L’ENDURANCE QATARIE JOUE LA TRANSPARENCE

Une trentaine de concurrents ont participé samedi au CEI 2* dans le désert qatari. Photos Al Shaqab

Mardi 18 mars - 19h52 | Marie de Pellegars

L’ENDURANCE QATARIE JOUE LA TRANSPARENCE

Un CEI 2* était organisé samedi matin en marge du CHI d’Al Shaqab, dans le désert qatari. Des efforts sont effectués dans le pays pour redorer le blason de la discipline, en crise depuis de longs mois. Mais il reste encore beaucoup de travail pour changer durablement les mentalités.

Le soleil n’était pas encore levé au-dessus du village d’endurance de Mesaieed, au sud de Doha, lorsque les concurrents du CEI 2* se sont élancés pour 120 km dans le désert qatari. La fraîcheur matinale ne leur aura offert qu’un sursis provisoire. Le thermomètre dépassait déjà les 30°C à la mi-course et un nuage de poussière a très vite embrumé, au-delà des raffineries voisines, un horizon désespérément plat et aride. Le décor habituel de la discipline dans les pays du Golfe.

Ces derniers sont violemment pointés du doigt par plusieurs fédérations européennes pour leurs pratiques douteuses : dopage, maltraitance, corruption et on en passe. On assure au Qatar que le ménage est fait avec autant de zèle que celui des petites mains qui balayent en permanence l’immense tente bédouine hissée à côté du podium. Le pays ne veut pas être jeté dans le même panier que ses voisins, les Émirats arabes unis (EAU) en tête.

« On fait de notre mieux ici pour appliquer le règlement, souligne ainsi le Français Christian Lozano, recruté l’automne dernier par la Fédération qatarie pour développer l’endurance dans le pays. « On ne joue pas dans la même cour que les EAU. Ils ont un énorme réservoir de chevaux, la concurrence est féroce et les méthodes d’entraînement sont différentes. Si on fait n’importe quoi de notre côté, en laissant repartir des boiteux, on n’aura plus aucun cheval à faire courir. »

De violents coups de pied

Il faut reconnaître aux organisateurs qataris certains efforts de transparence au niveau du « vet gate ». L’accès à la zone est limité et le rythme cardiaque des chevaux s’affiche clairement, en temps réel, sur des écrans digitaux placés au-dessus des couloirs de contrôle. Finies les contestations. « On a l’impression qu’ils veulent jouer la bonne carte », confirme Nicolas Wahlen, en « tournée » en Moyen-Orient avant les prochains Jeux équestres mondiaux, pour lesquels il est en charge de la discipline.

L’organisateur du Festival mondial de Compiègne sait que cette dernière sera « attendue au tournant » en Normandie. « C’est pour ça que je me balade dans la région, afin de leur faire comprendre  que l’on peut gagner en étant propre et de les amener à se battre à armes égales avec le reste du monde. Ils ont eu ici l’intelligence d’inviter des vétérinaires étrangers de qualité, qui protègent l’intégrité de la course et donnent une ligne de conduite. C’est une bonne chose. »

Il reste malgré tout beaucoup du travail pour faire changer les mentalités locales. Un climat de suspicion régnait indiscutablement, samedi dernier, en marge de l’épreuve qatarie. Plusieurs chevaux ont notamment reçu de violents coups de pied dans l’abdomen (un carton jaune a été adressé pour cette raison) et on peut être perplexe quant à l’intérêt de les faire courir pendant plusieurs heures sur du plat, en plein soleil, par des températures pareilles. On retiendra, pour l’anecdote, que c’est un Qatari, Jassim Mohammed Ali Al Meadadi, qui a remporté la CEI 2*, sur Shabbab. L’un des quatre chevaux, seulement, à avoir vu l’arrivée.

À Doha, Sébastien Duval

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