'JE SUIS LOIN D’ETRE MILLIONNAIRE !', PATRICE DELAVEAU

Patrice Delaveau a presque tout gagné à Hong Kong. Photo Scoopdyga

Mardi 10 décembre - 18h22 | AC

'JE SUIS LOIN D’ETRE MILLIONNAIRE !', PATRICE DELAVEAU

[Patrice Delaveau] a réalisé une fantastique année sportive en 2013. Vingt victoires internationales, une deuxième place pour sa première finale du Top Ten, une entrée parmi les dix meilleurs cavaliers mondiaux (lire ici) et le cap du million d'euros de gains dépassé. Une série de performances qui risque fort de se prolonger en 2014.  

GrandPrix-replay.com : Quelles sont vos impressions après cette première participation au Top Ten et votre deuxième place ?

Patrice Delaveau : C'était vraiment une belle épreuve. Je suis très content de [Lacrimoso] *HDC, car il avait été arrêté cet été et a seulement repris la compétition il y a un mois et demi. Je ne le pensais pas à 100% prêt mais il s’est avéré que le cheval n’était pas loin de son meilleur niveau. Donc, je suis ravi même si je ne suis que deuxième. J’ai fait un super barrage, il me manquait vingt centièmes, c’est le sport… 

GPR : Cette saison 2013 a-t-elle été la meilleure de toute votre carrière ?

P.D : C'est vrai que cette année, je n'ai pas raté grand-chose. J'ai juste un petit regret en ce qui concerne les championnats d'Europe où nous avons pas été vraiment à la hauteur (l’équipe de France a terminé quatrième ndlr). Les moments forts ont été ma victoire dans le Grand Prix de La Baule que je n’avais encore jamais réussi à gagner (lire ici). Le concours de Hong Kong (lire ici) où, à chaque fois que je rentrais en piste, je gagnais ou presque (quatre victoires et une deuxième place sur cinq épreuves disputées ndlr). Puis le Grand Prix d'Aix-la-Chapelle, où j'ai échoué pour la victoire au barrage (lire ici), mais ça reste un très grand moment de sport.

GPR : Alors que vous n'étiez pas quelqu'un de spécialement expansif, on vous sent plus épanoui que jamais...

P.D : Avec l'écurie que j'ai et les résultats obtenus cette année, ça ne peut que me faire sentir bien dans ma peau. Ce n'est pas que je n’étais pas bien dans ma peau avant, mais quand tu n'as pas des chevaux vraiment compétitifs ou que tu n'as qu'un cheval de tête, c'est compliqué d’être dans le coup tout le temps. Là, tous les week-ends je fais du cinq étoiles avec les meilleurs. En plus les chevaux sont performants et ont fait une super saison, donc je ne peux être que dans de bonnes dispositions.

GPR : Grâce aux quarante mille euros pour la deuxième place dans le Top Ten, vous dépassez le million d'euros de gains. Vous êtes le cavalier français à avoir le plus gagné en une saison. C'est anecdotique?

P.D : Je n'y pensais pas du tout. Mais il y a un mois ou deux, tout le monde a commencé à s'exciter avec ça. Ça me fait plaisir et prouve que l'on peut gagner correctement sa vie dans notre sport. Je suis également très content pour mes propriétaires, car c’est la preuve que l’on peut investir beaucoup d’argent et avoir un retour.

Après, il faut relativiser, car c'est un million d'euros de gains bruts, mais il faut enlever les taxes qui varient de 15 à 25% suivant les concours. Ensuite, une partie des gains revient aux propriétaires et une autre sert aux frais de fonctionnement de l'écurie qui sont très lourds. En fin de compte, je suis loin d'être millionnaire (rires).

GPR : L'arrivée au Haras des Coudrettes et la création de l'écurie HDC compétition a été un immense tournant dans votre carrière...

P.D : C'est sûr qu'avec le piquet de chevaux que m'ont fourni Emmanuèle et Armand Perron-Pette, ça change la donne et ça me permet d'être en permanence au plus haut niveau. Le fait d'être dans la même écurie que [Kevin Staut] et [Olivier Guillon] nous permet de beaucoup d’échanger techniquement ou de s'aider en cas de problème avec un cheval. Quand tu es tout seul, il t'arrive de tourner un peu en rond en faisant tout le temps la même chose. Là, tu regardes ce que font les autres, tu prends des idées d'exercice, des conseils... En plus, nous nous entendons vraiment très bien. C'est vraiment très agréable de travailler ensemble.

GPR : On connaissait vos talents de cavalier mais on découvre aussi ceux de coach. Depuis son arrivée chez vous, [Edward Levy] ne cesse de progresser et s’est montré très performant ces derniers mois (Champion de France Jeunes Cavaliers, vainqueur du Grand Prix CSI 2* d’Auvers, Champion de France des sept ans avec [Starlette de la Roque], meilleur cavalier du CSI 2* de Saint-Lô…ndlr), c’est quelque chose qui vous plait le coaching ?

P.D : Je n’aime pas forcément aller donner des cours à droite ou à gauche, mais avec Edward, c’est différent puisqu’il travaille avec moi tous les jours. Et puis, avec un talent comme ça, ce n’est plus tellement de l’entraînement, c’est vraiment un truc très pointu. Nous avons beaucoup travaillé avec ce jeune et il a eu de très bons résultats. Il y a eu une grosse progression mais il a encore beaucoup de chemin à faire. C’est un garçon qui a la tête sur les épaules. Il est bosseur et ne demande qu’à apprendre donc je trouve ça très intéressant. 

GPR : Et maintenant, quels sont vos prochains objectifs ?

P.D : Cette année, je participe encore au Gucci Masters de Paris puis je serai à Genève la semaine suivante. Ensuite, je fais un petit break et je ne participerai pas aux concours Coupe du monde de Londres et ni de Mechelen. C'est peut-être un risque dans l'optique de la qualification pour la finale mais la saison a été très longue et il faut aussi savoir lever un peu le pied de temps en temps.
En janvier, je réattaquerai pour essayer de marquer assez vite de gros points Coupe du monde. Mais le plus gros objectif, c'est l'été prochain à Caen pour les Jeux mondiaux où il faudra essayer de ramener au moins une médaille par équipe.

Propos recueillis par Marc Verrier.

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