PATRICE DELAVEAU ET STEVE GUERDAT AU COUDE À COUDE À LYON

Patrice Delaveau et Lacrimoso 3*HDC ont signé un excellent double sans-faute, ce soir à Lyon. Photo PSV Morel

Dimanche 20 avril - 18h47 | Sébastien Roullier

PATRICE DELAVEAU ET STEVE GUERDAT AU COUDE À COUDE À LYON

Les finales de Coupe du monde ont ceci d’excitant qu’il s’y passe toujours quelque chose d’inattendu. Après une Chasse manquant quelque peu d’originalité dans le tracé et le scénario, on attendait un Grand Prix sélectif en guise de plat de résistance dans cette trente-sixième finale de Coupe du monde. Hélas, celui-ci a accouché de vingt-et-un sans-faute, transformant le barrage en véritable partie de poker. Une partie dont est sorti vainqueur Kent Farrington, en selle sur sa fusée Voyeur. Une partie au terme de laquelle Patrice Delaveau et Steve Guerdat se partage désormais la tête du classement général. Les deux ultimes manches de lundi s’annoncent passionnantes.

Hier soir, Frank Rothenberger l’annonçait confiant: il n’y aurait pas plus de dix sans-faute dans la deuxième étape de cette finale française de Coupe du monde. Il disait encore : 'le temps imparti jouera un rôle majeur, ce qui peut tout changer'. Ce soir, le chef de piste allemand a vu s’effondrer son plan de bataille quand les juges de la Fédération équestre internationale ont tout bonnement refusé d’abaisser le temps imparti de trois à quatre secondes comme il est allé le leur demander après le passage du premier couple, sans faute très largement dans le temps. Cet usage et cette liberté offerte au metteur en scène, qui pénalise parfois les tout premiers concurrents, notamment quand le temps imparti se trouve allongé, n’est vraisemblablement plus du goût des responsables du jumping à la FEI, ce que John Roche, le directeur chargé de cette discipline, est venu rappeler durant une conférence de presse sacrément plus animée qu’à l’accoutumée.

Frank Rothenberger n’a peut-être pas mesuré la longueur de son parcours avec suffisamment de rigueur – ce dont on peut douter. Il a plus sûrement été contraint par la vitesse réglementaire en vigueur en indoor de 350 m par minute (contre 400 en extérieur), certes adaptée aux petites pistes, mais pas à une grande arène telle que celle de Lyon. 'Les juges n’ont fait qu’appliquer le règlement', a fermement défendu John Roche, visiblement agacé.

Que fallait-il faire? Elargir les oxers, rehausser les verticaux, et durcir le parcours? 'Au nom de tous les chevaux et les cavaliers présents ici, je peux vous assurer que tout le monde préfère devoir affronter un temps plus serré qu’un parcours plus exigent. Franchement, John, une finale de Coupe du monde n’est pas le bon endroit pour changer un règlement ou se mettre à appliquer celui-ci à la lettre! Le chef de piste connaît son métier mieux que personne, et mieux que n’importe quel juge de la FEI.' Courageux, véhément et grand seigneur, le champion olympique suisse. À cheval comme à pied, cet homme-là fait honneur à son sport.

Kent Farrington met tout le monde d’accord

À cheval, il a dû se conformer à l’étrange réalité de ce soir, et affronter vingt adversaires au barrage.  Après les fautes du Brésilien [Yuri Mansour Guerios] et de l’Allemand [Lars Nieberg] sur [First Division] et [Leonie W], l’Américain [Charlie Jayne] a signé le premier double sans-faute sur [Chill R Z]. Deux barres sont ensuite tombées au passage de l’Américaine [Katherine Dinan] sur le tout bon [Nougat du Vallet]. N’ayant pas d’autre choix vu les dispositions d’[Ego van Orti], [Edwina Tops-Alexander] a assuré un bon double sans-faute. Un autre Américain, [Kent Farrington], peu inspiré hier dans la Chasse, s’est rebiffé ce soir en signant un barrage de très haut vol avec [Voyeur]. Intouchable.

Mis sous pression, obligé de l’emporter pour conserver une chance de succès final, [Kevin Staut] prend tous les risques avec [Silvana]*HDC. La jument, à l’aise au premier tour, puis encore dans ce début de barrage, fauche hélas l’entrée du double, avant de s’arrêter devant le vertical dix, réduisant à néant les derniers espoirs du Normand. Aurait-il pris autant de risques dans un barrage à huit ou dix? On ne le saura jamais. Les barres tombent aussi pour [Michael Whitaker], quatre points avec le délicat [Viking], [McLain Ward], huit points avec [Rothchild], et [Leslie Burr-Howard], quatre [Tic Tac].

Dans le money-time, les doubles sans-faute s’enchaînent plus ou moins vite pour [Beezie Madden] et [Simon], [Scott Brash] et [Ursula XII], [Marcus Ehning] et [Cornado NRW], trop faciles, [Christian Ahlmann] et [Aragon Z], [Maikel van der Vleuten] et VDL Groep [Verdi] NOP, [Daniel Deusser] et [Cornet d Amour], puis enfin [Steve Guerdat], auteur d’un barrage presque aussi parfait que celui de l’an passé à Göteborg, dans cette même épreuve, qu’il avait magistralement remportée avec [Nino des Buissonnets]. Il termine cette fois deuxième derrière Farrington.

Pas de chance, en revanche, pour [Ludger Beerbaum], piégé sur la sortie du double avec [Chiara 222]. Eurexpo redouble alors ses encouragements pour [Patrice Delaveau] et [Lacrimoso] 3*HDC. Le Normand s’est longtemps demandé s’il devait assurer ou tenter pleinement sa chance. Il a trouvé un excellent compromis avec un double sans-faute assez compétitif pour terminer cinquième ce soir, ce qui le positionne à la première place au classement général provisoire, à égalité avec Guerdat. Génial! Pas de chance enfin pour [Pius Schwizer], qui avait l’occasion de prendre le large. [Toulago] emmène avec lui l’entrée du double, reléguant son pilote suisse à la quatrième place ex-aequo. Vivement lundi!

À Lyon, Sébastien Roullier

Les résultats

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