'LES GENS VEULENT DU SPECTACLE, C'EST CE QU'IL FAUT LEUR DONNER', RÉMY HOMBECQ

Rémy Hombecq lors du programme imposé aux championnats d'Europe 2013

Dimanche 22 décembre - 12h43 | Sébastien Roullier

'LES GENS VEULENT DU SPECTACLE, C'EST CE QU'IL FAUT LEUR DONNER', RÉMY HOMBECQ

Rémy Hombecq est un voltigeur français, de trente ans, qui évolue au haut niveau. Il a commencé à pratiquer à l’âge de neuf ans. En 2000, il intègre le pôle France voltige à l’Insep et commence la compétition dans le circuit professionnel. En 2013, il s’installe dans la région strasbourgeoise pour se rapprocher de son complice, Dyronn, et de son longeur, Cédric Cottin. Le trio travaille actuellement aux écuries de la Cigogne entouré d’autres membres de l’équipe de France. Contacté par GrandPrix-Replay.com, Rémy Hombecq fait le point sur sa saison 2013.

GrandPrix-replay.com : Qu'est-ce qui vous a marqué durant votre saison 2013?

Rémy Hombecq : Je pense avoir fait une bonne saison 2013 puisque j’ai gagné le CVI de Strasbourg et que je suis vice-champion de France. Ces championnats étaient un peu ma bête noire car j’y ai souvent rencontré des problèmes. Cette année, j’ai réussi à y aller sans me poser trop de questions. En revanche, les championnats d’Europe ont été ma contre performance de l’année (Il a terminé à la neuvième et dernière place, ndlr). C’était un peu délicat parce que j’ai appris la veille de la compétition que j’y participerai. Physiquement, j’étais prêt mais moralement un championnat ne se prépare pas comme ça, du jour au lendemain.

GPR. : Comment vous entraînez-vous actuellement ?

R.H. : Mon emploi du temps est assez libre. Cette année, je m’entraîne individuellement avec Dyronn et mon longeur, mais aussi avec l’équipe pour préparer les JEM 2014. J’aimerais intégrer le collectif de l’équipe pour les aider à aller chercher une nouvelle médaille. En ce moment, je suis dans le circuit Coupe du monde, avec Jacques Ferrari et Nicolas Andréani.

GPR. : Normalement vos deux compatriotes sont déjà qualifiés pour la finale de la Coupe du monde. Quelles sont vos chances de les rejoindre pour cette finale ?

R.H.: Actuellement, je suis dans le top six. Si je me maintiens à cette position, je pourrais aller en finale. Il faudrait que j’aille à Leipzig, en Allemagne, pour la dernière étape de la Coupe du monde, mais je ne suis pas sûr de pouvoir y participer. Je serais peut être en Australie pour coacher un groupe de voltigeurs. Pour atteindre la finale, ça serait donc plus compliqué.

J’ai concouru les étapes Coupe du monde sur deux chevaux différents que je ne connaissais pas du tout. (En Coupe du monde, les voltigeurs concourent avec des chevaux imposés ndlr). Nous n’évoluons pas avec notre cheval, nous n’avons pas notre longeur ni notre matériel donc nous ne pouvons pas être performants à 100%.

GPR. : Actuellement, comment envisagez-vous les sélections pour les JEM ?

R.H.: Nous sommes un groupe de neuf ou dix voltigeurs dans l’équipe, il n’y en aura que six de sélectionnés. Il y en a donc trois, voire quatre, qui resteront sur la touche. Cependant, il y a toujours besoin de soutien et de remplaçants en cas de blessure.

GPR. : Comment évaluez-vous le niveau de la voltige française à l’échelle mondiale ?

R.H.: Chez les garçons, la voltige française est au très haut niveau. Jacques Ferrari et Nicolas Andréani sont champions d’Europe et du monde en titre. Nous sommes six voltigeurs : Nicolas Andréani, Jacques Ferrari, Ivan Nousse, Vincent Haennel, Clément Taillez et moi à être capables d’aller chercher facilement des bons classements.

En équipe, la France a rapporté des médailles de bronze, cette année et en 2012, aux championnats d’Europe. Je les soutiens complètement cependant ils ont eu de la chance parce qu’ils ne partaient pas favoris. Aux JEM, nous aimerions ne pas être l’équipe qui passe à travers des mailles du filet. Nous voulons nous imposer d’entrée de piste.

GPR. : La voltige française est au haut niveau depuis longtemps maintenant et pourtant c’est une discipline très peu médiatisée. Comment vivez-vous cela ?

R.H.: C’est vraiment dommage. J’ai un master de management des organisations sportives, je connais donc un peu les moyens et les modes de sponsors, les médias, la presse, la communication… et je me rends bien compte que la voltige est très peu médiatisée. Pourtant, nous rapportons des médailles et nous avons des bons résultats. Nous avons l’impression que la voltige passe pour la petite discipline de l’équitation.

GPR. : Les programmes sont de plus en plus artistiques, pensez-vous que cela puisse faire évoluer les choses ?

R.H.: J’ai bien eu le temps de voir la voltige évoluer. Il est vrai que, maintenant, le côté artistique est vraiment très important. Les juges veulent voir un spectacle d’une minute, en quelques sortes. Ils veulent être touchés, rire, pleurer, avoir des frissons… De plus en plus de voltigeurs cherchent à suivre une thématique et à raconter une histoire à travers leur programme. Il y aura toujours de la technique mais en apportant un côté beaucoup plus chorégraphique aux programmes, il sera plus facile pour le grand public de s’intéresser à la voltige. Je pense que cet aspect va apporter un plus dans la communication et dans la promotion de notre discipline. Les gens veulent du spectacle, donc c’est ce qu’il faut leur donner.

Propos recueillis par Alice Corbin.

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