« JE VAIS PRENDRE DES COUPS DE FUSIL TOUS LES WEEK-ENDS ! », PATRICE DELAVEAU

Patrice Delaveau devra faire sans son crack Orient Express*HDC pendant quelques mois. Photo Scoopdyga

Jeudi 23 janvier - 12h17 | valentinecinier

« JE VAIS PRENDRE DES COUPS DE FUSIL TOUS LES WEEK-ENDS ! », PATRICE DELAVEAU

Le cavalier normand [Patrice Delaveau] démarre 2014 ce week-end à Leipzig sans son crack Orient Express*HDC, mis au repos à cause d’une légère entorse. Régénéré et armé d’un piquet de chevaux plus que confortable, il devrait encore faire des étincelles en 2014.

GrandPrix-Replay.com : Orient Express a été victime d'une légère entorse lors du CSI 5* de Genève. Comment est-ce arrivé ? Quel est le protocole de soins ? Et quand espérez-vous le remettre au travail ?

Patrice Delaveau : [Orient Express]*HDC s’est fait une entorse de l’antérieur droit à Genève. Il s’est arrêté deux fois là-bas, au paddock, puis en piste. J’ai tout de suite senti que quelque chose n’allait pas, même s’il ne boitait pas. Dans le doute, je n’ai pas voulu le faire resauter. Le lendemain, je l’ai travaillé sur le plat sans rien détecter d’anormal. C’est le jour suivant que j’ai remarqué une légère boiterie. Nous avons effectué des examens dès notre retour qui ont confirmé qu’il souffrait d’une entorse. Nous allons le faire marcher pendant au moins un mois et demi. Nous ne voulons surtout pas le remettre au travail tant que l’inflammation n’a pas complètement disparu. Nous allons prendre toutes les précautions possibles et même plus. En ce qui concerne son retour, nous n’en avons aucune idée. Il passera une IRM de contrôle dans trois semaines, qui nous dira où en est la guérison. Nous prendrons une décision ensuite. J’ai fait une croix sur la Coupe du monde avec lui. De toute façon, je ne cours après aucun objectif avec lui dans les deux mois à venir. Le prochain sera en septembre!

GPR. : N’êtes-vous pas trop contrarié d’être privé de votre meilleur élément ?

Patrice Delaveau : C’est embêtant, parce que je voulais essayer de me qualifier et courir la finale de la Coupe du monde avec Orient. Comme il a beaucoup d’expérience, il sera vite opérationnel après la reprise du travail. Je relativise, ce sont les risques du métier. Orient restera deux ou trois mois éloigné des concours, mais je préfère que cela arrive maintenant qu’en avril. Malheureusement, les chevaux se blessent fréquemment. Orient s’était cassé un mois avant les Jeux olympiques de Londres en 2012 (lire ici). Cela avait été beaucoup plus difficile. Ce n’est pas la première fois, et certainement pas la dernière fois que ce genre d’incident se produit.

GPR. : La finale de la Coupe du monde reste-t-elle un objectif ? Si oui, avec quel cheval souhaitez-vous y participer ?

Patrice Delaveau : Oui, je veux y aller. Ce sera avec [Lacrimoso] ou [Carinjo]. Ils en sont tout à fait capables et ça leur fera prendre de l’expérience. En participant aux étapes de Leipzig, Zurich et Bordeaux, j’espère que j’aurai assez de points pour me qualifier.

GPR. : Quel est votre programme jusqu'à Bordeaux ? Et après ?

Patrice Delaveau : Lacrimoso saute les CSI 5* de Leipzig et Zurich. Puis il y aura un week-end de repos à la maison avant Bordeaux, où j’emmènerai Carinjo. Il y aura un autre week-end de repos avant de partir à Hong Kong. Enfin, il y aura Göteborg, la dernière étape qualificative pour la finale de la Coupe du monde. Si je peux m’en passer ça m’arrangerait.

GPR. : La place de numéro un mondial vous intéresse-t-elle ?

Patrice Delaveau : Non, aujourd’hui je ne pense vraiment pas à cela. Garder ma place dans le top dix, oui, mais la place de numéro un, ce n’est pas mon objectif.

GPR. : Pensez-vous déjà à tous les points qu'il va vous falloir défendre à Hong Kong ?

Patrice Delaveau : Oh là, oui, ça va être comme ça toute la saison! Je vais prendre des coups de fusil tous les week-ends! Il faut que j’arrive à prendre du recul sans m’obliger à défendre tous les points que j’ai gagnés l’année passée. J’ai quatre super chevaux. À moi de marquer des points régulièrement. Je sais très bien que je ne pourrai jamais faire aussi bien à Hong Kong que l’année dernière, par exemple. Il ne faut pas rêver ! Je plaisante souvent en disant que je ne devrais même pas y retourner, car je serai forcément déçu…

GPR. : Vous vous êtes arrêté il y a un mois, juste après Genève. Qu'avez-vous fait pendant les fêtes de fin d’année?

Patrice Delaveau : J’en ai profité pour passer Noël en famille, puis je suis parti huit jours au soleil avec ma femme et mes filles. J’ai volontairement pris une pause. J’avais besoin de repos.

GPR. : Vous avez donné un stage pour Jump Five la semaine dernière au lieu d'aller à Bâle. Pourquoi ce choix ?

Patrice Delaveau : J’avais prévu d’aller à Bâle, mais comme Orient s’est blessé, j’ai décidé de recentrer mes priorités sur la Coupe du monde. En plus, Carinjo toussait un peu et ne pouvait pas sauter à cause du traitement. J’ai dû choisir pour éviter d’enchaîner Bâle, Leipzig et Zurich (Pénélope Leprevost a fait le même choix, ndlr). Cela m’a aussi permis de consacrer du temps à l’enseignement.

GPR. : Avez-vous hâte de retrouver les concours ?

Patrice Delaveau : Oui, bien sûr ! J’aurais préféré reprendre avec quelque chose de plus facile. Leipzig, c’est du costaud !

GPR. : Comment vous sentez-vous dans vos nouvelles installations au Haras de la Forge ?

Patrice Delaveau : Nous sommes très bien ici. Nous bénéficions d’un confort maximal pour les chevaux et pour nous-mêmes. Je savoure tous les jours la chance de travailler sur un site de cette qualité. 

Propos recueillis par Valentine Cinier

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