KEVIN ET SILVANA, LE BAIN DE JOUVENCE PARISIEN!

Sacré week-end pour Kevin Staut et Silvana*HDC, vainqueur de deux épreuves à Villepinte, dont le Grand Prix ce soir. Photo Éric Knoll/Gucci Paris Masters

Mercredi 11 décembre - 19h48 | Daphné G

KEVIN ET SILVANA, LE BAIN DE JOUVENCE PARISIEN!

Revigoré, enfin débarrassé de ses douleurs dorsales, plus souriant que jamais, Kevin Staut a remporté cet après-midi le superbe Grand Prix du Gucci Paris Masters! Pilotant merveilleusement, comme vendredi, une Silvana*HDC bondissante et déliée, l’ancien numéro un mondial est parvenu à museler le nouveau number one et sa déconcertante facilité. Fameux!

Quand le dos va, tout va! Lundi, [Kevin Staut] a traversé l’Atlantique direction la Floride, où il a reçu les soins de sa nouvelle kiné-ostéopathe, qu’il a consultée sur les conseils de la cavalière canadienne [Tiffany Foster]. Soulagé, réchauffé par le soleil tropical, le Français a débarqué à Villepinte dans un parfait état de forme. Le couple qu’il forme avec [Silvana]*HDC a ceci de magique que la jument suit très souvent la courbe de forme de son cavalier avec un mimétisme impressionnant. Cette saison, ces deux-là ont alterné le très bon, une finale de Coupe du monde magnifique, une Coupe des nations de Rome somptueuse, et le moins bon, des championnats d’Europe manqués, au gré des douleurs lancinantes qui traversaient le dos du Français. Réputés raides, l’homme et l’animal ont souffert. Cela ne rend que plus belle leur éclatante victoire du jour, face aux caméras et appareils photo du monde entier, et sous les lumières si séduisantes du Gucci Paris Masters, qui s’impose chaque année davantage comme un événement majeur. À dire vrai, Christophe Ameeuw, le promoteur de ce rendez-vous d’exception, n’était pas peu fier de remettre le trophée à son ami Kevin, succédant ainsi à [Penelope Leprevost] et [Marc Houtzager] notamment. L’histoire est si belle.

Quatre Français au barrage !

Le parcours du premier tour, corsé, avec deux combinaisons collées à la grande tribune et aux tables de l’espace VIP, et notamment une sortie de triple très courte, semblaient à la portée de la grise, mais comme elle était abonnée aux maudits petits quatre points depuis l’ouverture de la saison indoor… Elle effleure gentiment les verticaux un et quatre, puis s’enclenche parfaitement, dans la veine de sa performance de vendredi, faisant jouer son authentique génie de la barre.

Tous les Français n’ont pas connu tant de réussite. Parti en numéro deux avec [Phirst du Chai], qu’il ne monte que depuis quelques semaines, [Philippe Rozier] abandonne après cinq fautes. Plutôt à l’aise dans l’ensemble, [Jerome Hurel] et [Quartz Rouge] échouent sur la sortie du triple. [Julien Epaillard] et [Qarat de la Loge] abandonnent eux aussi. [Aymeric de Ponnat] est le premier Français, et le premier tout court, à boucler son tour sans faute. Les quelques spectateurs qui ne connaissaient pas encore [Armitages Boy] en ont pour leur argent, l’étalon démontrant une qualité de saut majuscule! Trois fautes ont ponctué la performance d’[Anne-Sophie Godart] et [Carlitto van t Zorgvliet], avant que [Timothee Anciaume] n’imite son voisin et ami de Seine-Maritime, pilotant un [Padock du Plessis]*HN très en forme.

[Penelope Leprevost] n’a pu éviter deux fautes, [Nayana] montant en pression de manière assez inhabituelle entre les obstacles huit et neuf. [Simon Delestre] et un [Napoli du Ry] totalement retrouvé – quel bonheur! – ravissent l’audience de franchissements de combinaisons des plus acrobatiques. Sans faute. [Patrice Delaveau] n’a pas ajouté Paris à son impressionnant tableau de chasse 2013, commettant avec [Carinjo] 9*HDC une faute assez comparable à celle du premier tour du Grand Prix de Doha il y a deux semaines, où l’entrée du double était tombée de la même manière. Le fils de Cascavelle a aussi baissé sa garde sur le dernier oxer. Enfin, l’autre homme que tout le monde attendait, [Roger-Yves Bost], acclamé comme une vedette hollywoodienne, n’a certes pas déçu son public, mais il n’a pu conduire Castle Forbes [Myrtille Paulois] au sans-faute, cette dernière accrochant la maudite sortie du triple. Elle en gagnera d’autres!

Un casting de rêve

La victoire s’est jouée entre treize barragistes de classe mondiale sur un parcours galopant, mais encore semé de quelques embuches. Aymeric de Ponnat joue idéalement son rôle d’ouvreur, poussant son cheval délicat sans le brusquer. Suffisant pour assurer un chouette double sans-faute dans un chronomètre sérieux pour une quatrième place finale. Et laisser une impression magnifique. Le dernier et l’avant-dernier obstacles barrent la route de l’Américaine [Brianne Goutal] et de l’Irlandais [Cameron Hanley], associés à [Nice de Prissey] et [Antello Z]. Deux fautes hélas pour Timothée et Padock, piégés sur le premier oxer et le dernier vertical. Le dernier étalon national en activité n’est pas dénué de qualités! Pour l’Allemand [Christian Ahlmann], l’aventure s’arrête brusquement devant l’oxer numéro dix, placé juste en face du grand écran, qui a peut-être effrayé [Aragon Z], déjà malheureux sur l’entrée du double.

Kevin est le premier à retirer une foulée entre les deux premiers obstacles, l’une des rares options payantes de cet exercice. Comme vendredi, Silvana exécute deux très beaux virages et file sans traîner vers le dernier vertical, son pilote trouvant une distance idéale. Il sera le seul à descendre sous la barre des quarante secondes. Il imagine qu’il va être battu, à moins qu’il ne s’agisse d’éloigner le mauvais œil, mais [Maikel van der Vleuten] et VDL Groep [Verdi], les vainqueurs du Grand Prix de Lyon, encaissent deux fautes. Simon, lui, est victime d’une légère hésitation de Napoli sur la première difficulté. Le fils de Baloubet avait peut-être les moyens de faire la différence. Il aura l’occasion de le prouver à Londres, où il retrouvera la Coupe du monde, juste avant Noël. Régulièrement classé tout le week-end, le Lorrain a terminé meilleur cavalier du CSI 5*.

Il reste quelques hommes forts, mais l’Allemand [Ludger Beerbaum] ne prend pas tous les risques avec [Chiara 222], double sans-faute très facile et cinquième au final. Bizarrment, [Scott Brash], l’insolent nouveau numéro, n’affole pas non plus [Ursula XII] – peut-être était-il enfin rassasié de victoires. Auteur d’un excellent barrage, l’Écossais termine tout bon deuxième. Quand même! Le Néerlandais [Gerco Schroder] a l’arme fatale, [London], mais il n’ose tout lui demander. Sa troisième place le ravira pleinement. [Marcus Ehning] tente sa chance avec le phénoménal [Cornado NRW], qui bute hélas sur la sortie du double. Il ne reste plus qu’[Itot du Chateau] et [Edwina Tops-Alexander]. La légende vivante garde ton son génie, mais ne galope plus avec la même fougue qu’il y a un an encore. L’ambassadrice Gucci, punie sur l’oxer numéro dix, termine sixième avec le meilleur chrono des quatre points.

On retiendra que si Kevin et Silvana ont remporté un paquet de Grands Prix, ils ont enlevé deux majeurs français : Bordeaux et désormais Paris. On attend désormais la jument, l’une des toutes meilleures du monde en indoor, à Londres et Malines, avec pour mission de qualifier son pilote pour la finale de la Coupe du monde et remporter enfin ce trophée qu’elle mérite. Définitivement.

À Villepinte, Sébastien Roullier

Le classement

Le classement du Grand Prix ici

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