BEEZIE ET VIA VOLO S'OFFRENT UN DRÔLE DE GRAND PRIX À MIAMI

Sur une pelouse peu habituée au appels et réceptions de saut d'obstacles, Beezie Madden et la bouillante Via Volo ont remporté le Grand Prix, cette nuit à Miami. Photo Pixizone

Jeudi 10 avril - 15h30 | Marie de Pellegars

BEEZIE ET VIA VOLO S'OFFRENT UN DRÔLE DE GRAND PRIX À MIAMI

La nuit dernière, Beezie Madden et Coral Reef Via Violo se sont adjugé un Grand Prix assez exceptionnel, compte tenu de sa tenue dans l'immense stade de football américain de Miami. Comme prévu, l’Américaine s’est alignée au départ de ce Grand Prix hors normes avec Coral Reef Via Volo. Et presque comme prévu – tout du moins comme espéré par son staff – elle s’est imposée au barrage, portant son compteur à trois victoires dans l’American Invitational, organisé pour la première fois dans l’antre des Miami Dolphins. Meredith Michaels-Beerbaum a signé le seul autre double sans-faute avec sa nouvelle monture, Atlanta.
 
Les plans de la numéro un américaine semblent vouloir se réaliser. Interrogée en janvier sur le programme de sa saison et son piquet de chevaux, Beezie Madden avait annoncé la couleur. Simon économisé en vue de la finale de la Coupe du monde, Cortes C jouerait les premiers rôles dans les plus importants Grands Prix du Winter Equestrian Festival, tandis que Coral Reef Via Volo serait aligné dans les épreuves 'spéciales', comme cet American Invitational. 'Quand je viens ici, je repense toujours à mes victoires avec Authentic', témoigne la quinquagénaire. C’est en effet la troisième fois que Beezie l’emporte après les éditions 2005 et 2007, disputées dans un autre stade de football américain, celui de Tampa, au nord-ouest de la Floride.
 
Des conditions particulières
 
Certains cavaliers ont préféré jeter l’éponge avant de franchir le numéro un. Parmi eux, le numéro deux mondial, Ben Maher. Deuxième favori des parieurs, il s’est contenté d’un tour de piste avant de rentrer aux écuries. Cella n’a visiblement pas trop aimé l’ambiance du Sun Life Stadium, au point que, pour qu’elle cesse de se cabrer, Ben a dû sortir au galop de la parade des champions, sorte de défilé des nations version individuelle. Quelques minutes plus tard, Ben s'est fendu d’un tweet laissant penser que la qualité du sol était davantage à l’origine de sa décision, point qu’a soulevé spontanément la gagnante du jour en conférence de presse. 'Cela a pris du temps à Tampa avant d’obtenir ce que l’on attend vraiment d’un sol pour ce type de compétition. Je suis confiante, je suis certaine qu’ils trouveront la bonne solution', a-t-elle commenté. Sa compatriote Lauren Hough, troisième de l’épreuve, a, elle aussi, trouvé que le sol posait problème, sans pour autant remettre en cause l’organisation. Le gazon du terrain de football, du type de celui que l’on trouve sur les greens de golf, est très dense. Sous l’effet de l’appel et de la réception des chevaux, il se plisse tel un tapis, gênant certains chevaux et donnant du travail aux équipes de piste (arrosage à grandes eaux en début d’épreuve, et roulage tous les 10 partants… !).
 
L’American Invitational se mérite
 
Les chevaux, logés depuis la veille sous une tente aux pieds du stade, ont tous pu jeter un œil à la piste depuis l’entrée. Hormis Cella, peu se sont montrés émus par les lumières, le bruit, et les couleurs vives – orange et bleu, celles des Miami Dolphins. L'Irlandais Shane Sweetnam a manqué de peu sa qualification pour le barrage, terminant sixième et plus rapide des quatre points, ce qui lui a suffi pour participer à la remise des prix. Le triple vainqueur et tenant du titre, McLain Ward, a fait son possible pour maintenir la fougue de Rotchild. Hélas, l’alezan râblé a laissé traîner les antérieurs sur le numéro un. Les doubles – au nombre de trois – ont été les principaux juges de paix, manquant de faire tomber le sponsor principal de l’épreuve, Gustavo Arroyo, auteur d’une cascade réussie et finalement pas rancunier.
Le parcours, imaginé par l'Américain Steve Stephens, aidé de Leopoldo Palacios, proposait des contrats de foulées complexes, que Coral Reef Via Volo a été la seule à réellement survoler. La petite bombe de Lauren Hough, Ohlala, aurait pu l’emporter, mais prise de vitesse, elle a commis une faute quasiment inévitable, terminant avec le meilleur chrono du barrage. Margie Engle et son impressionnant Royce, un entier bai avec une crinière poivre et sel, chouchous du public, ont, eux aussi, laissé filer la victoire. Beezie se rappelle ainsi au bon souvenir des observateurs à quinze jours de la finale de la Coupe du monde, une finale qu’elle compte bien remporter une seconde fois d’affilée, comme prévu.
 
À Miami, Xavier Boudon

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