DANIEL DEUSSER ET SON CORNET DE GÉNIE TRIOMPHENT À LYON

Daniel Deusser et Cornet d'Amour ont réussi une finale parfaite. Photo Scoopdyga

Jeudi 24 avril - 18h31 | Marie de Pellegars

DANIEL DEUSSER ET SON CORNET DE GÉNIE TRIOMPHENT À LYON

La trente-sixième finale de la Coupe du monde s’est achevée, cet après-midi à Lyon, par un doublé allemand. Daniel Deusser est le sixième cavalier d’Outre-Rhin à remporter cette finale après Ludger Beerbaum, Otto Becker, Marcus Ehning, Meredith Michaels-Beerbaum et Christian Ahlmann. À l’arrivée, Daniel devance Ludger, le reste du monde sauvant l’honneur grâce à la troisième place du Britannique Scott Brash. Les Français, eux, on fait ce qu’ils ont pu.

Sixième de la Chasse, quatrième vendredi du Grand Prix et double sans-faute aujourd’hui, [Daniel Deusser] n’a pas volé sa victoire. Il l’a plutôt construite dans le calme, tel un cavalier d’expérience, accordant toute confiance à son crack, [Cornet d Amour], copropriété des écuries Stephex et des Américains de Double H Farm. Le hongre Westphalien de onze ans, magnifique fils de Cornet Obolensky, s’est montré impérial, ne touchant guère que le vertical numéro un en seconde manche, signe de tension légitime chez son cavalier. Daniel a fait mieux qu’un autre Allemand, [Marcus Ehning], équipé d’un autre fils de Cornet inscrit au même stud-book, [Cornado] NRW. Neuvième vendredi et dixième samedi, le superbe gris n’a pas davantage touché de barre cet après-midi, mais ses chronos les deux premiers jours ont joué en sa défaveur.

Ludger Beerbaum, lui, n’est pas passé loin du succès en employant une autre tactique, à savoir présenter le rapide [Chaman] dans la Chasse, dont il a pris la troisième place, avant de terminer douzième samedi avec une faute au barrage sur [Chiara 222], jument également double sans-faute aujourd’hui. Pas mal pour un cavalier qualifié à la toute dernière minute! [Scott Brash], lui, a réussi une excellente première finale de Coupe du monde. Sans une faute bête d’[Ursula XII] dans la Chasse, il aurait sans doute fait entonner God Save The Queen cet après-midi. Sa solidité dans les moments les plus intenses est réellement impressionnante. Il n’est pas numéro un mondial pour rien.

Lundi sans soleil pour Steve Guerdat

Le plus malheureux ce soir est très certainement [Steve Guerdat]. Seul en tête avec un score vierge après le retrait malheureux de [Patrice Delaveau] et [Lacrimoso] 3*HDC hier, le Suisse n’avait pas un boulevard devant lui, mais de bonnes chances de vaincre enfin son signe indien. Son rêve a pris un sérieux coup dans l’aile quand [Nino des Buissonnets] a fauté de manière totalement imprévisible sur l’oxer numéro douze de la première manche, après avoir formidablement franchi les plus grosses difficultés. On n’attendait pas davantage le voir s’incliner sur le haut vertical défendant l’entrée du triple de la seconde manche, même si huit autres concurrents l’avaient renversé avant lui. Il retentera sûrement  sa chance l’an prochain à Las Vegas.

Le Néerlandais [Maikel van der Vleuten], lui, aurait pu accrocher le podium mais VDL Groep [Verdi] NOP, régulier dans les plus grands événements, a laissé passer sa chance en bouclant le premier tour avec huit centièmes de seconde de temps dépassé. Il s’est ensuite incliné sur la fameuse entrée du triple, si légère et piégeuse. Sa sixième place reste honorable. [Beezie Madden], la tenante du titre, espérait forcément mieux qu’une septième place avec son bon [Simon]. L’Américaine a d’abord échoué sur le milieu du triple au premier tour, puis sur le vertical douze au second. Le fils de Mr Blue n’est plus aussi souverain que l’an passé, où sa marge sur les obstacles était incroyable. Beezie devance [Pius Schwizer], qui n’a pas à rougir de la première finale de l’excellent [Toulago]. Le hongre de neuf ans a sans doute beaucoup appris aujourd’hui de ses fautes sur l’oxer onze dans les deux manches.

Simon Delestre et Kevin Staut ont fait de leur mieux

[McLain Ward] et [Charlie Jayne] complètent ce beau top dix. Derrière [Michael Whitaker], onzième, recordman du nombre de finales disputées (vingt-trois), et toujours en quête de son premier succès, on ne peut que saluer la douzième place d’[Abdelkebir Ouaddar] et [Quickly de Kreisker]. Pour sa première finale, le Marocain s’est montré largement à la hauteur de l’événement. S’il a, une fois encore, pu compter sur le génie du fils de Diamant de Semilly, il a aussi dû composer avec ses facéties et ses nombreuses ruades. Sur des parcours d’un tel niveau, on ne peut s’empêcher de penser que le crack y laisse de l’influx, ce qui peut expliquer ses fautes sur l’entrée du premier double au premier tour, puis sur le fameux vertical d’entrée du triple au second. En tout cas, l’élève de Marcel Rozier et son Selle Français ont été ovationnés à la hauteur de leur classe.

Les Français n’ont pas connu autant de réussite. Forcément abattus après le retrait de leur coéquipier et ami, [Kevin Staut] et [Simon Delestre] ont fait ce qu’ils pouvaient, mais [Silvana]*HDC est peut-être un peu moins forte que par le passé, tandis que [Valentino Velvet] reste un peu juste face à de tels parcours. Le Lorrain a bouclé son premier tour avec treize points concédés sur le vertical sept, l’oxer de sortie du triple et l’entrée du double de verticaux. Le Normand, lui, a renversé les verticaux sept et neuf A, placé en entrée du deuxième double. La France connaîtra sûrement des jours meilleurs, à Lyon, en finale de Coupe du monde et ailleurs.

À Lyon, Sébastien Roullier

Les classements

Le classement général de la finale de la Coupe du monde ici

Le classement de l’ultime épreuve en deux manches ici

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