FONTAINEBLEAU, TOUS DERRIÈRE ET GÉRALDINE BRAULT DEVANT

Géraldine Brault a remporté l'une des plus belles victoires de sa carrière, hier à Fontainebleau. Photo archives collection privée

Mardi 01 avril - 18h33 | Marie de Pellegars

FONTAINEBLEAU, TOUS DERRIÈRE ET GÉRALDINE BRAULT DEVANT

Vendredi, à l’occasion d’un CEI 3*, s’est déroulée l’une des plus belles courses d’endurance françaises, longue de 160 km, au Grand Parquet de Fontainebleau. Quatre-vingt-douze cavaliers se sont affrontés sur six boucles différentes. Ils représentaient vingt-quatre nations. À l’arrivée, Géraldine Brault s’est imposée sur Pomoska du Barthas.

À 5h, le Grand Parquet était déjà au comble de son effervescence. Cavaliers, chevaux et équipes d’assistance attendaient impatiemment le départ prévu à 5h30. Plus de quatre-vingt-dix cavaliers, lumières frontales allumées, se sont élancées dans la nuit sur la première boucle de 34km. Celle-ci était essentiellement composée de parcours dans la plaine faute de visibilité. Quarante-cinq minutes plus tard, les cavaliers ont retrouvé leur assistance pour mouiller les chevaux, chose qu’ils recommencent toutes les demi-heures durant la course. Ce moment permet aux coaches et accompagnateurs de prendre des informations sur le déroulement des premiers kilomètres.

À 7h15, en selle sur Pomoska du Barthas, la Française Géraldine Brault franchit la ligne d’arrivée de cette boucle. Deux minutes plus tard, sa compatriote Noémie Gautier, associée à Oliver de la Radoire, apparaît. L’Espagnol Alex Luque Moral, avec Gazal Pakli, est en embuscade derrière les deux duos tricolores. Vient alors le temps du grooming afin de faire redescendre le rythme cardiaque des équidés pour les présenter dans les meilleures conditions possibles à la flopée de vétérinaires les attendant pour les examiner. Le chronomètre ne s’arrêtant qu’à partir du moment où le cheval entre dans l’arène réservée à l’inspection vétérinaire, le vet gate, une bonne récupération est essentielle. Celle-ci a été de 2’14’’ pour Pomoska contre 1’59’’ pour Oliver : les écarts se resserrent. La vitesse moyenne de cette étape s’est établie à 19 km/h.

Pomoska du Barthas tient le choc!

Après un temps de récupération accordé aux équipes, les chevaux sont repartis trois quarts d’heure plus tard sur la deuxième boucle, longue de vingt-trois kilomètres. Deux 'arrêts au stand' aux kilomètres 8,7 et 13,5, les athlètes rejoignent le Grand Parquet aux environs de 9h. Le trio de tête n’a pas changé et cinq minutes séparent les deux leaders. Cinquième de la première boucle, l’Équatorienne Sofia Ribadeneira remonte avec Kain et pointe en quatrième position. Bis repetita pour le grooming, le passage devant les vétérinaires et la pause. Et les coureurs repartent. Cette fois ils doivent courir près de 36km, la boucle la plus longue de la course. Il faut continuer à progresser sans puiser dans les ressources des chevaux. Encore une fois, Géraldine Brault répond présent puisqu’elle conserve sa pole position et distance de cinq minutes la jeune cavalière française  Clemence le Bihan, accompagnée de Namib Mouthes. Elle a commencé la course à la vingt-deuxième position et s’est emparée de la sixième place lors de la boucle précédente. La Belge Ingrid Celen ferme le trio de tête sur Florida J en terminant à sept minutes de la tête. La fin de cette troisième étape est sévère, puisque vingt et un couples sont contraints ou forcés d’abandonner à la suite du contrôle vétérinaire.

Seuls soixante-trois couples prennent donc le départ des vingt-deux kilomètres de la quatrième boucle. À l’arrivée, la meneuse conserve sa place. Elle est suivie d’Ingrid Celen, parvenue à récupérer une place et à devancer l’Italienne Daniele Serioli qui a sellé pour l’occasion Pika de Cardonne. Elles étaient auparavant quatrièmes. Un parcours de 42km sépare encore les couples de la ligne d’arrivée finale. Ils s’élancent donc sur 21km et la Bretonne, en remportant une nouvelle fois l’étape, se rapproche un peu plus de la victoire de cette CEI 3*. La Tricolore Dominique Payen compte sur la condition de Naëlle du Fonpeyrol pour s’adjuger la deuxième place. Le podium est alors 100% français puisque Denis le Guillou vient le compléter à dix centièmes de secondes de Dominique. Rien n’est encore joué.

Dominique Payen chute après le sprint final

Dans l’ultime étape, les cavaliers et les chevaux doivent tenir physiquement et moralement. Menant la course depuis les premiers kilomètres, Géraldine Brault et Pomoska du Barthas s’imposent finalement dans cette course de 160km. Elles déjouent les pronostics de bon nombre de cavaliers, qui ne les pensaient pas capables de tenir le rythme pendant la totalité de l’effort. Une réelle lutte se déroule pour la deuxième position. L’Allemande Sabrina Arnold avec Wamid, sixièmes précédemment, et la Française Dominique Payen sont bottes à bottes jusqu’à la ligne d’arrivée, sur laquelle la première s’impose. La seconde n’a que très peu profité de sa troisième place, puisqu’elle tombe juste après la ligne finale, dans un virage. Rien de grave apparemment, mais elle a tout de même été transportée à l’hôpital afin de la garder en observation. Une longue, longue, mais très belle journée d’endurance.

Marie de Pellegars-Malhortie

Les résultats

Les résultats de la CEI 3* de 160km ici

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