SCOTT BRASH INFLIGE UNE DOUCHE ÉCOSSAISE AU JUMPING DE CANNES

Après Doha, Scott Brash et Hello Sanctos ont ajouté Cannes à leur beau palmarès. Photo RB Presse

Lundi 16 juin - 09h30 | Marie de Pellegars

SCOTT BRASH INFLIGE UNE DOUCHE ÉCOSSAISE AU JUMPING DE CANNES

Au mérite d’un somptueux barrage, Scott Brash a brillamment remporté le Grand Prix du CSI 5* de Cannes, ce soir au stade des Hespérides. En selle sur Hello Sanctos, l’Écossais a devancé Luciana Diniz sur Fit For Fun 13 et Kevin Staut sur Silvana*HDC. Un Grand Prix débuté sous la pluie et achevé sous les spotligths azuréens. Belle soirée de sport.

Qui mieux qu’un Écossais pouvait défier les caprices du ciel cannois, passer à travers les gouttes, sauter trois manches de haut niveau sans renverser la moindre barre, et chasser tous les nuages pour triompher devant le gratin du jumping mondial? Personne. À ceux qui en doutaient encore, non, Scott Brash n’est pas numéro un mondial par hasard. Il l’a réaffirmé ce soir en imposant un défi presque impossible à relever au barrage. Quelle classe!

Quatre heures avant la traditionnelle douche au champagne sur le podium du Global Champions Tour, le trente-troisième Grand Prix de Cannes, cinquième étape du circuit d’élite du saut d’obstacles mondial, a débuté sous une pluie battante, incongrue pour un mois de juin sur la Croisette. Mais comme souvent au bord de la Méditerranée, les caprices du ciel n’ont pas duré, permettant au sport de se dérouler dans de bonnes conditions, même si quelques concurrents ont renoncé à prendre le départ ou vite abandonné. Le temps imparti par Uliano Vezzani a permis d’éviter les accidents et de sélectionner prudemment quinze sans-faute.

Six des neuf Français sont revenus en seconde manche, une belle performance. Pas de chance pour Roger-Yves Bost, tout près de l’exploit, Poker des Dames ne fautant que sur le dernier obstacle. Pas de bol non plus pour Marie Hécart, Myself de Brève, égale à elle-même en début de tour, cédant sur les trois derniers. Ç’a n’est pas passé non plus pour Olivier Guillon et Quedge Déenne, qui ne sont pas parvenus à sortir du triple, le Normand préférant abandonner.

Kevin Staut et Silvana*HDC, quelle rentrée !

Même si les ouvreurs, Timothée Anciaume et Padock du Plessis*HN, repris grâce à un quatre points rapide en première manche, ont fauté sur l’entrée du troisième double, on a eu tôt fait de penser que la seconde manche ne jouerait pas son rôle, les huit couples suivant la bouclant sans faute. Parmi eux, on citera Simon Delestre et Qlassic Bois Margot, bêtement piégés en début de première manche, après quoi l’étalon a survolé toutes les difficultés qui se sont présentées à lui. Dommage. Julien Épaillard, sans faute en première manche, n’a pas connu la même réussite dans la seconde, Cristallo A*LM, moins fringant, cédant trois fois. Huit points pour Pénélope Leprevost, accusant deux fautes d’antérieurs de Nayana, très convaincante au premier tour.

Le public cannois, toujours aussi enthousiaste, est verni, puisqu’il reste encore deux Français parmi les neuf barragistes. Un troisième tour ouvert sans faute, comme d’habitude, par Edwina Tops Alexander et l’extraterrestre Ego van Orti, incroyablement respectueux, mais pas assez rapide pour lutter avec les meilleurs. L’Australienne, cinquième ce soir, et classée dans les cinq premières étapes, s’est consolée en consultant le classement général du circuit, qu’elle domine désormais avec cinquante-cinq points d’avance sur Ludger Beerbaum et Luciana Diniz. Un monde! Son chrono a aussitôt été battu par Bassem Hassan Mohammed et Victoria. Le Qatari termine à une belle quatrième place.

Le public vibre ensuite au rythme des foulées de galop et des sauts de Kevin Staut et Silvana*HDC. Fraîche, bondissante, la grise signe un fameux triple sans-faute, trois secondes plus rapide encore. Pour son Grand Prix de reprise, la jument du haras des Coudrettes a ravi son monde. On la reverra sous la tour Eiffel, début juillet. Le meilleur est à venir. Au mérite de deux virages en épingle somptueux avant et après le double, Scott Brash propulse Hello Sanctos vers la victoire. La barre du dernier vertical tremble, mais reste sur ses taquets. Fabuleux. À peine moins rapide, bien que pénalisée, si l’on peut dire, par les grands sauts de Fit For Fun 13, Luciana Diniz boucle un superbe triple sans-faute qui lui offre la deuxième place, elle qui court toujours après son premier succès sur le GCT. N’entretenons pas le suspense, la messe est dite.

Rolf-Göran Bengtsson s’emploie pourtant à réussir l’impossible, mais le sublime Casall*Ask ne peut éviter de renverser le dernier vertical après une splendide galopade. Les espoirs de Daniel Deusser s’évanouissent dès la deuxième difficulté, un oxer, l’Allemand butant aussi sur le dernier. Plus rageant encore, Nicolas Delmotte, auteur de deux manches magnifiques avec Number One d’Iso*Un Prince, flanche sur le vertical numéro un. Zut, il méritait mieux que sa déjà très belle huitième place. Seuls Hans-Dieter Dreher et la gravure Embassy II peuvent encore coiffer Brash et Sanctos, et ils vont tout tenter. Leur barrage, à donner des frissons, s’achève hélas par une faute… sur le dernier.

Ce soir, la Croisette a découvert la douche écossaise, et n’a pas boudé son plaisir. Dans deux semaines, le Global Champions Tour a rendez-vous sur le port Hercule de Monte-Carlo,  à cinquante kilomètres de là. Pour un première victoire française?

À Cannes, Sébastien Roullier

 

Les résultats

Les résultats du Grand Prix de Cannes

Le classement général du Global Champions Tour

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