'J'AI TOUJOURS ÉTÉ PASSIONNÉ PAR L'ASTRONOMIE', JACQUES FERRARI

Jacques Ferrari veut aller encore plus haut. Photo Eric Malherbe/FEI

Vendredi 24 janvier - 19h24 | valentinecinier

'J'AI TOUJOURS ÉTÉ PASSIONNÉ PAR L'ASTRONOMIE', JACQUES FERRARI

Après avoir gouté au monde du spectacle équestre avec Bartabas, le voltigeur Jacques Ferrari a fondé en 2013 la compagnie NOROC. Celle-ci a présenté sa première création artistique à Villepinte lors du salon du cheval, puis au Mans et dernièrement aux Crinières d’Or à Avignon. Le champion d’Europe de voltige en titre ne s’arrête pas là. Il s’est qualifié pour la finale de la Coupe du monde qui aura lieu les 7 et 8 février prochains à Bordeaux. Son dernier projet ? Aller encore plus haut… sur Mars ! Il fait partie des mille cinquante-sept personnes toujours en course pour participer au projet Mars One : 'un voyage sans retour sur Mars'.

GrandPrix-replay.com : Êtes-vous satisfait des premières représentations de votre spectacle NOROC construit autour de la voltige ?
Jacques Ferrari : Je suis satisfait de l’évolution de ce spectacle et de la compagnie. Nos deux chevaux se comportent bien, même si ce n’est pas toujours évident pour eux avec la lumière, la musique, le public… Nous avons de très bons retours des spectateurs, ça fait chaud au cœur.

GPR. : Quelles sont vos attentes pour cette création ?
J.F. : Cette création ne va pas être présentée pendant dix ans mais nous allons la produire là où elle sera demandée. La compagnie a été sollicitée par des producteurs au Maroc, à Séville, à Vérone et à Milan. De plus, nous avons eu des demandes pour jouer à Montpellier et à Equita’Lyon. Nous aimerions proposer de nouveaux spectacles au fur et à mesure et nous souhaiterions créer des galas, d’une heure et demie environ. Ceci serait un moyen de promouvoir encore un peu plus notre discipline.

GPR. : Quels sont vos objectifs personnels, en tant que voltigeur professionnel ?
J.F. : Je souhaite, avant toute chose, garder le plaisir de voltiger. J’ai envie de montrer des programmes propres qui me conviennent et qui sont poussés, artistiquement parlant. J’espère donner de belles choses à regarder aux spectateurs. Cette année, je veux ne rien avoir à regretter et me forger un vrai mental. En terme de résultats, je n’ai pas d’attente particulière.

GPR. : Vous avez passé, avec succès, la deuxième étape des sélections pour le projet Mars One. Quelles sont les motivations qui vous ont incité à vous inscrire ? 
J.F. : Pour moi, c’est un projet vraiment passionnant. Je pense que c’est avant tout une aventure de vie et un projet humain très intéressants, humainement, psychologiquement et d’un point de vue relationnel. J’ai toujours été passionné pas l’astronomie. Depuis que je suis tout petit, je me tiens au courant de l’actualité toutes les semaines. Même si je n’arrive pas au terme des sélections, le côté médiatique accès sur ce projet permettra peut-être de promouvoir ma discipline. Si je suis choisi, je serais formé pendant huit ans à la NASA et j’aurais un doctorat à la clé. Ce n’est pas négligeable car j’aurais la possibilité d’accéder à un savoir scientifique d’astronome.En revanche, je n’ai pas envie de dire que c’est un rêve d’enfant car ce n’est pas tout rose, il y a beaucoup d’inconvénients.

GPR. : Ce voyage est annoncé sans retour. Comment vivez-vous cela ? 
J.F. : Tout le monde s’emballe par rapport à ça. Mais je pense que c’est principalement pour mettre en avant le projet et sûrement en raison de contraintes budgétaires. Mars One a quand même l’intention d’avoir des retours. Ils espèrent ainsi obtenir des échantillons, des images, des témoignages …  Ça m’étonnerait donc que ce voyage ne soit qu’un aller simple pour Mars. Les gens nous prennent pour des fous, mais nous ne sommes qu’en 2014 et le projet ne sera lancé que début 2025. Tout peut encore changer et nous sommes totalement libres d’arrêter si nous le souhaitons. Ces onze années me laissent encore le temps de changer d’avis et d’évoluer.

GPR. : Quelles sont vos chances de faire partie des quatre sélectionnés, selon vous ?
J.F. : La prochaine étape est un test physique, nous devons rendre nos examens médicaux avant le 8 mars. Pour la suite, nous n’en savons pas plus. Nous sommes vaguement informés mais nous ne connaissons pas le contenu et les modalités des étapes à venir. Je ne peux donc pas trop me rendre compte.  

GPR. : Vous êtes un sportif de haut niveau, pourriez-vous vivre sans le sport et la voltige ?
J.F. : Si je pars vraiment, la voltige ne sera pas ce qui me manquera le plus. Je pense que des choses beaucoup plus essentielles, comme respirer librement, la nature, l’air ou encore l’eau… me manqueraient plus. Ça doit être une expérience difficile, il faut tout produire pour survivre. Ce sont quand même d’importantes contraintes qui nous seront exposées chaque jour. Cependant, nous n’avons rien sans rien.

GPR. : Si vous êtes sélectionné, comment vivrez-vous vos 'dernières' années sur Terre ?
J.F. : Je pense que mes volontés vont se dessiner au fur et à mesure. Plus l’entonnoir se resserrera, plus mon esprit s’ouvrira. Plus la date se rapprochera, plus je prendrai conscience des choses essentielles à faire… Cela va peut-être me permettre d’être un peu plus vigilant et plus conscient de tout ce qui m’entoure, ainsi que d’être un peu moins centré sur ma personne. Je vais sans doute profiter plus de ce que j’ai dans ma vie.

Propos recueillis par Alice Corbin

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