OÙ EN EST L'ENDURANCE FRANÇAISE À CINQ MOIS DES JEUX ?

Alain Soucasse, Bénédicte Émond-Bon et Sophie Dubourg travaillent avec le reste des équipes fédérales afin de construire une délégation française solide pour les JEM. Photo PSV Morel

Lundi 07 avril - 10h41 | Marie de Pellegars

OÙ EN EST L'ENDURANCE FRANÇAISE À CINQ MOIS DES JEUX ?

Vendredi dernier, à l'occasion du CEI 3* de Fontainebleau, première étape de sélection, s'est tenue une conférence de presse afin de faire un point sur la situation actuelle de l’endurance. Celle-ci a rassemblé Pascale Dietsch, membre du comité fédéral représentant la discipline, Sophie Dubourg, directrice technique nationale, Alain Soucasse, directeur technique national adjoint, Christophe Pélissier, vétérinaire officiel, et la sélectionneuse Bénédicte Émond-Bon.

Toutes les parties prenantes des Jeux équestres mondiaux FEI Alltech 2014 sont aujourd'hui sorties de la période hivernale et entrées dans le vif du sujet avec la préparation et l'évaluation en compétition. 'Aujourd’hui, la France est victorieuse, c'est très positif. Nous avons des jeunes couples pour lesquels nous avons eu de bonnes surprises. La saison va être jalonnée de compétitions et de stages. Nous avons du temps puisque la sélection finale en endurance pour les JEM doit être rendue le 14 août. Nous allons l'utiliser pour avancer ensemble sur une liste longue à potentiel et arrêter notre sélection le plus tard possible', a expliqué la DTN. Pour elle, comme pour son adjoint, Alain Ducasse, l'objectif est d'amener à l'échéance normande des couples prêts et performants. Ce dernier compte également sur cet événement pour populariser la discipline, 'malheureusement l'endurance est trop souvent laissée aux faits divers alors que son essence même est principalement le sport et la course. De plus, les équipes de France ont un palmarès prestigieux, deuxième par équipe à Lexington pour les JEM en 2010, champion d'Europe à Most, l'année dernière… '.

Des ventes pénalisantes

Cette année, les équipes fédérales doivent également faire face à de nouveaux défis, celui des ventes des meilleurs chevaux français mais aussi celui des cavaliers qui, à l'image de [Cecile Miletto Mosti] naturalisée italienne, changent de nationalité. 'Pour être sélectionnable, deux critères techniques sur chacune des quatre courses sont à respecter. Tout d'abord, il est impératif d'arriver dans un délai de quinze minutes après le premier cavalier français. Il faut également satisfaire un contrôle vétérinaire le lendemain de façon à observer l'état des chevaux après la performance. Je me laisse évidemment une possibilité de rattraper les chevaux qui arrivent après les quinze minutes imparties en raison notamment des ventes très importantes des chevaux français performants. Je risque sinon de me retrouver sans couple à l'arrivée. Je vais peut-être ratisser un peu plus large en espérant qu'il m'en reste. Les deux meilleurs chevaux français de Lexington ont été vendus. La différence avec les autres disciplines est qu'il n'y a pas de gains sur les courses. Lorsqu'il y a des prix de vente de chevaux importants et que l'on voit ce que coûte une saison d'endurance, il y a un moment où les cavaliers ne peuvent pas refuser', a réagi Bénédicte Émond-Bon, sélectionneuse de l'équipe de France.

De plus, il existe en endurance ce que la Fédération équestre internationale appelle les 'cavaliers Élite'. Ces cavaliers ont terminé au moins dix CEI 3* dans leur vie et ont renouvelé tous les vingt-quatre mois par au moins une participation à une telle course. La plupart des cavaliers concourant à ce niveau ont cette étiquette. Ces derniers peuvent monter au pied levé n'importe quel cheval qualifié pour les JEM ce qui explique aussi les ventes très importantes car elles sont possibles jusqu'à l'extrême limite de la sélection nominative qui est le 25 juin. En France, seront alors sélectionnés dix cavaliers et quatorze chevaux.

Des inquiétudes demeurent

D'ici là, les athlètes français auront la possibilité de participer à trois autres courses de sélection, Rambouillet le 2 mai, Compiègne le 23 mai et Castelsagrat le dernier week-end de mai. Ils ne seront pas obligés de se présenter sur toutes les échéances mais ils auront la possibilité de réengager les chevaux n'ayant pas atteint les objectifs fixés. Il y aura également deux stages de préparation. Le premier se déroulera juste avant les nominatives et le second aura lieu à Compiègne du 1er au 3 août. À l'issue de ces deux rendez-vous, cinq cavaliers et sept chevaux seront définitivement sélectionnés le 14 août.

Concernant les objectifs de performance, les équipes sont inquiètes, 'le problème est qu'une échéance comme les JEM se prépare depuis deux ans au moins donc ce ne sont pas tant les ventes de demain ou d'aujourd'hui qui nous pénalisent mais celles de l'année dernière. Les cavaliers préparaient leurs chevaux pour les Jeux à travers notamment les participations aux Europe. Ces chevaux ont été vendus donc il va être extrêmement difficile pour nous de faire quelque chose en individuel avec des chevaux qui ne sont pas réellement préparés pour ce niveau de compétition', a exprimé Christophe Pélissier, vétérinaire de l'équipe de France.

Enfin, la conférence de presse s'est conclue avec la réaction de la sélectionneuse quant au fait que Meydan soit devenu partenaire officiel de l'endurance aux JEM, 'Je suis extrêmement en colère. Je crains vraiment que ce ne soit pas une vraie épreuve sportive. On va assister à un achat de médailles. Heureusement, la FEI a actuellement une démarche de rationalisation et de vigilance par rapport à ces problèmes. Il y a une vraie volonté de l'organisation pour que tout soit fait dans les règles et que le sport soit respecté, il faut espérer que cela fonctionne.'

À cinq mois des Jeux, le staff et les cavaliers ont encore beaucoup à faire. 

Marie de Pellegars-Malhortie

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