'JE N'AI PAS L'IMPRESSION DE GÊNER LES AUTRES', PHILIPPE ROZIER

À l'image des Paris Gucci Masters, dont il a disputé le Grand Prix avec Rahotep de Toscane, Philippe Rozier doit sa place dans les CSI 5* aux invitations qu'il reçoit des organisateurs ou de ses propriétaires. Photo Sporfot

Mardi 04 février - 17h09 | Marie de Pellegars

'JE N'AI PAS L'IMPRESSION DE GÊNER LES AUTRES', PHILIPPE ROZIER

Philippe Rozier avait besoin de le dire : il ne prend la place de personne dans les grands concours. Bien qu'il refuse par principe de répondre aux commentaires des uns et des autres, notamment ceux venant d'internautes anonymes, il tenait à clarifier la question de sa présence dans de nombreux CSI 5*, alors qu'il ne dispose pas aujourd'hui d'un cheval prêt et compétitif pour les Grands Prix à 1,60m. Cela ne l'empêche pas de briller dans les épreuves de vitesse et de prendre du plaisir dans ces grands événements. Pour GrandPrix-replay.com, le Francilien, qui est aussi le sélectionneur-entraîneur de l'équipe du Maroc, fait le point sur ses projets, ses ambitions et son piquet de chevaux.

GRANDPRIX-REPLAY.COM : Certaines personnes, notamment sur internet, critiquent votre participation aux derniers CSI 5*. Ils estiment que vous prenez la place d'autres cavaliers. Que leur répondez-vous?
PHILIPPE ROZIER : Je ne veux pas répondre aux gens qui parlent anonymement. Ils ne savent pas de quoi ils parlent et se permettent de critiquer. Je ne prends la place de personne. J'essaie simplement de continuer à aller dans des beaux concours. Pour cela, je ne demande pas de sélections à la fédération, je contacte les organisateurs et j'ai des propriétaires qui me suivent… Je ne m'en cache pas. Je suis invité dans tous ces CSI 5*. Je sais bien que je n'y ai pas forcément ma place et qu'il y a des cavaliers bien meilleurs que moi. Cependant, ces derniers sont sélectionnés par Philippe Guerdat, alors que moi, je bénéficie d'une invitation. Il ne faut pas confondre. De plus, il ne faut pas oublier que cela fait quatorze ans que je n'ai pas monté en équipe de France. La dernière fois, c'était en 2000, aux Jeux de Sydney. Je n'ai donc pas l'impression de gêner les autres.

GPR. : Quelles sont vos impressions après le CSI 4* d'Amsterdam?
P.R. : C'était un concours vraiment super. Ce pourrait très bien être une étape de la Coupe du monde. Je n'ai pas pris part aux épreuves importantes avec mon cheval de tête, [Rahotep de Toscane] (Quidam de Revel x Laudanum). Je voulais aller doucement parce que l'objectif était de continuer à peaufiner mon travail avant Bordeaux.

GPR. : Quelles sont vos ambitions pour cette année 2014 ? Quel est votre programme?
P.R. : Pour le moment, je suis sûr d'aller à Bordeaux et de participer aux quatre semaines du Sunshine Tour, à Vejer de la Frontera. Nous ferons le point avec Philippe Guerdat après ces deux échéances et nous nous fixerons des objectifs. J'envisage d'aller le plus haut possible, bien sûr. Tant que je suis motivé, je ne me fixe pas de limite.

GPR. : Votre piquet de chevaux a-t-il évolué cet hiver?
P.R. : Je pense avoir un piquet de chevaux comme j'en ai rarement eu. J'ai vingt chevaux au travail et dont de très bons qui arrivent à maturité. Je crois beaucoup en Rahotep, je pense qu'il a un grand potentiel. Il a réussi un très bon concours à Bâle (double sans-faute et neuvième d'une épreuve à 1,50m avec barrage, ndlr). Nos résultats n'ont pas été très bons à Amsterdam (neuf points le vendredi, puis dix-sept le samedi dans des épreuves à 1,50m, ndlr), mais j'ai senti le cheval en pleine progression. Je le prépare depuis qu'il a cinq ans. La politique de mes propriétaires est d'avoir des jeunes chevaux et de les former. Cela fait la différence entre ceux pour qui être cavalier est un métier et ceux pour qui c'est un sport. Les premiers doivent faire rentrer de l'argent tous les mois, former leurs chevaux et les vendre. Les autres récupèrent des chevaux qui ont du métier et leur objectif est de gagner tous les week-ends. Cependant, nous venons d'acheter deux chevaux un peu plus âgés que d'habitude : [Qiouc d'Irleau] (Ephebe For Ever x Leprince de Thurin, propriété d'Alix Narolles) et [Impulsion]. Ils viennent de prendre dix ans mais ils n'ont pas encore d'expérience internationale (Qiouc a terminé cinquième du Grand National du Mans avec [Axel Narolles] fin octobre, ndlr). J'ai emmené Qiouc à Amsterdam. Je vais les mettre en route tous les deux au Sunshine Tour. Je compte également sur [Randgraaf] (relancé l'été passé par sa cavalière Syndie Rigaut, ndlr) et [Dakar C], qui ont été arrêtés l'année dernière. Dakar retravaille pour le moment avec mon frère, Thierry, mais j'espère encore avoir la possibilité de le remonter en Grand Prix.

GPR. : Vous êtes également le sélectionneur et entraîneur de l'équipe nationale du Maroc. Quels sont vos ambitions et votre programme pour vos cavaliers?
P.R. : J'attaque ma deuxième année avec le Maroc. Je vais emmener quarante chevaux et quinze cavaliers au Sunshine Tour, comme l'année dernière. Nous allons essayer de qualifier le plus de cavaliers possibles pour les échéances importantes telles que la finale de la Coupe du monde et les Jeux équestres mondiaux. Certains d'entre eux sont déjà bien lancés et d'autres se préparent avec de nouveaux chevaux. Le principe est très simple. Nous souhaitons emmener le Maroc le plus loin et le plus haut possible. Nous avons un programme sur le long terme et nous voulons faire progresser les cavaliers et les chevaux. Nous venons à ce titre d'embaucher Olivier Desutter. Depuis cette semaine, il est mon adjoint. Nous nous complétons comme Thierry Pomel et Philippe Guerdat avec l'équipe de France. C'est le même état d'esprit. Il va également s'occuper des jeunes, parce qu'il y en a de très bons au Maroc. Nous essayons d'européaniser au maximum le système marocain.

Propos recueillis par Alice Corbin

À lire également...

Réagissez