec un très beau plateau, de très beaux parcours. Tout était parfait. C’est un moment fort pour nous de la vie municipale et régionale. Autour du cheval nous avons réussi à fédérer un projet. Il n’y pas que le sport, il y a aussi les spectacles. Ça devient l’occasion aussi pour nos jeunes d’avoir un contact avec ce magnifique animal. Le vendredi est peut-être le jour le plus touchant où il y a les écoles. Ils ont besoin d’avoir ce type de contact comme aller à la rencontre d’un maréchal ferrant. C’est aussi dans ce sens-là que c’est un événement. Nous mettons tout en œuvre pour qu’ils aient au moins une fois dans l’année l’occasion d’avoir un contact avec le cheval. Ils sont d’ailleurs ravis et c’est aussi une manière de préparer de nouveaux adhérents, de nouveaux équitants. Nous associons tout le monde. Il y aura une nouvelle édition l’année prochaine. Il ne faut pas négliger un autre aspect du concours : c’est le moment où des décisions sont prises.  Nous établissons des contacts. Les sponsors sont aussi intéressés par le fait qu’ils puissent amener à une belle soirée leurs fournisseurs, leurs correspondants, leurs comités d’entreprise donc c’est tout ce bouillonnement qui est aussi intéressant pour la vie même de l’agglomération. L’événement permet de mutualiser, fédérer et faciliter les échanges et les rencontres. J’ai d’ailleurs rencontré, il y a quelques années déjà, le directeur des développements d’Ikea, Monsieur Magnus Larsson qui accompagnait sa nièce. Il m’a fait part de son intention d’implanter un magasin à Franconville et je lui avais dit que ça nous intéressait. Il avait même trouvé le lieu en se promenant le dimanche matin dans la ville.  C’est devenu le premier employeur de la ville avec six cents emplois. Ça permet donc de belles rencontres. Le Grand Prix était intéressant. Nous avons donné l’occasion à des jeunes de s’exprimer. Nous mettons en avant le sport, nous ne proposons pas X épreuves pour faire de l’argent ce n’est pas notre but. On souhaite vraiment que les cavaliers puissent s’exprimer au mieux. Nous tenons à notre terrain en herbe. Nous sommes le concours anti bac à sable !', a-t-il conclu. Le rendez-vous est donc pris pour une vingt-sixième édition.

À Franconville, Daphné Godfroy


Les résultats ici. 

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